WHITNEY LIBRARY, HARVARD UNIVERSTTY.

"L'ÉLU !YKi

THE GIFT OF ,1. I). W II I T N E Y,

Sfitri/ls i/ooper Professor

IN THE

MUSEUM or COMPARATIVE ZOOLOGY

ix^A^oi'

.'^.^î;^i

aOOC^-

'm

''^f<tN

.?/^^|^^ h^&m m^'^ im^SSi m

ta

COMPTES RENDUS

UEBDOMADAUIES

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.

IMPHIMËKIE Uli GAUTillER-VILLARS, QLAI DES AUGUSTINS, 55.

COMPTES RENDUS

HEBDOMADAIRES

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

PCBLIKS,

CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS.

T03ÏE SOIXANTE -QIîy\TORZIEME.

JANVH'R-JL'IN 1872.

PARiS,

GAUTHIER- VILLARS , lih PRIMEUR- Li BRAIRE

DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, SUCCESSEUR DE MALLET-BACHELIER, Quai des Augusiins, 5fi. Ov.. ^^^,^

ÉTAT m L'ACADÉMIE DE8 mum

AU 1 JAPIER 1872.

SCIENCES MATHEKIATIQUES. Section V^. Géométrie.

Messieurs :

Chasles (Michel) (c. ■^).

Bertrand (Joseph-Louis-François) (o. f»)-

Hermite (Charles) (o. ^).

Serret (Joseph-Alfred) (o. ^).

Bonnet (Pierre-Ossian) ^.

PuiSEOX (Victor-Alexandre) ^.

Section II. Mécanique.

DUPIN (Le Baron Pierre-Charles-François) (G. O.^').

MoBiN (Arthur- Jules) (g. o.^).

Combes (Charles-Pierre-Mathieu) (c. ®).

Saint-Venant (Adhémar-Jean-Claude Barré de) (o. f^).

Phillips (Edouard) #.

N

Section 111. Astronomie.

Mathieu (Claude-Louis) (c.^).

Liouville (Joseph) (o. ^).

Laugier (Paul-Auguste-Ernest) (o. ®).

Le Verrier (Urbain- Jean-Joseph) (g. O. ^).

Faye (Hervé-Auguste-Élienne-Albans) (o. ^).

Delaunay (Charles-Eugène) (o. ^).

Section IV. Géographie et Navigation.

Tessan (Louis-Urbain Dortet de) (o. ^).

Paris (Le Contre-Amiral Françoi.s-Edmond) (g. o. ^).

Jurien de la GRAViÈRE(LeVice-An:iiral Jean-Pierre-Edmond) (g. O.^i)

DuPUY DE LOME (Stanislas-Charles-Henri-Laurent) (g. O. ^).

Aebadie (Antoine-Thompson d') ^.

YvoN ViLLARCEAU (Antoine-Joseph-François) ^.

ÉTAT DE l'académie DES SCIENCES. Section V. Plijsique (jénérale.

Messieurs :

Becquerel (Antoine-César) (c ^). Babinet (Jacques) #■. Duhamel (Jean-Marie-Constant ) (C ^). Fizeau (Armand-Hippolyte-Louis) ^. Becquerel (Alexandre-Edmond) fo. ^). J.vMiN (Jiiles-Célestin) (o. #).

SCIENCES PHYSIQUES.

Section W. Chimie.

Chevreul (Michel-Eugène) (g. o.^). Reginault (Henri-Victor) (c.^). Balard (Antoine- Jérôme) (c. ^). Fremy (Edmond) (o. ^). WURTZ (Charles-Adolphe) (c. #). Cahours (Auguste-André-Tliomas) (o. ^).

Se<:tion VO. Minéralogie.

Delaeosse (Gabriel) (o. ^).

Sainte-Claire Deville (Charles-Joseph) (o. ^).

Daubrée (Gabriel-Auguste) (c. i^).

Saikte-Claire Deville (Étienne-Henri) (c. ^),

Pasteur (Louis) (c. ®).

Des Cloizeaux (Alfred-Eouis-Olivier Tj:grand)

Section \T1I. Bolaninue.

Brongniart (Adolplie-Théodore) (tl.^).

TuL.VSNE (Louis-René) ^.

GaY (Claude) ^.

Duchartre (Pierre-Étienne'Simon) (o. S').

Naudin (Charles-Victor) ^.

Trégul (Auguste-Adolphe-Lucien) #.

KTAT DM. L ACADEMIE DES SCIENCES.

Section IX. Économie rurale.

Messieurs :

BoussiKGAULT ( Jean-Baptiste-Joseph-Dieudoniié) (c.^'

Decaisise (Joseph) (o. ^).

Peligot (Eugène-Melchior) (o. ^).

TI1E^'ARD (Le Baron Arnould-Paul-Eclmond ) §.

BouiEY (Henri-Marie) (o. ^).

N

Sfxtion X. Analonue et Zoologie.

Edwards (Henri^Milne) (c.@).

CosTE (Jean-Jacques-Marie-Cyprien-Viclor) (o, ^).

Quatrefages de Bréau (Jean-Louis-Armand de) (o. iig).

Blanchard (Charles-Emile) ^.

Robin (Charles-Philippe) ^.

Lacaze-Duthiers (Félix-Joseph-Henri de) ^.

Section XI. Médecine et Chirurgie.

Andral (Gabriel) (G. ; ).

Bernard (Claude) (c. fj).

Cloquet (Le Baron Jules-Germain) (c.^J.

Nélaton (Auguste) (G. o. ^).

Laugier (Stanislas) (o. ©).

BouiLLAUD (Jean) (c. ^).

SECRETAIRES PERPETUELS.

Élie de Beaumont (Jean-Baptiste- Armand-Louis-Léonce) ( G.o. ^-,

pour les Sciences Mathématiques. Dumas (Jean-Baptiste) (g.c.^), pour les Sciences Physiques.

ÉTAT UE l'académie DKS SCIKNCKS.

ACADÉSIICIENS LIBRES.

Messieurs :

SÉGUIKH (Le Baron Armand-Pierre) (o.^ï).

BusSY (Antoine- Alexandre-Bru tus) (o. ^J.

BiENAYMÉ (Irénée-Jules) [o.'S).

Vaillant (Le Maréchal Jean-Baptiste-Philibert) (g.c.^ï).

Verneuil (Philippe-Edouard Poulletier de) ®.

Passy (Antoine-François) (c.^).

Jaubert (Le Comte Hippolyte-François) (o. ®).

RouLiN (François-Désiré) (o. ®).

Larrey (Le Baron Félix-Hippolyte) (g. o. ®).

Belgrand (Marie-François-Eugène) (c. ^).

ASSOCIÉS ÉTRANGERS.

Owen (Richard) (o. ^), à Londres, Angleterre. Ehrenberg (Christian-Gottfried), à Berlin, Prusse. LlEBiG (Le Baron Justus de) (g. ^), à Munich, Bavière. Wôiiler (Frédéric) (o. ^), à Gôttingue, Prusse. De la Rive (Auguste) ®, à Genève, Suisse. RUMMER (Ernest-Édouard), à Berlin, Prusse.

N

N

(;OM,BESPOKDA]\TS.

Nota. Le règlcmeiil du G juin i8oS donne à chaque Section le nombre de (Correspondants suivant.

SCIENCES MATHÉMATIQUES. Section F*. Géométrie (6).

Le Besgue (Victor-Amédée) ^, à Bordeaux, Gironde. rcni';nYCHEi" (Pafnutij), à Saint-Pétersbourg, Russie. Neumann (Franz-Ernest), à Kœnigsberg, Prusse. Sylvester (James-Joseph), à Woolwich, Arujlelerre. Weierstrass (Charles), à Berlin, Prusse. Kronecker (Léopold), à Berlin, Prusse.

ÉTAT DE l'ACADÉMIK DES SCIENCES, 9

Section II. Mécanique (G).

Bnr.DiN (Claude) (o. ^), à Clermont-Ferranrl, Puy-de-Dôme. Seguin aîné (Marc) (o. ^), à Montbard, Cùle-d'Or. MOSELEY (Henry), à Londres, Jncjlelerre. Fairbaikn (William) ^, à Manchester, AïKjlei.errc. Clausius (Jnlius-Emmanuel-Rudolf), à Wurtzbourg, Bavière. Caligny (Anatole-Fiançois HùE, Marquis de)CS à Versailles, Seine- et-Oise.

Section III, /astronomie (16).

AiRY (Georges-Biddell) ^, à Greenwich, Jncjlelerre.

Hansen (Peter-Andréa), à Gotha, Saxe Ducale.

Santini (Giovanni), à Padoue, Italie.

Argelander (Friedrich-Wilhelm-August), à Bonn, Prusse.

HiND (John-Riisseli), à Londres, Angleterre.

Peters (C.-A.-F.), à Altona, Prusse.

Adams (J.-C.), à Cambridge, Jncjlelerre.

Secchi (Le Père Angelo) (o.®), à Rome, Italie.

Cayley (Arthur), à Londres, Angleterre.

Mac-Lear (Thomas), an Cap de Bonne-Espérance, Colonie du Cap.

Struve (Otto-Wilhelm), à Pulkowa, Russie.

Plantamour (Emile), à Genève, Suisse.

N

N

N

N

Section IV. Géographie et Navigation (S).

liÛTKE (L'Amiral Frédéric), à Saint-Pétersbourg, Russie. Tchihatchef (Pierre-Alexandre de) (g. f^) , à Sainl-Pétersbourg,

Russie. Richards (Le Capitaine Georges-Henry), à Londres, Angleterre. LiviNGSTONE (David). Chazallon (Antoine-Marie-Remi), à Desaignes, Ardèche.

N

N

N

C. R., i^vz, y'"' Semciirt. (T. LXXIV, i.) 2

,0 l^TAT DF. L'ACADliMIK DES SCIENCES.

Sectioiv V. - Pltysinue générale [çf).

Messieurs :

HanSTEEN (Christoph), k Cliristiania, Norvège.

WliEATSTONE (Charles) ®, à Londres, Jiigleletre.

Plateau (Joseph-Aiiloine-Fcrdinand), à Gand, Belgique.

Weber (Wilhelm-Ediiard), à Gottingue, Prusse.

IIinN (Gustave-Adolphe), au Logelliach, Haut-Bliin.

TiEEMilOLTZ (Ilermanu-Louis-Ferdinand), à Tleidelberg, Crranil-Diichr

(le Bade. Mayer (Jules-Robert de), à Heilbronn, Bavière. KmCHHOFF (Gustave-Robert), à Heidelberg, Grand-Duché de Bade. Joule ( James- Prescott), à Manchester, Angleterre.

SCIENCES PHYSIQUES.

Section Y1. Chimie (9).

Bunsen (Robert-Wilhelm-Eberhard) (o. ^), à Heidelberg, Grand- Duché de Bade. MALAGUTi(Faustinns-Jovita-Marianus)(o.^),à B.enr\es, lUe-et-Vilaine. Hofmakn (Auguste-Wilhelm), à Londres, Angleterre. Favre (Pierre- Antoine) ^, à Marseille, Bouches-du-Bhône. MarignaG (Jean-Charles Galissard de), à Genève, Suisse. Franklakd (Edward), à Londres, Angleterre. Dessaignes (Victor), à Vendôme, Loir-et-Cher.

N

N ,

Sectiox VII. Minéralogie (^8).

Rose (Gustave), à Berlin, Prusse.

Omalius d'Halloy (Jean-Baptiste-Julien d'), à Halloy, près de Ciney,

Belgique. Sedgwick (Adam), à Caml)ndge, Angleterre. JjYELL (Sir Charles), à Londres, Angleterre. Damour (Augustin-Alexis) (o.®), à Villemoisson, SeinC'-et'Oise. Naumawn (Cari-Friedrich), à Leipzig, Saxe. Miller (William Hallowes), à Cambridge, Angleterre. N

ÉTAT DE L ACADÉMIE DES SCIENCES. I 1

Sectio\ VUÏ. Botanique (lo).

Messieurs :

MOHL (Hugo), à Tubingue, JVurlembercj .

Lestiboudois ( Gaspard -Thémistocle) ©, à Lille, Nord.

Candolle (Alphonse de) i||, à Genève, Subse.

SCHiMPER (Guillaume-Philippe) ^, à Strasbourg, Bas-Blnii.

Thuuet (Gustave-Adolphe), à Autibes, Far.

Braun (Alexandre), à Berlin, Prusse.

HOFMEISTER (Fi'iedrich-Wilheim), à Heidelberg, Grand- Duché de Bade.

HooKER (Jos. Dalton), à Kevv, Angleterre.

Pringsheim (Nathanael), à Berlin, Prusse.

N

Section IX. Economie rurale [lo).

GiRARDiN (Jean-Pierre-Louis) (p.f^), à Clermont-Ferrand, Pi(/-(/e-Dôme,

KuHLMANN (Charles-Frédéric) (c.©), à Lille, Nord.

Pierre (Isidore)^, à Caen, Calvados.

Chevandier de Valdrôme (Eugène-Jean-Pie.rre-Na{)oléon) (o. ^.)

à Cirey-les-Forges, Meurtlie. Reiset (Jules) (o. ^), à Écorchebœuf, Seine-Inférieure. Martins (Charles-Frédéric) ^, à Montpellier, Hérault.

ViBRAYE (Le Marquis Guillaume-Marie-Paul-Louis Huuault de),

à Cheverny, Loir-et-Cher. Veugnette-Lamotte (Le Vicomte Gérard-Élisabeth-AHred de), à

Beaune, Càle-d'Or.

Mauès (Henri-Pierre-Louis) i^, à Montpellier, Hérault. CORKALIA (Émile-Balthazar-Marie), à Milan, Italie.

Sfxtion X. Anatomie et Zoologie (lo).

Agassiz (Louis) (o. ^), à Cambridge, Etats-Unis.

Pouchet (Félix-Archimède) (o. fj), à Rouen, Seine-Inférieure.

De Baer, à Saint-PétersI)onrg, Bussie.

Gervais (François-Louis-Paul) CS à Montpellier, Hérault.

Van Beneden (Pierre-Joseph), à J^ouvain, Belgique.

De Siebold (Charles-Théodore-Ernest), à Munich, Bavière.

PiCTET (François-Jules), à Genève, Suisse.

Brawdt, à Saint-Pétersbourg, Bussie.

N

N ,

12 KTAT DE LACADKMlli UliS SCIKJVCES.

Section XI. Médecine et Chirurgie (8).

Messieurs :

SÉDILLOT (Charles-Emmanuel) (c.®), à Strasbourg, Bas-Tiltin.

ViiiCHOW (Rodolphe dk), à Berlin, Prusse.

BouisSON (Elicime-Fiédénc) ®, à Moiitpellici-, JJéraull.

EuuMAiNN (Charles-Henri) (o. :^), à Strasbourg, Bas-Iihiu.

GlNTilAC (Élie) (o. C^, à Bordeaux, Gironde.

RoKiTANSKi, à Vienne, Autriche.

l.Er.Kirr (Hermann) (o.^), à Breslau, Silcsic.

N

Commission pour administrer les propriétés et Jonds particulien

de l'Académie. ChasleS,

Decaisne,

Et les Membres composant le Bureau.

Conservateur des Collections de C Académie des Sciences. Becquerel.

Changements survenus dans le cours de l'année 1871. [Fuir à la page i5 de ce volume.)

COMPTES RENDUS

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMIE DES SCIEI^CES.

SÉANCE DU MARDI 2 JANVIER 1872, PRÉSIDÉE PAR M. PAYE.

RENOUVELLEMENT ANNUEL

DU BUREAU ET DE LA COMMISSION ADMINISTRATIVE,

L'Académie procède, par l;i voie du scrutin, à la nomination d'un Vice-Président , qui doit être choisi, cette année, dans les Sections des Sciences physiques.

Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 5y, M. de Quatreftiges obtient. . . . Zj^ suffrages.

M. Balard i i »

?.î. Chevi'eul i «

M. Milne Edward;.. . i »

M. DE QcATKEFARGES, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est proclamé Vice-Président pour l'année 1872.

L'Académie procède, par la voie du scrutin' à la nomination de deux Membres qui seront appelés à faire partie de la Commission centrale adminis- trative.

Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 49,

M. Chasles obtient 4^ suffrages.

M. Decaisne 47 "

M. Brongniarî 1 »

M. Chevreul i »

M. Mathieu i

MM. CuASLKS et Decaisne, ayant réuni la majorité absolue des sufirages, sont déclarés élus.

( i4 ,'

Conformément au Règlement, le Président sortant de fonctions doit, avant de quitter le Bureau, faire connaître à l'Académie l'état se trouve l'impression des Recueils qu'elle publie et les changements arrivés parmi les Membres et les Correspondants de l'Académie dans le cours de l'année.

En l'absence de M. Coste, Président de l'Académie, M. Faye, Vice- Président, donne à cet égard les renseignements suivants, après avoir donné lecture de la Lettre suivante, qu'il a reçue de M. Coste :

« Merci de vos bons offices et de votre affectueuse sympathie. Ma snnté générale est réta- blie; mais il me reste encore quelques retours de souffrances de mes yeux, qui vont dimi- nuant de jour en jour, et j'espère Lien que le premier mois de raiince iic Sf passera pas sans que j'aille prendre place parmi mes cliers Conlrcre». »

État de r impression des Recueils de V Académie au i"' janvier 1872.

Volumes publiés.

« Comptes rendus de l'Jcndëmie. Le loii)e LXIX (2* semestre 1869), le tome LXX (i*"" semestre 1870), le fome IjXXI (2* semestre 1870) ont été mis en distribution avec leur Table.

» Les numéros ont paru chaque semaine avec la régularité habituelle.

Volumes en cours de publication.

» Mémoires de r Académie. Le tome XXXVIII a vingt-quatre feuilles tirées. Le Mémoire de M. Phillips sur l'équilibre des corps solides élas- tiques semblables est renfermé dans les feuilles i à 3.

» Celui de M. le général Morin, sur l'insalubrité des poêles en fonte occupe les feuilles 4 à 1 1.

» Les feuilles 12 et i3 sont réservées au Mémoire de M. Phillips sur le mouvement des corps solides élastiques semblables.

« Les feuilles i4 à 24 contiennent différents Ménioires de M. Becquerel.

» L imprimerie a encore en copie environ quinze feuilles du même auteur.

» Ces travaux seront suivis du Mémoire de M. Serret sur le principe de la moindre action. Ce Mémoire, «pii formera cinq feuilles, est entièrement composé.

( '5 j » Le tome XXXIX, réservé au Mémoire de M. Chevrenl sur la laine et le suiut, a treize feuilles tirées.

» L'imprimerie n'a plus de copie.

1) Mémoires des Savants étrangers. Le tome XX de ce Recueil a oin- quante-huit feuilles tirées.

» Les feuilles i à lo renferment le Mémoire de M. Mannheim sur le déplacement d'une figure de forme invariable.

» Le Mémoire de M, Tresca sur l'écoulement des solides est contenu dans les feuilles 1 1 à aS.

» Celui de M. le général Didion, iur le tracé des roues hydrauliques à aubes courbes de M. le général Poncelet, est représenté par les feuilles 24 à 35.

» Viennent ensuite : la feuille 36, réservée au complément du Mémoire de M. Tresca sur l'écoulement des corps solides, les feuilles 37 à 58 qui con- tiennent ie Mémoire de M. Dausse sur les inondations. Ce Mémoire sera terminé parle tirage des feuilles 59 à 63. Les planches qui l'accompagnent sont gravées. La fin du Mémoire est en pages.

» Les feuilles 64 à 77 renferment le Mémoire de M. Boussinesq sur la théorie des ondes liquides périodiques. L'imprimerie en a les bons à tirer.

» Enfin le volume se termine par le travail de M. Tresca sur le poinçon- nage. Les feuilles 79 à 98 sont en bon à tirer; les feuilles 99 à io4 vont suivre rapidement.

)i Les six planches qui accompagnent ce Mémoire sont au lirage.

» Le tome XXI a trente-trois feuilles tirées.

)) Ces trente-trois feuilles renferment le travail de M. Van Tieghem sur la structure du pistil et du fruit.

M Le Mémoire de M. Puiseux sur l'accélération séculaire du mouvement de la Lune, qui doit suivre, est en pages pour une partie. Il reste à l'imprimerie quarante feuillets de manuscrit qui formeront environ sept feuilles.

» L'imprimerie a en mains les manuscrits de M. Graeff sur la théorie du mouvement des eaux et celui de M. Bouquet sur les intégrales ellip- tiques.

» Le Mémoire de M. Graeff formera environ vingt-deux feuilles, celui de M. Bouquet deux feuilles.

( i<i ) Changements arrivés parmi tes Membres depuis le i"' janvier 1871..

Membres décèdes.

» Section de Mécanique : M. le général Piobert, le 9 juin.

» Section (V A nnlomie cl Zoologie : M. îjONr.ET, le ao avril.

» Section (V Economie rurale : M. Païen, !e 12 mai.

» Associés étrangers : M. J. Herschel, le 11 mai; M. K.-I. MunciiîsoN, le 22 octobre.

Membres élus.

» Section de Géométrie : M. Puiseux, le 10 juillet, en remplacement de M. Lamé, décédé.

» Section d'Anatomie et Zoologie : M. de Lacaze-Dutiiiers, le 3i juillet, en remplacement de 31. Loxget, décédé.

» Académiciens libres : M. Belgrand, le 28 août, en remplacement de M. A. DuMÉRiL, décédé.

Changements arrivés parmi les Correspondants depuis le i"" janvier 1871.

Correspondants décédés.

» Section de Minéralogie : M. Haidinger, à Vienne, le 19 mars. » Section de Botanique : M. Lecoq, à Clermont-Ferrand, le 4 aolit.

Membres à remplacer.

n Section de Mécanique : M. Piobert, décédé le 9 juin.

» Section d'Economie rurale : M. Payen, décédé 1(> 12 mai.

» Associés étrangers : M. «1. Herschel, décédé le 1 1 mai; M. Murchison, décédé le 22 octobre.

Cnrresjiondants à rempltiecr.

» Section d'Astronomie : M. Excke, à Berlin, décédé le 26 aoùl i865; M. l'Amiral Smytii, à Londres, décédé le 9 septembre i865; 1^1. Petit, à Toulouse, décédé le 27 novembre i865; M. Valz, à Marseille, décédé le 22 février 18G7.

( '7 ) » Section de Géographie cl Navigadon ; 31. d'Abbadie, élu Membre de l'Académie le 22 avril 1867; M. de Dkmidoff, à Saint-Pétersboiirg, décédé le 29 avril 1870; M. de Wrangei,, à Saint-Pétersbourg, décédé le... 1870.

1) Section de Chimie : M. Békard, à INÎontpellier, décédé le 10 juin 1869; M. T. Graham, à Londres, décédé le 16 septembre 1869.

» Section de Minéralogie : M. Haidixgeu, à Vienne, décédé le 19 mars 1871.

» Section de Botanifjue : M. Lecoq, à Clermonl-Ferraiid, décédé le l\ août 1871.

» Section d' A natomic et Zoologie : M. Quov, à Brest, décédé le 4 juillet 1869; M. PiiRKixjE, à Prague, décédé le 28 juillet 1869.

M Section de Médecine et Chirurgie : M. Guyon, à Alger, décédé le 2'3 août 1870

MEMOIRES ET GOMMUi^lCATlOIVS

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.

M. Mathieu présente à l'Académie, de la part du Bureau des Longitudes, V Annuaire de l'année 1872.

MiiCANlQUE CÉLESTE. Nole sur les mouvements du périgée et du nœud de la Lune ; par M. Delaunay.

« I,e mouvement direct du périgée de la Lune et le mouvement rétro- grade du nœud ascendant de son orbite sont dus à l'action du Soleil sur notre satellite. La théorie nous permet de déterminer ces deux mouve- ments. On sait que le premier calcul qui en a été fait a conduit à un résul- tat singulier : les vitesses de ces deux mouvements ont été trouvées exac- tement les mêmes, tandis que, d'après l'observation, la vitesse du premier est au moins double de celle du second. On commençait même, eu raison de cette circonstance, à concevoir des doutes sérieux sur la complète exac- titude de la loi d'attraction de Newton, lorsque des calculs ultérieurs ont montré qu'il n'y avait qu'iuie question d'approximation. L'égalité de vi- tesse des deux mouvements, résultant des premiers termes calculés, était

G R., 1872, 1" Scnicstie. (T. LXXIV, L) 3

( 'H ) loin (Je .sf> maintenir loisquHn poussait l'approximation plus loin qu'on ne l'avait f:iit tout d'abord; et la différence qui se manifestait ainsi, après les premiers calculs, concordait très-bien avec celle que les observations avaient fait connaître.

» Le grand développement que l'on a été conduit successivement à don- ner au calcul des inégalités lunaires, a permis de compléter ces premières recherches sur les yiouvements tlu périgée et du nœud de la Lune. Mais, quoi que l'on ait pu faire jusqu'à présent, le résultat auquel on parvient n'est pas d'inie exactitude suffisante pour les besoins de la construction des Tables de la Lune. On comprend en effet, que les moyens mouvements du périgée et du nœud devant être multipliés par le temps pour fournir les positions de ces deux points de l'orbite de la Lune à une époque quelcon- que, l'erreur commise sur la valeur de chacun d'eux se trouve aussi multi- pliée par ce facteur. L'altération qui en résulte, pour la position du périgée et du nœud, ne pourrait donc rester dans les étroites limites que comporte l'exactitude des observations, qu'à la condition que les moyens mouve- ments dont il s'agit fussent connus avec une précision extrême, de beau- coup supérieure à celle dont on a besoin pour les coefficients des diverses inégalités périodiques. Aussi, tandis que la théorie nous permet de déter- miner toutes les inégalités |)ériodiques de la Lune, sans aucune exception, avec tout le degré de précision dont on a besoin, sommes nous encore forcés de recourir à la discussion des observations pour obtenir avec la précision requise les valeurs des moyens mouvements du périgée et du nœud. C'est un reste d'empirisme que nous sommes obligés de conserver encore dans la théorie de la Lune, jusqu'à ce que, par quelque nouveau procédé spécialement adapté à ce point particulier, on soit pai'venu à y [)orter l'approximation à un degré suffisant.

» Quoi qu'il en soit, il y a un grand intérêt à voir comment les valeurs théoriques des moyens mouvements du périgée et du nœud de la Lune con- cordent de plus en plus avec celles que fournissent les observations, à me- sure que !'ap|)roximation du calcul est poussée plus loin. C'est ce qui res- sort nettement des formules auxquelles je suis parvenu.

» J'ai donné, à la fin du chapitre VI de ma Théorie du mouvemenl de In

Lune (t. II, |). -237 et 238), les valeurs finales de —i -^» -;-• Les séries nui ' ' ' ■" dt dt dt i

entrent dans ces expressions s'y trouvent calculées jusqu'aux (juantités du

septième ordre inclusivement. Or h est la longitude du nœud ascendant

de la Lune, et ^'4- h est celle de son périgée. Les recherches supplémen-

( 19 ) taires cpip j'ai effectuées ensuite, et qtii sont développées dans le chapitre X, m'ont permis de pousser l'approximation jusqu'aux termes les plus impor- tants du neuvième ordre dans la valeur de r— ^- En effectuant, dans les

dt '

T dk , , , , d(h-\-e),

expressions de -— (moyen mouvement du nœud) et de -— ^ (moven

mouvement du périgée), le changement de constantes qui est expliqué au chapitre XI, p. 800, je suis arrivé aux formules suivantes (*) :

dF = ~"[

'3

v4

3 3

-r-h -e--

2 2

0

5i

e'-^^f-.

9

32

27 i8q .6^" 32'

32 ib '

1 567 , ib '

273

128

843 , 128"'

12S

3261 256

\ J

'9797 ,2048

7,85 1024'

1654 II 2048

c' +

7l4^^,.

1024

256

■99^73 ^^^, _ 6657733 ^^^. ^ /45 ^ 1935 24576 589824

/45 iq35 \ a'I

<l(/i + q) r/'3 ^ 3 q , 45 6q , , , 3 q , 45 \

(

225 i8q , 675 , SaS 1107 , 81 . , 34q , -'475 32 h ' 64 32 ib 32' 4 64 4071 3963 , 3i6o5 61179 ,'

■)

120 02 012 256 y

265493 335403 1483665 ^ 1767849 ,\ 2048 5i2 409^» 1024 /

12822631 252qi72q \ /i2'i3q25q65 35ao38885

~ ^- - ^ 1 ni^ -4~ ~ -^ -

, 24576 i6384 ,/ ^ \ 589824

i5ao38885 \ I i 79648 j

71028685589 ^ 32145882707741 /45 1425 7077000 079477248 \32 5l2

S]

» Réduisons en nomhres les divers termes de ces deux formules, en pre- nant pour 71 le moyen mouvement diurne de la Lime , c'est-à-dire 47435", 0286, et attribuant aux autres lettres les v.deurs indiquées au cha- pitre XI. Nous aurons ainsi les résultats suivants :

(*) M. Cayley a fait subir la niènif transforiii;iti(in à mes formules du chapitre VI, et en publié les résultats dans les Moiilhly Notices de la Société Astronomique de Londres (caliier de novembre 187 1 ). Ces résultats, qui s'arrêtent aux termes du septième ordre, con- cordent complètement avec ceux que je donne ici.

3..

( 20 )

Moyen mouvement diurne ilii nanti.

Termes en

m. . 7^ m',

'fc"'m\

e^m' ,

e'e''//j'

é'm'

m'. .

Termes en m'

•j'm'. . c''ni'' . i:"m\. y 'm-., '/''e^ m' y'e"m e' /«' . . e'c'''m e" in\ »/'. . . .

199,0577 -I- 0,8021

'."999

0,0840

o,oio3 -I- o,ooo3 + 0,0008

o,ooo5

0,0000 + 5,5837

0 , 067 5

Termes en

c ' m'

7' £-/«' . . ,

e'//r 0,3534

-4- 0,0040

-t- 0,0001

4- 0,0043

0,0001

o,ooo5

0,0004 4- 3,1673

o>o»97

e' in^ . . n'c'- m' . m'

e-ni' 0,0958

fc'''/«'' + O,0o53

Termes en

nr. . . , 7- /«'. . e' ni' . . <''ni'\ . m'. . . . m'

m-

m'

II

Moyen moin'enicnt diurne du périgée.

+'99'057'3

3,2o85

o,3ooo

4- 0,0840

O , O I ? I

+ 0,0139

0,001 3

0,0002

O,C0()l

4- 0,0000 +139,5917 fmK. 0,9450

Termes en

éni^ o,(i3l 1

?'•'«(' 4-0, 1440

+ O,oo56 4- o,ooo3

7'm . .

y-e'ni'

y'^e-ni' 0,0010

0,0006 4-47, a3 10

/«'

7' m' 0,3705

e'ni' 0,2763

c'' m' 4- o , 0998

m^ 4-l4,4"02

7'/;;' o,i466

Termes en

c' m' . . . .

a' -ni''

/«•

e'ni"

m'

e'm'

m'

ni'

fi-

ni'

-\- 0,53 14

0,0016

0,0270 4- 0,0022 + 0,0674 4- 0,0070

0,0024

o,ooo5

o , 121 J 4- 0,0539

-\- 4,3353

0,0387 4- 1 ,3424 -t- 0,0006 4- 0,4666 4- 0,1645

4- 0,0024 4- 0,001g

» Eti addilionnnaiit les valeurs des différents termes, 011 trouve,

pour le moyen mouvement diurne liu nœud i9o",7454

» s du périgée 4- 4oo",94?5

» Ces résultats diffèrent à peine des nombres

190", 633, 4-/|Oi",o58,

que fournissent, pour ces deux moyens mouvemenis, les nondjreuses ob- servations de la Lune discutées par M. Airy. D'ailleius, si l'on considère seulement les termes qui ne renferment que les puissances de m, termes qui coublitueiit la parlie la plus imporlante de cliaciuic des deux séries ci-dessus, et qui, dans leur succession, manifestent un degré de couver-

( 2r ) gence très-prononcé, il est aisé de voir que la suite de ces termes, continuée par induction au delà du deiiiier d'entre eux, tend à faire disparaître les légères différences qui restent encore entre ces nombres. »

GÉOMl^^TiilE Théorèmes relatifs aux axes liairnoiiiques des courbes géntnétiiques; par M. Ciiasi.es.

Chapitre VII.

)) On considère deux coiu~bes unicursales U,„', U,„'/, donnant lieu à des axes harmoniques d'une ou de deux courbes U„, U,„^.

» 161 . La taïu/ente en chaque point a de U,,/ coupe U,,// en m" points a ; les droites menées des points a aux pôles de la tanqentc en a', relatifs à \],„, enve- loppent une courbe de la classe 2mm"(m' i)(m i).

» 162. La tangente en chaque point a de U„/ coitpe U„i" en m" j)oints c/.; les droites menées du point a' aux points a' rencontrent l'axe harmonique du point a sur une courbe de l'ordre m"(mm' + 2 m' 2).

» 163. Par chaque point a de \]^t on mène un axe harmonique [relatif ci U,,, ) satisfaisant à cette double condition, que cet axe et la droite nwnée du point a' à son pôle rencontrent \J„^" en deux points correspondants, tels que a. et a.' :

I) Ces axes harmoniques au enveloppent une courbe de la classe m'm"(m i)(2 m i);

» Les droites &' a' sur lesquelles se trouvent leurs pôles enveloppent une courbe de la classe m'm"(m^ i);

» Le lieu du point de concours des deux droites a «, a'«' est une courbe de l'ordre 3 m m' m" (m i).

» 164. De chaque point a de V,,,» on mène une tangente à U,„', dont le point de contact est a; l'axe harmonique du point n', relatif à U„, rencontre l'axe harmonique du point tx' , relatif à U,„^ ^ sur une courbe de l'ordre m" [2 (m' i)m, -f m' m 3m' + 2].

» 165. De chaque point a. de U,„'/ on mène les tangentes de U,„', et l'on prend les axes harmoniques des points de contact, relatifs à U,„;p(//s, du point a' on mène des droites aux pôles de la tangente en a', relatifs à U„,_, ces droites ren- contrent les axes harmoniques sur une courbe de l'ordre

m"(ni, i)[2(m' i)m| + m'(m i)(m, i)].

» Observation. Au lieu de considérer sur chacune des deux courbes tmicursales U,,/, U,„" deux séries de points correspondants, indépendantes entre elles, comme nous venons île le faire, on peut ne prendre sur chaque

( 22 )

courbe qu'une seule série de points, qui alors se correspondent; on bien, prendre deux séries sur une courbe, et une seule série sur l'autre, les points de cette série devant correspondre aux couples de points des deux autres séries; ou bien encore trois séries de points correspondants sur trois courbes différentes.

» Voici quelques exemples de ces diverses conditions.

» 166. Si Pon a deux séries de j>oinls a et a', qui se correspondent anhar- moniquement, les premiers sur U,,/, et les seconds sur U,,//, tes droites menées des pôles de la tangente en chaque point a de U,„', au point a' de U,„", envelop- pent une courbe de la classe (m i) [ni"(ni i) + 2(m' i)].

» 167. Si ion mène de chaque point a de U„/ les tangentes d'une courbe U,„"', et du point correspondant a' de U,„" des droites aux pôles de ces tangentes^ ces droites enveloppent une courbe de la classe n"'(m ij[m'+ m" (m i)].

» 168. On a sur l],„> deux séries de points a, a' qui se correspondent anhar- moniquement, et sur l],„» une troisième série de points a" qui correspondent aux premiers i des pôles de la tangente en chaque point a de U^' [relatifs à \}m)> o?» mène des droites au point a" de U,„'/ ; ces droites rencontrent les axes harmoniques des points a' de U,„" [relatifs à U„,_) sur une courbe de l'ordie

[m i)-[in'(m, i) + ni"] + 2(m i) (m'— i).

» 169. On a sur trois courbes U,„', U,,//, U,„"' trois séries de points corres- pondants a_, a', a"; par les pôles des droites aa'^ relatifs à U^, on mène des per- pendiculaires sur les axes harmoniques des points a", relatifs à U„,^ :

M i" Ces perpendiculaires enveloppent une courbe de la classe

(m- i)[m"'(in, -i)(m i) +m'+m"];

» Leurs pieds sur les axes harmoniques sont sur une courbe de V ordre

(m i) [2m"'(m, i)(ni i) + ni'+ m"].

» J70 Si l'on a sur trois courbes U,„', U„/', U,,/" trois séries de points a, a', a" qui se correspondent haimoniquement, il existe

m' (m i) 4- m" (m, ~ i) -h m"'(ni2— i)

systèmes de trois points correspondants dont les axes harmoniques relatifs à trois couibes respectives U^, U„, , U,,,. passent par un même point.

» 171. Si deux séries de points a, a' se correspondent harmoniqucment sut deux courbes U,„', U,;,", et que deux séries de points a, a' se correspondent sur une troisième courbe U,„"', il existe m"'[m'(in i) + ni" (m, i)J couples de points a, a' dont les axes harmoniques relatifs à U^ et U„, , respectivement, pas- sent par deux points correspondants a, a de U„//'.

( 23 )

» 172. Deux séries de poinls ii, a' se coirespondenl sur U,„' el Mm"-, ^^ deux séries a, a' sttr U,„»'; jnir les pôles de la tancjeiite en a, relatifs à U,„, on mène des droites aux points u (pii correspondent aux points a' dans lesquels taxe har- monique de a', relatif à U„, , coupe U,,,'» : ces droites enveloppent une courbe de la classe m"'(m i) [iii"(m i) (m, i) + 2 (m'— i)].

)) Observation. En terminant eufin ces énoncés de théorèmes qui se présentent en foule, et presque toujours sans grandes difficultés, grâce au procédé de démonstration qui s'y applique d'une manière si heureuse, je ferai remarquer que cette condition, que deux droites doivent passer ])ar deux points correspondants a, a' d'une unicursale U,„/', offre la conception la plus générale, tout à la fois de deux droites rectangulaires, et de deux droites devant faire entre elles un angle de grandeur constante, compté dans un sens de rotation déterminé. Il suffit de faire m" = i, c'est-à-dire de supposer que U,„// soit une droite, puis, que cette droite soit à l'infini, et que les deux points doubles des deux divisions homographiques formées par les points «, a' soient les deux poinls imaginaires appartenant à un cercle. Pareillement, tous les théorèmes se trouve quelque condition de perpendicularité, notamment ceux qui concernent les normales d'une courbe, s'étendent à la condition générale les droites doivent passer par deux points correspondants d'une courbe unicursale U,,,".

» Il est une autre condition que comportent aussi tous ces théorèmes, c'est celle des couples de droites doivent toujours avoir pour bissec- trice de leur angle, variable, une parallèle à un axe fixe.

» On conçoit dès lors qu'un très-grand nombre des théorèmes précé- dents donneraient lieu à des énoncés multiples très-différeents. »

CHIMIE ORGANIQUE. Note relative ci la Communication précédente de M. Trécul sur l'origine des levures lactique et alcoolique; par M. Pasteur.

« J'ai pris connaissance du travail que M. Trécul a lu à l'Académie lundi dernier.

» Je dois déclarer que je n'y ai rien trouvé qui pût atteindre en quoi que ce soit l'exactitude de mes expériences antérieures, non plus que les conclusions que j'en ai déduites. »

BOTANIQUE. Cellules de levure de bière devenues mobiles comme des Monades; par M. A. ïrécdl.

« A la page 5i6 du tome LXV des Comptes /enr/ui, j'ai dit avoir observé des Monades à l'intérieur de cellules médullaires, après quelques jours

( H)

de macéralion. Ayant l'intenlioii de revenir l'année suivanle sur ce suj*-l, je ne décrivis pas» mon observation, parce que je voulais vérifier de nou- veau l'origine de ces Monades. Comme je n'ai pas réussi à le faire depuis cette époque, je crois devoir dire aujourd'hui ce que je vis alors.

» Ces jMoiiades étaient renfermées dans des cellules du pourtour de la moelle d'une tige d'Helianllms tuberosits, qui contenaient en même temps des vésicules chlorophylliennes disposées autour d'un nucléus. Quelques- unes de ces vésicules avaient grossi et s'étaient décolorées. De l'iode ayant été mis sur la préparation, les vésicules agrandies devinrent brunes abso- lument comme les ÎMouades, tandis que celles qui étaient restées vertes et qui avaient conservé la dimension normale n'avaient pas bruni. Je crus pouvoir en conclure que les Monades provenaient de la modification des vésicules chlorophylliennes (i).

» Je n'omettrai pas de rappeler ce que j'ai déclaré au bas de la page gSa du même tome J^XV, qu'il y avait des Monades fixées par leur cil on fila- ment à la surface de l'épiderme des tronçons de tige en macération.

» La levure de bière m'a plusieurs fois présenté des phénomènes qui ont beaucoup d'analogie avec le précédent, mais l'exemple le plus remarquable m'a été donné par de la levure de bière de Bavière.

» Le I 5 juillet, trois heures après que la bière avait été nu'se en lonneau.\', je recueillis de la mousse qui s'écoulait de ceux-ci dans les récipients pla- cés au-dessous. Le lendemain cette mousse était condensée dans le flacon qui l'avait reçue, en liquide qui avait laissé déposer de la levure. Cette bière ayant été décantée, le flacon au fond duquel restait la levure fut rempli d'eau. Trois jours a|)rès, le 19 juillet, je trouvai à la surface du liquide presque toutes les cellules de levure, qui s'y mouvaient avec la vivacité des Monades les plus agiles.

» CesMonadesnouvellesavaient toutes les formes et toutes les dimensions qu'affectaient les cellules de levure, quand l'eau qui les contenait fut mise dans le flacon. Elles n'avaient pas sensiblement grossi. La plupart étaient ovoïdes, mais il y en avait d'oblongues, ayant en longueur trois, quatre et cinq fois leur largeur.

(i) M. S. Rcissek [Silzungsbciichte il.mat. nal. Cl. d. hais. Jl.ud, â, IViss.zu IFicn, i85i, t. Vil, p. 339.) a (lùcrit dts Monades nées de grains de chloiopliyllc du Ceiltlia palustiis, des cellules filles du pollen dt VOrc/iis morio, et des granulrs du (■(Hiltiui du pollen du Piniis .y7i'«f/v,ç, etc. D'un autre rote, madame.!. Liiders dit avoir vu de |)etites Monades naîlre par ragrandisscmenl de Bacté'ries qu'elle obtenait, à l'aide de la macération, par la modilication du plasma des spores et des filaments de germination de <jncl,|ues Mucédinées. [Bot. Ztit., 18G6, t. XXIV, p. 36.) I

(25)

)) La surface de ces cellules mobiles était revêtue de fins granules sombres qui semblaient résulter de l'altération de la membrane superficielle. Chez certaines de ces cellules, toute la périphérie était occupée par ces granula- tions, mais chez un assez grand nombre d'entre elles ce revêtement granu- leux existait seulement sur une partie de la siu-face, en sorte qu'une fraction plus ou moins étendue de l'utricule, égalant parfois à peine la moitié du pourtour de celle-ci, était lisse, incolore et comme gélatineuse. La mem- brane interne semblait être graduellement dénudée par la destruction de la membrane externe.

» On trouvait de ces cellules, jouissant du mouvement de translation, unies deux à deux par les extrémités de leur grand diamètre, comme l'é- taient certaines cellules de leviire avant la macération. De plus, il y avait encore, parmi les utricules mobiles, des cellules de levure peu ou pas du tout modifiées^ et qui étaient immobiles. De ces utricules en voie de trans- formation portaient à une extrémité leur cellule fille ou bourgeon, tandis que d'autres utricules en voie de se modifier étaient en séries de trois ou quatre placées bout à bout.

» Les cellules agiles parcouraient tout le champ du microscope, comme le font des Monades. Dans une observation antérieure, j'avais trouvé que la partie dépourvue de granulations marchait en avant. Dans la dernière observation le cas contraire semblait le plus fréquent; c'était tantôt la par- tie dénudée qui se portait en avant, et tantôt la partie granuleuse.

» Les mouvements les plus curieux étaient ceux des cellules oblongues, qui pouvaient s'infléchir, se courber alternativement dans un sens et dans le sens opposé.

» Toutes ces cellules étant dépourvues de cils, on était surpris, quand elles étaient en repos, de les voir attirer, à la distance de trois centièmes de millimètre, et repousser ensuite des cellules de levure non transformées aussi grosses qu'elles-mêmes.

» J'ai dit plus haut que ces cellules se tenaient à la surface du liquide. C'était évidemment pour se rapprocher de l'air atmosphérique, car, sur le porte-objet du microscope, ainsi que cela a été signalé pour d'autres forma- tions, ces petits corps se portaient vers les bords de la lamelle de verre qui couvrait le liquide. Ces cellules mobiles s'accumulaient en grand nom- bre et s'y agitaient vivement, puis y mouraient en se décomposant comme je vais le dire.

» A certaines places, près du bord de la lame de verre, ces cellules se dilataient plus ou moins et se vidaient de leur plasma, puis leur contour se

C. R., 1872, I" Semestre. (T. LXXIV, l.) 4

( 26 )

déformait, <levpnait anguleux, ot restnit finalement marqné, principalement ou seulement pai la série des granulations représentant la membrane alté- rée. Quelques-uns de ces petits corps se mouvaient encore quand ils étaient déjà très-déformés.

» L'ahération de ces cellules sur le porte-objet est si prompte, que tons les phénomènes que j'ai décrits furent observés dans l'espace d'une demi- heure à une heiu-e; et les altérations sont si rapides, que, de toutes ces jo- lies cellules qui, quelques instants auparavant, s'agitaient encore an bord de la lame de verre, le temps d'écrire quelques notes, tout mouvement avait cessé, et il ne restait plus que le contour granuleux dont les lignes se rom- paient bientôt, et la dispersiot) des granules dans le liquide environnant avait lieu. »

ASTRONOMIE PHYSIQUE. Su7^ In température solairc {2^ '?^o[e);

par le P. Secchi.

Rome, le 19 décembre 1870.

» Permettez-moi, comme suite à ma Communication précédente, d'exa- miner quelques autres objections qu'on a faites au chiffre donné par moi pour la température solaire. Je m'occuperai surtout de celles qui ont été formulées par M. Ericsson , dans trois articles publiés dans le journal Nature, de Londres [vol. IV et V).

» Je ferai remarquer d'abord qu'il suffit de lire le chapitre relatif à ce sujet, dans mon ouvrage le Soleil, pour constater que je n'ai pas dissinndé les difficultés du sujet, ni donné le nombrede 10 millions de degrés comme représentant proprement le résultat direct des observations; celles-ci ne donneraient etfeclivement que 5 millions et ~ (page 270); si je l'ai porté jusqu'à 10 millions, c'est en vue d'autres considérations qui ne me parais- sent pas sans valeur, mais que mes contradicteurs n'ont cru devoir appré- cier de même. Du reste, les termes mêmes dans lesquels est posée la ques- tion, et les moyens employés pour obtenir cette évaluation, font aisément ai)ercevoir qu'il y reste beaucoup de vague, et qu'on ne peut calculer le résultat qu'avec une approximation fort lointaine. De sorte que ce sujet peut prêtera des discussions nombreuses, selon l'importance qu'on attache à telle ou telle autre condition d'expérience, ou à telle correction théorique.

» Parmi les conditions expérimentales, la plus importante à examiner est le moyen qu'on emploie ])our évaluer la radiation solaire. Plusieurs procé- dés ont été proposés poin- cela. Les uns, purement aciinoméiriqnes, .se bornent à constater le changement produit dans un corps thermométrique pendant un tem])s déterminé, comme dans l'actinométre de Ilerschel.

( 27 ) D'auties évaluent la température finale d'un corps exposé au Soleil, et à cette classe appartient le thermomètre noirci, employé par les niéléorolo- gisles. D'autres mesurent la température acquise par un corps exposé au Soleil, dans l'intérieur duquel est un thermo!i)ètre, moyen employé jadis par Newton pour obtenir les données de son fameux calcul de la tempé- rature acquise par la comète de 1680. Enfin, les expérimentateurs les plus modernes ont introduit l'usage du thermohéliomètre, procédé dans lequel on installe le thermomètre dans une enceinte artificielle à une température conruie. Ce dernier est le moyen que j'ai employé après M. Waterston.

» On admet qu'avec l'actinomèlre on ne peut évaluer que le rapport des radiations dans des conditions différentes de hauteur, de distance, de transparence atmosphérique, etc., et que cet instrument ne peut donner directement l'intensité absolue de la radiation.

» Le thermomètre noirci, employé par les météorologistes, est un instru- ment très-imparfait. Ses indications, à la même heure, diffèrent selon l'ex- position de l'instrument. Si l'on cherche à l'abriter des courants d'air, on tombe dans les pertiu'bations produites par les réflexions et les radiations propres des surfaces voisines destinées à le protéger. Eu Angleterre, on a dernièrement introduit l'usage d'un thermomètre à boule noircie, renfermée dans une boule de cristal dans laquelle on a fait le vide, espérant ainsi le soustraire à l'influence des courants d'air et de la radiation des corps obscurs, qui traverse difficilement le verre. J'ai fait un grand nombre d'ob- servations avec plusieurs de ces instruments : je ne les ai pas trouvés tou- jours d'accord, et leurs résultats ne m'ont point satisfait. Ainsi pendant que, dans l'été, la température marquée à midi dans un air calme par le thermomètre noirci ordinaire était de 4o à 42 degrés, celle du thermomètre renfermé dans la boule de verre montait à 54 et 57 degrés. Dans l'hiver, pendant que le thermomètre libre marquait de 10 à i4 degrés, l'autre mar- quait de 28 à Sa degrés. La différence, comme on voit, change avec la sai- son, de i4 à 18 degrés; même à l'ombre, ces thermomètres enveloppés marquent toujours un ou deux degrés de plus que les autres.

» Or, on peut se demander si réellement ces thermomètres donnent exactement la mesure de la radiation. 3 en doute beaucoup, car 1" la sur- face intérieure du globe de verre agit comme un miroir concave, ])our ré- fléchir une certaine quantité de lumière et de chaleur sur la boule du thermomètre, comme on peut facilement le constater à la vue; a" le verre de l'enveloppe n'étant pas absolument diathermane, s'échauffe avec le temps, et devient une source de radiation assez considérable. Si donc l'enveloppe protège le thermomètre des courants d'air, il introduit des perturbations

4..

(a8) plus sérieuses et plus difficiles à évaluer. Il est donc certain que la tempéra- ture d'un thermomètre noirci, exposé au milieu d'une enceinte quelconque, ue donne pas l'effet de la radiation du Soleil, mais une fonction complexe de cette radiation, de celle des objets environnants, et des courants d'air. » Le même raisonnement s'applique aussi à la méthode employée par Newton, l'évaluation de la radiation d'après la Icmpèradnc acquise par lui thermomètre recouvert d'une légère couche de terre. Il y a longtemps que j'ai répété l'expérience de Newton. En 1846, le i5 juillet, je déterminai la température d'un thermomètre légèrement recouvert de terre, dans une villa de Rome, dans un terrain parfaitement sec, bien exposé et sans refiels voisins; le maximum fut de 65°, 5 C. à 2 heures après midi; à l'oiDbre, le maximum était, à l'Observatoire, 34°, 3. Le 9 juillet de la même année, je trouvai 60 degrés à i heure, le maximum à l'Observatoire étant 3i°,3. Le premier nombre ne s'éloigne pas beaucoup de celui de Newton, qui obtint 65°,56, le thermomètre libre à l'ombre étant à 29°, 44- Mais on voit que les différences ne sont pas constantes, et le degré final dépend beaucoup de la nature du sol et de la température de l'air. Les métaux, par exemple, arrivent chez nous à des températures énormes, dépassant 76 degrés C. et même 80 degrés. Des voyageurs racontent que, dans les déserts d'Afrique, la température des sables s'élève tellement qu'ils peuvent faire prendre feu aux allumettes phosphoriques. Ces diverses remai'ques montrent combien est grande l'imperfection des moyens proposés jusqu'ici pour évaluer la température produite par la radiation solaire.

» Je ne connais pas les détails de la construction de l'actinomètre de M. Ericsson : je ne puis donc le juger; mais, d'après ce que l'auteur en dit dans ses articles, il paraît appartenir à la classe de ceux dont les éva- luations reposent sur la mesure de l'effet maximum d'échauffement obtenu lorsqu'il arrive à un degré stationnaire, en l'augmentant en raison inverse du carré de la distance au Soleil : je ne le crois donc pas exempt des défauts que je viens de signaler.

» C'est pour éviter ces inconvénients que j'ai adopté et perfectionné l'in^ slrument de M. Waterston, qui donne le moyen d'évaluer la température de l'enceinte et son influence. J'ai donné aussi une théorie différente de la sienne, à laquelle on pouvait faire quelques objections. (Voir le Bulleti.no deir Osservalorio del Coll. Romano, année i863, p. 19.)

» Ce qui m'étonne, c'est de voir M. Ericsson déclarer que le chiffre de 12 à i4 degrés, obtenu par moi à Rome, est trop faible, et l'élever à 18°, 9. Or, si j'adoptais ce dernier chiffre, le résultat serait bien plus grand que celui qu'il refuse d'accepter. Cela est d'autant plus étonnant, qu'il dit.

( 29 ) dans son troisième article [Nature, vol. V, p, l^ii), que je n'ai réellement apprécié que les o,38 de la radiation totale! Et cependant mon résultat serait, selon lui, extravagant ! On voit par combien une manière diffé- rente d'expérimenter et de traiter les données de l'expérience peut conduire à des résultats différents. J'ajouterai cependant que le chiffre employé dans mon calcul n'est pas celui que j'avais obtenu à Rome, où, vu la faible alti- tude, les données étaient trop influencées par l'atmosphère terrestre, mais bien les nombres obtenus par M. Soret sur le mont Blanc et à d'autres hauteurs.

» Nous ne nous accordons pas plus, M. Ericsson et moi, sur la manière d'évaluer les corrections à apporter aux données brutes, pour avoir le résultat relatif au Soleil. Je ne puis le suivre ici dans tous les détails*, je me bornerai aux points les plus intéressants.

» Il me reproche d'avoir employé la règle de Laplace, pour apprécier l'absorption due à l'atmosphère solaire, et il paraît vouloir borner cette absorption à la mince couche de la chroniosphère ou du gaz très-rare qui enveloppe l'extérieur du globe photosphérique. Sans doute, au temps de Laplace, on ne connaissait pas la structure de l'atmosphère solaire comme on la connaît maintenant; mais cela ne peut rien infirmer des conclusions auxquelles je suis arrivé sur les effets d'absorption. Ces résultats sont fondés sur les mesures thermiques, qui constituent des faits indépendants de toute hypothèse sur la structure de cette atmosphère.

» Quant à l'absorption estimée seulement par la couche d'hydrogène de la chromosphère, elle est trop incomplète, et ici M. Ericsson oublie une source immense d'absorption, savoir, la couche qui produit les raies de Fraunhofer. Quelle que soit l'hypothèse qu'on adopte pour les expli- quer, ces raies supposent une absorption bien différente de celle de la chro- mosphère seule. I^e thermoscope évalue la quantité de cette absorption dans les différentes parties du disque, et le résultat du calcul est que, sans ces couches absorbantes, si le Soleil était partout rayonnant sans cette en- veloppe, il nous paraîtrait huit fois plus brillant et plus chaud. Or je n'ai pas profité de cette nuiltiplication, et je me suis contenté seulement de dou- bler l'intensité qui résultait de l'expérience directe, en mettant en nombres ronds lo millions, au lieu de 5 |^; je ne crois donc pas avoir exagéré.

» J'ai même averti que les couches extérieures pouvaient être moins chaudes, et que l'effet que nous mesurons est la somme des quantités de chaleur qui s'ajoutent, émanées des différentes couches transparentes. M. Ericsson met encore en question ce fait et refuse d'admettre que les couches des différentes profondeurs puissent ajouter leur action à celles

( 3o ) des couches plus superficielles. Une expérience bien simple, faite à ma demande par le P. Provenzali, a prouvé que, si avec une flamme on obtient un échauffement de 2°, 5, avec deux flammes, placées l'iuie après l'autre, on obtient 4", 5; avec trois, on a 5°, 4- Ce résultat était du reste bien facile à prévoir, car tout le monde sait que les flammes sont transparentes. Les critiques de M. Ericsson ne peuvent donc être soutenues.

» Pour terminer, je dirai que j'ai été étonné de voir M. Ericsson se re- fuser à admettre l'influence de la vapeur d'eau dans l'absorption atmo- sphérique, et paraître mettre en doute ce phénomène d'observation que, à ime hauteur égale, la radiation solaire est moindre en été qu'en hiver. Il paraît oublier les belles recherches de M. Tyndall et du professeur Gari- baldi, de Gènes, qui ont mis hors de doute le grand pouvoir absorbant de la vapeur d'eau, qui est plus abondante en été qu'en hiver.

» Mais ce qui est vraiment étonnant, c'est que M. Ericsson, avec sou instrument, trouve que pendant l'hiver la température stationnnire à la- quelle il arrive est plus élevée qu'en été. Cela (même en tenant compte de la plus grande proximité du Soleil en hiver) me fait croire à quelque parti- cularité bien singulière de son appareil, qui |)ourrait fausser toutes ses indi- cations. Car, même sous le beau ciel de Madrid (bien loin des marais que M. Ericsson croit pouvoir influer dans les obserxations de Rome), M. Rico y Sinobas a trouvé, en décembre, pour la radiation solaire, 12'''', 19 de son actinomètre, et, en juin, 25'''',56.

» Je laisse de côté les autres critiques, qui ne me paraissent pas mieux fondées que les précédentes, et je prie l'Académie de m'excuser si je snis entré dans ces détails; j'ai cru qu'il était indispensable de profiter de cette circonstance pour indiquer l'état actuel de cette question importante, et pour engager les savants à examiner ce sujet avec le soin qu'il mérite, car sans doute il y a un vaste champ à explorer. »

IVOMEVATIOIVS.

» L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un Membre qui doit remplir, dans la Section d'Économie rurale, la place laissée vacante par le décès de M. Payen.

Au premier tour de scrutin, le nombre des volants étant 55,

M. Hervé-Mangon obtient. ... 5i suffrages.

M. Schlœsing 2 »

M. Dehérain i »

Il y a un billet blanc.

( 3i ) 31. Hervi^:-Mangon ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est proclamé élu. Sa nomination sera soumise à l'approbation du Président de la République.

MÉ>H>IRES PRÉSENTÉS.

ASTRONOMIE PHYSIQUE. Sur la température et la surface solaire. Note de M. E. Vicaire.

(Commissaires MAI. Regnault, Bertrand, Fizeau, H. Sainte-Claire Devilie,

Edm. Becquerel, Janiin.)

« L'Académie s'est occupée, dans ses dernières séances, de la température de la surface solaire, et des nombres bien différents ont été produits. Le R. P. Secchi évalue cette température à looooooode degrés au moins, M. Spœrer à 27000. Si l'on joint à cela les résultats obtenus par Pouillet qui trouvait des valeurs comprises entre 1461 et 1761 degrés, suivant les diverses hypotbèses que l'on pouvait faire relativement au pouvoir émissif de la surface du Soleil, on est obligé de reconnaître que l'état de la science sur cette question est aussi peu satisfaisant que possible.

» Ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que les résultats les plus opposés, ceux de Pouillet et du P. Secchi, ont été tirés d'un même phénomène, la radiation calorifique du Soleil, dont ces savants ont mesuré l'intensité par des procédés à peine différents en principe. Une différence aussi énorme dans les résultats ne provient évidemment pas des observations, mais de la manière dont elles ont été interprétées. C'est ce que j'ai reconnu, en effet, par un examen plus approfondi, et, de cet examen, je crois pouvoir con- clure que l'évaluation de Pouillet est infiniment plus voisine de la réalité que celle du P. Secchi.

Le P. Secchi mesure la radiation solaire en exposant à l'action de cette radiation un thermomètre à boule noircie placé dans une enceinte de tem- pérature connue. Il observe l'excès de la température du thermomètre sur celle de l'enceinte, excès qu'il corrige de l'absorption atmosphérique. Admettant alors la loi de Newton sur le rayonnement des divers corps en présence, et attribuant à ces corps un pouvoir émissif égal à l'unité, il exprime l'équilibre des températures par l'équation

(i) t - e = aT, d'où T = ^^,

dans laquelle T, / et 0 représentent les températures du Soleil, du thermo- mètre et de l'enceinte, et a le rapport de la surface apparente du Soleil à la surface totale d'une sphère concentrique au thermomètre.

( 32 )

» Cette équation (dont je change seulpiiiont les lettres) suppose toute- fois que a. est une très-petite fraction de l'unité.

» Au moyen de cette équation, le P. Secchi explique d'abord un f;iit observé par lui et par M. Waterston. C'est que l'excès thermométrique t Q est toujours le même, quelle que soit la température de l'enceinte. S'il est, par exemple, de 12 degrés avec l'enceinte à zéro, il aura encore la même valeur quand on la portera à 60 degrés, et même, d'après M. Water- ston, jusqu'à 220 degrés. Ce fait résulterait simplement de ce que l'on est effectivement dans les conditions l'équation (i)est applicable, c'est-à- dire que a est très-petit.

» Mais cette explication me semble insuffisante, car, lorsqu'on passe de zéro à 60 et surtout à 220 degrés, la loi de Newton cesse d'être applicable. Il faut recourir à la loi de Dulong et Petit, et celle-ci, au contraire, s'ap- plique en toute rigueur, autant du moins que l'on considère seulement l'échange de chaleur entre le thermomètre et l'enceinte.

» Or, il résulte de cette loi que, pour un même excès t 5, la vitesse de refroidissement, et, par conséquent, la quantité de chaleur cédée par le thermomètre à lenceinte dans l'unité de temps est multipliée par 1,0077°"= 1,585, lorsque 9 passe de o à 60° et par 1,0077^°" = 5,4 12 pour 220 degrés. Si, néanmoins, ce thermomètre reste en équilibre avec le même excès de température, c'est qu'il reçoit d'autre part, et ce ne peut être que des rayons solaires, une quantité de chaleur également crois- sante.

» Nous arrivons donc à ce résultat paradoxal, que le thermomètre reçoit du Soleil d'autant plus de chaleur qu'il est lui-même plus chaud. Cepen- dant le fait en question ne semble pas pouvoir être contesté, et la consé- quence est rigoureuse.

» D'autre part, il est bien évident que ce n'est pas la radiation solaire qui se modifie à mesiu-e que le thermomètre s'échauffe. C'est donc la fa- culté d'absorption du thermomètre pour celte radiation qui se trouve aug- mentée.

» N'y a-t-il pas un effet de thermochrose? Le thermomètre reçoit des rayons lumineux, il émet des rayons obscurs. Sa ficidté d'absorption pour les premiers augmenterait plus vite que sa faculté d'absorption et, par con- séquent, aussi d'émission pour les derniers, à mesine qu'il se rapproche de la température à laquelle il deviendrait lumineux lui-même. Comment se fait-il que ces deux pouvoirs varient justement de telle façon que l'excès de température reste constant? C'est un point qui mériterait sans doute une étude plus approfondie.

( 3-^ )

» Nous n'avons pas tenu compte de l'action de l'air sur le tlierniomèlre ; comme elle dépend seulement de l'excès de température, elle ajoute un terme constant aux pertes par rayonnement et ne modifie pas les conclu- sions précédentes. Encore est-il fort probable que cette perle elle-même augmente avec la température de l'enceinte, car celle-ci étant ouverte par devant, l'air qu'elle contient ne doit pas en prendre complètement la tem- pérature.

» Revenons maintenant à la température solaire.

» Pour suivre d'aussi près que possible la marche adoptée par le P. Sec- chi, j'établirai l'équation d'équilibre du thermomètre en conservant les mêmes hypothèses. Je négligerai de même le refroidissement à l'air, bien que, dans les basses températures, il égale presque celui qui est au rayonnement. Seulement au lieu de la formule de Newton, j'adopterai la formule exponentielle de Dulong et Petit. L'équation devient alors

«' «" = art',

équation dans laquelle a = 1,0077. » On en tire

log(rt'-- «'') + log - loga

» Faisons maintenant avec le P. Secchi a ..^ ,. et t Q ^ 20,02; supposons d'ailleurs 0 ^ o. Le calcul nous donne

T=: 1398°,

résultat presque identique à celui de Pouillet.

)) Ainsi, lorsqu'on applique à l'expérience du P. Secchi la loi de Dulong et Petit, comme Pouillet l'avait fait pour les siennes, on retrouve presque identiquement le même résultat que ce dernier savant. Il y a donc concor- dance dans le point de départ expérimental, et cette concordance eiit paru plus complète si, dans le calcul précédent, j'avais introduit l'action de l'air ambiant sur le thermomètre.

» On a d'ailleurs très-exactement

et, par conséquent,

'°§^ = i'

a^"" = 10;

c'est-à-dire que chaque augmentation de 3oo degrés décuple le facteur rt'

G. R., 1872, Semestre. (T. LX.X1V, 1.) 5

(34) de la radiarion solaire. On est donc bien à l'aise pour tenir compte de toutes les corrections possibles sans atteindre des températures très-élevées.

» Il reste maintenant à décider lequel des deux modes de calcul offre le plus de garanties. Le choix ne peut guère être douteux. La loi de Newton est certainement inexacte, même dans des limites très-restreintes de tempé- rature. Celle de Dulong et Petit a été établie par ces physiciens jusqu'à 3oo degrés; Pouillet annonce l'avoir vérifiée jusqu'à plus de looo degrés. En supposant qu'elle cesse d'être vraie au delà, elle ne peut pas être abso- lument éloignée de la vérité pour les températures de i^oo ou i5oo de- grés auxquelles on arrive en l'admettant. Donc aussi ces températures ne peuvent pas être absolument éloignées de la vérité.

» Quelle que soit donc la correction que l'on veuille faire subir à la température d'environ i^oo degrés à laquelle nous sommes parvenus, qu'on la double, qu'on la triple ou plus encore, on ne pourra pas du moins se refuser, ce me semble, à admettre la conclusion suivante :

La température de la surface solaire est entièrement comparable à celle de nosjlammes.

» On peut mettre cette conclusion en évidence d'une manière peut-être plus saisissante en partant des observations de Pouillet.

» D'après ce savant, chaque centimètre carré de la surface solaire émet, en une minute, un peu moins de 85 calories. Un mètre carré émet donc 85oooo calories. C'est à peu près la chaleur que dégagent en brûlant loo kilogrammes de houille, soit pour une heure 6000 kilogrammes.

» Or 6000 kilogranunes sont la consommation de vingt locomotives, lesquelles brûlent chacune plus de 3oo kilogrammes par heure sur une grille d'environ i mètre carré.

» On peut admettre, d'après les expériences de Péclet, que la moitié au moins de la chaleur de cette houille se dégage par rayonnement. Donc une surface double de celle qu'offrent ces grilles réunies, c'est-à-dire une sur- face de grilles de [\o mètres carrés, ou si l'on veut de 80, pour tenir compte des deux faces de la couche de combustible, rayonnerait autant de chaleur que I mètre carré de la surface solaire.

» Si maintenant on veut bien réfléchir que la température sur ces grilles est loin d'être uniforme et n'atteint nidle part 2000 degrés; que celle d'un chalumeau d'oxygène et d'hydrogène est de 25oo degrés; que, d'après la loi de Dulong et Petit, une augmentation de température de 600 degrés suffit pour centupler le rayonnement; que, si l'on ne veut pas admettre cette loi dans les hautes températures, on ne peut du moins contester que

( 35 ) la radiation ne croisse beaucoup plus vite que la température, comme cela est bien évident pour les radiations lumineuses (i), on sera encore ramené invinciblement à la conclusion déjà énoncée.

» 11 serait prématuré de chercher à représenter la température de la surface solaire par un nombre précis, j.îais je pense qu'on ne s'avancerait pas beaucoup en affirmant qu'elle est inférieure à 3ooo degrés. »

« M. LE Président, à la suite de cette Communication, fait remarquer que sir W. Thomson a déjà montré que la température du Soleil ne saurait être incomparablement plus élevée que les températures atteintes dans certaines opérations de l'industrie. Il signale à ce suiet l'importanteNotede cet illustre physicien sur l'âge de la chaleur solaire [Macmillnn s Magazine, mars 1862}, dans lequel sir W. Thomson rappelle que la chaleur émise par le Soleil (d'après Pouillet), par chaque pied carré de la surfiice, répond à une force de 7000 chevaux seulement. De la houille, brillant à raison d'une livre par deux secondes, produirait à peu près le même résultat. Or M. Rankine a estimé que, dans les foyers de nos locomotives, le charbon brûle, à raison d'une livre par pied carré de grille, avec une vitesse de 3o à 90 secondes.

» Ce grand problème de la température à la surface du Soleil est devenu plus accessible dans ces dernières années qu'il ne l'était naguère. Nous le devons principalement aux expéditions astronomiques qui ont eu pour but d'étudier, dans les éclipses totales, la constitution physique du Soleil, et l'Académie n'a pas oublié une de ces grandes entreprises qui ont le plus at- tiré l'attention du monde savant, celle de septembre 1 858, à Paranagua, dont la science est redevable à l'initiative éclairée de S. M. l'Empereur du Brésil. »

« M. H. Sainte-Claiiie Deville émet une opinion tout à fait conforme aux conclusions de M. Vicaire, en s'appuyant sur des expériences dont il entretiendra prochainement l'Académie. «

« M. Edmond Becquerel, d'après ses recherches sur les hautes tempé- ratures et sur les phénomènes d'irradiation qui les accompagnent (2), pense

(i) On sait combien l'éclat delà lumière de Drunimond surpasse celui des flammes ordi- naires, et cependant le corps lumineux y est à une température très-notablement inférieure à celle de la flamme qui le chauffe, c'est-à-dire à 25oo degrés, tandis que la température de la flamme du gaz d'éclairage dans l'air ne doit pas s'éloigner beaucoup de 1900 degrts en plus ou en moins.

(2) Annales du Conservatoire des Arts et Métiers, t. IV, p. Sg^, aviil 1864.

( 3^> )

que les températures les plus élevées que l'on puisse produire par la coui- bustion, ainsi que par l'action de l'électricité ne s'élèvent pas beaucoup au delà de 2000 à aSoo degrés, et que par conséquent la température solaire, qui ne paraît pas aussi éloignée des températures de ces sources qu'on pourrait le penser, ne dépasserait guère 3 000.

» Bien qu'il soit difficile d'assigner des nombres exacts, car pour le faire on admet des relations entre les températures et les résidtats des expériences qui peuvent se trouver en défaut quand il s'agit de températures aussi élevées et de conditions physiques encore peu connues, cependant M. E. Becquerel ne pense pas que les limites approximatives qu'il indique puis- sent s'éloigner beaucoup de la vérité. »

« M. FizEAU fait remarquer que les conclusions énoncées dansl'intéres- sante Communication qui précède s'accordent bien avec les résultats des expériences photométriques qui ont été faites dans le but de comparer entre elles les intensités de la lumière du Soleil, de la lumière émise par les charbons de la pile, et celle de la lumière émise par un fragment de chaux placé dans la flamme du chalumeau à gaz oxygène et hydrogène.

» En comparant, en effet, ces trois sources de lumière, sous le rapport de leur éclat intrinsèque, on a trouvé que la chaux donne une. intensité 56 fois plus faible que les charbons de la pile, et ceux-ci une intensité seu- lement 2,5 fois plus faible que le Soleil lui-même (i).

M On voit que, si la radiation solaire est décidément supérieure à celle des sources de lumière les plus intenses que l'on ait pu produire jusqu'ici , elle n'a cependant été trouvée que deux ou trois fois plus forte que la lumière de la pile. Ces deux sources de lumière restent donc tout à fait compara- bles entre elles, ce qui conduit à admettre que leurs températures ne doi- vent pas différer d'une manière excessive, comme cela résulterait de plu- sieurs évaluations récemment proposées pour la température delà surface du Soleil. »

ANALYSE. Expression du rappoil de la circonjérence au diamètre et nouvelle fonction. Note de M. le génékal Didion, présentée par M. le général Morin.

(Commissaires : MM. Serret, Bonnet.)

« Des opérations algébriques régulièrement répétées donnent lieu à des

(i) Sur l'intensité de la lumière de la pile, par MM. Fizeau et Foucault. [Comptes ren- dus, t. XVIII, et .Inn. de Ch. et de Phys., 3" série, t. XI.

( '^7 ) fonctions de diverse nature, telles que les exponentielles, les différentielles, les fractions continues, etc. L'expression du rapport de la circonférence au diamètre conduit aussi à une nouvelle espèce de fonctions.

» C étant le côté d'un polygone régidier d'un nombre /f de côtés, inscrit dans un cercle dont le rayon est i, le côté C d'un polygone régulier d'un nombre doidîle de côtés, et les côtés C", C",... pour des nombresj'4 fois, 8 fois,... plus grands seront respectivement

C = v/2-V4-C='

C"=^ \/9. -\/2+v"/{-c;s

C"'=\/2-V^2+v/î

-\H t. ,,

et ainsi de suite.

» L'opération qui se répète est celle-ci : extraire la racine carrée du terme primitif \/4 C^ augliienté de 2, et de même pour les résultats suc- cessifs, de façon que, pour un nombre n d'opérations, à partir de v'4 C^ exclusivement, ou pour un nombre de a". 2 k de côtés, l'expres- sion de ce côté sera

V 2 - V 2 + \/-i...-h sl-2 + v/:

(i) V 2- V2 + V2---+V2 + V2 + V4-c^

)) En remplaçant le signe y/ p^i' l'élévation à la puissance 4, l'expres- sion (i) du côté sera

(2)

V 3_l,(...[(V4-C^ + a)^+2]\.. + 2) +J,

expression dans laquelle l'indication des opérations successives suit l'ordre naturel de l'écriture, de gaucbe à droite, et se rapproche de celle des séries et des fractions continues.

» En multipliant la valeur d'un côté par leur nombre, on aiira le péri- mètre; la moitié donnera le rapport du périmètre au diamètre. A mesure que n sera plus grand, ce rapport se rapprochera de celui de la circonfé- rence au diamètre, ou de n; de façon qu'en sous-entendant que n est aussi

( 38) grand qu'on voudra, on pourra écrire

(3) 7: = 2*.A-

[(^4_C=+2)^+2]\..

)

» Le côté du polygone régulier circonscrit d'un nombre quelconque de côtés étant x, celui du polygone régulier circonscrit du même nombre de côtés X est, comme on voit,

X = ^=,

' s/4-.

» Appliquant cette formule à un nombre a". 2/1 côtés, le multipliant par 2".X-, et à la condition que n sera aussi grand qu'on voudra, on aura pour l'expression du rapport n

(4) n=^"'

V 2- U...l(v/4 C'-i-a)' -h?.J ... + 2} +■}.)

■>/j]

.[[^//^-c'-i-^y+o]

2^

» La première expression (3) est une hmite inlérieure, la seconde (4) est une limite supérieure.

» Pour calculer la valeur de n, on peut partir de tout polygone pour lequel on connaît le côté relativement au rayon. Les plus simples sont ceux de 4, de 6, de 10 côtés, pour lesquels C est respectivement yjz, 1 et

y I V 5 I et ^4 C^ égal à v/2 , à y/S et à V| ( 5 + y 5 » L'expression

\\...[{.T-h2Y +2] ...-hl\ +2} ,

dans laquelle x remplace v'4 C^, représente la répétition n fois de suite de l'opération qu'on a indiquée. Elle a de l'analogie avec l'élévation aux |)uissances et avec les différentiations successives, et l'on pourra la repré- senter par une caractéristique §; on aura alors

^x = (.r+2)2; ^f^oTir [(.r + 2)-+ aj ,...;

f) r '1^ '"^ V

S"X =\\...\_{X -\- 2)--\' 2] ...+ 2\ +2) .

(39) » D'après cela, et en partant par exemple du polygone de quatre côtés, on aura deux limites, l'une inférieure, l'autre supérieure :

/ : = 2". 4 Va ^" v'2

.de même pour les polygones de 6 et de lo côtés.

» On remarquera que le dénominateur, dans la limite supérieure, repré- sente l'opération poussée à i degré de plus et que y 2 + f'v'a = -f""^' S^a. On remarquera aussi que, quand n est de plus en plus grand, la limite supérieure se rapproche de plus en plus de la limite inférieure, et que, pour n infini, le dénominateur doit être égal à l'unité; faisant donc « = co , on aura l'expression symbolique

i"y/2 = 2;

de même, pour y/3 et pour y 0(5 + \/5).

» Cette propriété s'étend à toute corde du cercle, c'est à-dire à tout nombre qui ne surpasse pas 2. Elle s'applique aussi à des nombres supé- rieurs à 2; seulement, dans ce cas, la valeur de ^"x va en diminuant en s'approchant de la limite 2.

» Les expressions de n auxquelles nous sommes arrivés sont fondées sur les éléments de la géométrie, et elles peuvent y entrer; elles ne néces- sitent que l'emploi du signe y'"; on y remplacerait l'expression 2". A: par Ax 2. 2. ..2. 2.

« J'ai fait l'application numérique des formules (3) et (4), en partant du polygone de 4 côtés et en m'arrêtant à celui de ao/|8 côtés. Je me suis servi avec succès d'une machine à calculer, de l'arithmomètre de M. Tho- mas, de Colmar, à seize chiffres; elle me donnait directement, et très- promptement, les racines avec huit chiffres et le reste exacts; ce dernier, par la division, me donnait les sept chiffres suivants : en tout quinze chiffres. J'ai ainsi trouvé, pour limite inférieure, 3, 1 4159224, et, pour limite supé- rieure, 3,14159594. Les six premiers chiffres étant communs, 3,i4i5g représente le rapport cherché avec six chiffres. »

M Carvallo adresse une Note intitulée : « Intégrale de Téquation dif- férentielle de la courbe décrite par une mobile sur la face ultérieure d'un cylindre droit horizontal à base circulaire. »

Cette Note sera soumise à l'examen de M. Serret.

( 4o )

M. Chacornac adresse deux Noies sur le mode de formation des nébu- leuses, el sur les causes auxquelles on peut attribuer les ressemblances que présentent leurs branches spirales avec les spires des centres d'anneaux qu'on observe dans les cristaux à deux axes.

Ces Notes seront soiunises à l'examen de MM. Laugier et Fizeau.

M. CoDRoN soumet au jugement de l'Académie la description d'un ap- pareil destiné à permettre aux aveugles d'écrire avec les caractères ordi- naires.

(Commissaires : MM. Robin, Phillips.)

CORRESPONDANCE.

M. Ch. Ehrën'berg adresse à l'Académie la Lettre suivante :

" Berlin, le 3o «Ic-cembie 1871.

» L'dluslre Académie des Sciences de Paris, après avoir daigné uie r;u)ger parmi ses Associés étrangers, m'a dernièrement honoré du prix Cuvier pour 1869. Les difficultés de mon âge avancé m'empêchent de lui exprimer ma gratitude et mes liominages dans des termes qui soient digues d'elle. Qu'elle me permette de lui offrir mes respectueux remerciments, eu lui accusant réception du prix qui m'a été décerné (1).

» Plein de respect pour l'ineffaçable influence que l'Académie de Paris a eue, depuis des siècles, sur les sciences générales, je reconnais votre in- dulgence pour le résultat de mes études, heureux d'avoir trouvé des juges savants qui me laissent prendre une j)art dans leur haute célébrité. »

M. LE Préfet de police adresse ses remerciments à l'Académie, qui a mis à .sa disposition, pour la reconstitution île la bibliothèque de la Préfecture, détruite par l'incendie, la collection de scsMcntoiieseï. de ses Comptes rendus.

M. Hatoiv de la Goupillièke prie l'Académie de vouloir bien le com- prenare parmi les Candidats à la place laissée vacante, dans la Section de Mécanique, par le décès de M. le général Piobert.

(Renvoi à la Section de Mécanique.)

(1) hc prix Cuvier pour 1869 a été décerné à M. Ehrenbcrj^, dans la séance publique tlu II juillet 18'jo (Comptes rendus, t. LXXI, p. |38).

(4t )

GÉOMÉTRIE. Sur les droites ijui satisfont à des conditions données. Note de M. Halphen, présentée par j\I. Chasles.

« Dans une récente Communication, j'ai montré que le problème de la recherche du nombre des droites déterminées par des conditions composées d'au moins deux groupes séparés, se réduit à deux cas :

» Les droites satisfont à une condition triple et à une simple;

w Les droites satisfont à deux condisions doubles; et j'ai donné le théorème qui résout la première partie du problème.

» Je me propose ici de démontrer le théorème suivant, qui résout le second cas, et que j'ai déjà communiqué à l'Académie (i), mais avec une démonstration relative à un cas de la question et très-différente de la dé- monstration générale qui fait le sujet de cette Note :

» ThéOKÈMe. Le nombre des droites qui satisfont à deux doubles conditions est égal au produit des ordres de ces conditions, augmenté du produit de leurs classes.

n Démonstration. Soit O un point fixe dans un plan fixe P. Considérons une droite quelconque D, et, dans le plan de cette droite et du point O, la perpendiculaire menée en ce point à l'intersection des deux plans. Soit Î2 le point de rencontre de cette perpendiculaire et de la droite D. Appli- quons celte construction à toutes les droites D qui satisfont à une double condition d'ordre (x et de classe v, le point O et le plan P restant fixes. Le lieu des points ù est une surface S, dont le degré est |u, + av.

)> En effet, il est clair, tout d'abord, que les droites D qui rencontrent la perpendiculaire A élevée en O, au plan P, ont leurs points Q. sur cette droite; et, comme, par chaque point, il en passe un nombre égala v, la droite A est multiple d'ordre v de la surface S. En second lieu, si l'on mène par A un plan quelconque, on voit que les droites D qui ont leurs points ii dans ce plan, en dehors de A, sont celles qui rencontrent le rayon mené de O, dans le plan P, perpendiculaiiement au plan considéré. Ces droites forment une surface de degré u. -H v, dont l'intersection par ce plan est une courbe de ce degré, ayant le point O pour point multiple d'ordre v. Donc tout plan mené par A coupe la surface S suivant une ligne composée de de- gré /x -t- av. Tel est le degré de cette surface.

» On peut remarquer aussi que l'intersection de la surface S et du plan P se compose : i" des /x droites D situées dans ce plan ; des deux asymp-

(i) Comptes rendus, t. LXVIII, p. 142; 1869.

C. R., 1872, lef Semestre. (T. LXXIV, 1.) 6

( 42 )

totes des cercles du plan P et de centre O, multiples d'ordre v. Il en est de même des intersections de cette surface et de chacun des plans menés par A et une de ces asymptotes : elles se composent chacune de p. droites D et de deux droites multiples d'ordre v.

» On peut remarquer également que le point O est multiple d'ordre 2v sur la surface S, et que le lieu des tangentes en ce point se compose de v cônes du second ordre, passant tous par la droite A et les deux asymptotes, et chacun par une des v droites D qui passent en O.En sorte que, si l'on considère deux telles surfaces jS, S,, la ligne d'intersection L qu'elles ont en commun, outre la droite A et les deux asymptotes, a en O un point mul- tiple d'ordre vv,.

» Considérons effectivement une pareille surface S,, déterminée par la même construction opérée sur les droites D, satisfaisant à une autre double condition, d'ordre p., et de classe v,. La ligne d'intersection L est de

degré d :

^= [p. -t- 2y)(;j., + 2V,) 3vv,.

» A chaque point O de cette ligne L correspond un plan passant par la droite Oii, dont la trace sur le plan P est perpendiculaire à cette droite Où, et qui contient un couple de droites conjuguées (D, D, ).

M II est clair que, parmi ces couples de droites conjuguées, se trouve cha- cun de ceux de droites D, D, confondues, c'est-à-dire de droites satisfai- sant à la fois aux deux doubles conditions données. Comme deux droites conjuguées ont un point Q. commun, on aura le nombre des couples de droites conjuguées confondues par celui des couples de droites dont les traces sur le plan P sont confondues, diminué de celui des couples dont le point û est dans ce plan.

D Les droites D dont les points il sont sur la ligne L forment une sur- face 2, qui a pour ligne multiple d'ordre [x, chacune des [j. droites D du plan P. A chacune des vv, branches de la ligne L au point O correspond un couple de droites D, D,, passant en ce point, et une nappe de la surface 1. De plus, chacune des droites D, passant au ]ioint O, rencontre, en outre, en p., autres points la surface S,, de degré |j,, -+- avv,, avec point nuiltiple d'ordre 2v, en O. Donc, chacune des v droites D passant en O est multiple d'ordre p., + v, sur 2i ; et le point O est multiple d'ordre v(p,, -t- v, ) de cette surface.

)) De même, les droites conjuguées D, forment une surface 2, , qui a pour ligne multiple d'ordre jj. chacune des p., droites D, du plan P, et pour point nuiltiple d'ordre v, [i). -t-v) le point O.

(43)

» Nous avons vu plus haut qiie les droites D dont les traces sont sur un rayon issu de O, dans le plan P, ont leurs points il sur une courbe de de- gré p. -4- V, avec point multiple d'ordre v en O, et située dans le plan mené en O perpendiculairement à ce rayon. De même les droites D, qui rencon- trent le même rayon ont leurs points fi, sur une courbe du même plan, de degré jx, -^-v,, avec point multiple d'ordre Vj en O. Par suite, les points Q. des couples de droites conjuguées, dont les traces sont sur ce rayon, sont les intersections de ces deux courbes, autres que le point O, et leur nombre

n est

n = {ix-hv){p., -+- V,) vv,.

» Si l'on ajoute à ce nombre l'ordre de multiplicité du point O sur la surface 2, on a le degré de la ligne suivant laquelle le plan P coupe cette sur- face, en outre des p. droites D de ce plan. De même pour la surface 1,. En sorte que les degrés des deux lignes sont respectivement

« + v(/j., -H V,) et n-hv,{ix-hv).

» Soient x et j" les distances, à une origine prise sur un axe du plan P, des projections, sur cet axe, des traces de deux droites conjuguées D et D, . A chaque valeur de jc répondent les droites D de la surface 1 qui rencontrent la perpendiculaire à l'axe à cette distance x de l'origine, les [j, droites du pian étant exceptées. Leur nombre est tz 4- v (/x, -4- v, ). A chaque valeur de x répond ce nombre de valeurs de j". De même, à chaque valeur de j" répon- dent n ■+■ V, (fit. ■+■ v) valeurs de a:. Il y a donc

2«-l-v(p., -I- v,) + v,(fa,-f- v)

systèmes de valeurs x, y égales.

» Parmi ces systèmes sont compris ceux qui correspondent aux couples de droites conjuguées dont les traces sont sur la perpendiculaire à l'axe menée par O, et dont le nombre est n. Parmi ces systèmes sont compris aussi ceux qui correspondent aux couples dont les points fl sont dans le plan P. Ces points ii sont les intersections du plan P et de la courbe L, autres que les p.fx, points de croisement des jx droites D et des [x, droites D, de ce plan. Leur nombre est donc d fx[x,. Il reste donc

n + V (/x, -H V, ) -t- V, (,a -t- v) ^ 4- [x/x, =: /x/j., 4- vv,

couples de droites conjuguées confondues; ce qui démontre le théorème an- noncé. »

6..

( 44)

PHYSIQUE. 5ur les courants électriques obtenus par la flexion des métaux. Note lie M. P. Volpicelli. (Extrait.)

« La moindre flexion produite dans une longueur métallique donne lieu à un courant électrique, quand cette longueur fait partie d'un circuit conducteur fermé. C'est ce qui fut démontré pour la première fois par Pei- tier (i), et le résultat de ses expériences fut confirmé par M. A. de la Rive. Peltier fit un grand cercle avec un fil de cuivre, qu'il mit en communi- cation avec le galvanomètre à fil court, et il remarqua que, en courbant de quelque manière que ce soit le même fil, il se produisait un courant électrique, qui ne pouvait être attribué à l'influence magnétique de la terre; nous verrons cependant que, dans quelques cas, ces courants sont influencés par le magnétisme terrestre. Peltier remarqua encore que, en frottant simplement le fil de cuivre avec les doigts, ou avec un mor- ceau de drap, on produisait des courants électriques. Mais il faut ob- server que, en faisant des expériences de cette manière, l'action calorifique est la cause principale du courant, car il suffit, pour le produire, de serrer entre les doigts le fil sans aucun frottement. Quant à la direction des cou- rants, Peltier ne put pas s'en rendre compte.

» Je me suis servi d'un galvanomètre à réflexion pour continuer les recherches de M. Peltier, et il faut ajouter les faits suivants à ceux que nous avons déjà mentionnés sur le sujet qui nous occupe.

M Les courants électriques de flexion s'obtiennent non-seulement avec le cuivre, mais avec tous les métaux; seulement le cuivre, dans les mêmes circonstances, produit sur l'aiguille astatique ime plus grande dé- viation que les autres métaux. Ces cotu-ants présentent un cas assez remar- quable, celui d'une transformation toiale de la force vive en électricité; ce cas se présente pour le plomb, métal tout à fait dépourvu d'élasticité.

» a" Il n'est pas nécessaire d'employer une longueur métallique très- grande, pour produire des courants sensibles de flexion; il suffit d'une longueur d'un décimètre.

» En réunissant entre eux les rhéophores du galvanon)ètre, si courts qu'ils soient, puis en leur faisant subir la moindre flexion, on obtiendra une déviation sensible de l'aiguille. 11 en résulte que, dans les expériences faites avec cet instrument, les rhéophores ne doivent être soumis à aucune

(i) De la Rive, Trnitc d'rlcctricité, t. II, |). 573; Paris, i856. Dacuin, Traite de PhysifjHc, t. III, p. 294; Paris, 1861. L'Institut, vol. III, année i835, p. 218.

(45) flexion. Cette précaution, qui n'a pas encore été recommandée, est abso- lument nécessaire pour l'exactitude des résultats.

» Les courants de flexion ne dépendent pas sensiblement du dévelop- pement de la chaleur produite par la flexion, car ces courants cessent dès que cesse la flexion. Mais si ces flexions se répétaient souvent, et à de très-courts intervalles, on verrait se manifester l'influence des courants thermo-électriques.

» Les courants de flexion sont si faibles qu'ils ne sont pas appré- ciables au moyen d'un galvanomètre à fil long et mince, et en cela ils ressemblent aux courants thermo-électriques.

» Si l'on opère la flexion en écartant l'un de l'autre les deux bouts de la longueur métallique, on obtient un courant dirigé en sens contraire de celui que l'on obtient en rapprochant les deux mêmes bouts. Ces courants de direction opposée sont égaux eu intensité, et j'appelle courant d'ouver- ture le premier, et courant de fermeture le second.

» En retournant les bouts de la longueur métallique, mais non pas les rhéophores, la direction du courant de flexion ne change pas dans le galvanomètre. En outre, en altérant beaucoup l'agrégation moléculaire, dans une partie seulement de la longueur métallique, la direction du cou- rant n'est pas changée, bien que l'on renverse les extrémités de cette même longueur. Pareillement, une longueur métallique avec de nombreux plis en zigzag, dont quelques-uns seulement ont été battus au marteau, fournit toujours un courant de la même direction, quoiqu'on renverse les extré- mités de cette même longueur, c'est-à-dire que cette direction, indépen- damment du renversement ci-dessus indiqué, est dans un sens quand on écarte les extrémités, et en sens contraire quand on les rapproche. En outre, une longueur composée de métaux différents soudés entre eux donne un courant de flexion dans le même sens, même si l'on en renverse les ex- trémités. Ces faits démontrent que la direction des courants de flexion ne dépend pas d'une manière sensible de l'homogénéité différente de la même longueur métallique.

» A ce propos, je ferai observer que j'ai obtenu des courants thermo- électriques de l'eau et du mercure, dans un cylindre de verre fermé et chauffé au milieu par une flamme d'alcool. Dans ce cas même, si l'on ren- verse les bouts du cylindre, le courant conserve la même direction.

» 8" Si la flexion, dans une longueur métallique quelconque, s'exécute de telle façon que les rhéophores, à l'extrémité desquels cette longueur est fixée, tournent dans un plan horizontal, il se produit un courant qui varie

(46) en intensité suivant la nature du métal, mais qui, toutes choses égales d'ailleurs, reste également intense en tous les points du même plan. Cela est aussi vrai pour les flexions d'ouverture que pour celles de fermeture, dont les deux courants correspondants sont contraires entre eux pour la direction, quelle que soit la nature de la longueur métallique. Mais si la flexion s'exécute de manière que les rhéophores tournent dans un plan vertical, alors le courant de flexion se ressent de l'influence magnétique terrestre. Dans ce second cas, le courant passe par un minimum qui est nul, tant au nord qu'au sud du méridien magnétique; ainsi l'effet à cette influence résulte d'un maximum. Le courant au contraire devient maxi- mum tant à l'est qu'à l'ouest; ainsi l'influence sus-mentionnée devient un minimum. De plus ces courants sont dirigés en sens contraires dans les deux points cardinaux diamétralement opposés est et ouest.

» Il est à remarquer que vu l'extrême sensibilité de l'aiguille astatique à réflexion, les perturbations du magnétisme terrestre doivent devenir très- sensibles sur l'aiguille même. Lorsque ce cas arrive, il est impossible de faire des recherches sur les courants de flexion dans des plans verticaux, parce que ces recherches seraient tout à fait incertaines.

» Un des moyens pour déterminer la direction du courant de flexion est le suivant : que l'expérimentateur se place de façon à avoir devant lui non-seulement la longueur métallique, mais encore le galvanomètre et l'échelle sur laquelle se réfléchit l'image de l'index. Supposons, en outre, que les rhéophores, qui partent du galvanomètre et qui se joignent aux ex- trémités de la longueur métallique, ne présentent pas d'intersection. Cela posé, quand les flexions se produisent dans un plan horizontal, le courant d'ouverture est dirigé dans la longueur métallique, de la gauche à la droite de l'expérimentateur, tandis que le courant de fermeture est dirigé de droite à gauche. Il faut observer que, dans le courant d'ouverture, les mo- lécules métalliques s'éloignent les uns des autres dans la concavité du métal, taudis que celles de la convexité se rapprochent, et que le contraire a lieu dans le courant de fermeture. Peut-être que la marche opposée des courants de flexion, que nous avons ici indiquée, dépend de ces altérations inverses de l'équilibre moléculaire.

» 10° Les longueurs métalliques égales entre elles, superposées les unes aux autres, engendrent un courant de flexion moins intense que celui qui est produit par une seule longueur.

o II'' Si cette longueur, réduite en zigzag avec des plis uniformes, est tirée horizontalement, en la prenant exactement dans son milieu, il ne se

( 47 ) produit aucune déviation dans l'aiguille. Si au contraire la même longueur n'a aucun pli, alors, bien que tirée horizontalement par son milieu, elle pro- duit une déviation sensible sur l'aiguille. Ceci s'explique en observant que, dans le premier cas, les sinuosités de la longueur métallique doivent s'ou- vrir, et que en même temps les denx bras de la même longueur doivent se rapprocher. Ces flexions contraires produisent des courants qui, pour être opposés entre eux, doivent avoir une résultante nulle.

» 12° En augmentant ou en diminuant la vitesse dans la production des flexions, on augmente ou on diminue l'intensité du courant. Cela se vérifie, soit que la longueur métallique présente des plis, soit qu'elle n'en présente pas.

» i3° A circonstances égales, en augmentant le nombre des plis dans une longueur métallique, on diminue l'intensité du courant de flexion, de sorte que son intensité devient un maximum quand il n'y a pas de plis.

» 14° Un fil métallique tendu horizontalement entre les rhéophores produit un courant s'il est éloigné de sa position d'équilibre; mais si on le fait revenir à cette même position, il produit un courant en sens contraire. Mais, si l'on frappe ce fil métallique en le faisant vibrer rapidement, de ma- nière à lui faire rendre un son, l'aiguille ne diverge pas, car alors se pro- duisent presque en même temps des courants de directions opposées.

» iS" Nous devons conclure du paragraphe 8°, que, dans le cas la flexion de la longueur métallique se produit dans un plan vertical, alors en allant régulièrement du nord à l'est, l'intensité du courant, d'abord nulle, va en augmentant; puis, de l'est au sud, le courant va en diminuant jusqu'à devenir de nouveau nul ; du sud à l'ouest, il va toujours en aug- mentant; enfin, de l'ouest au nord, il diminue continuellement, pour s'annuler de nouveau. L'acier aimanté ne présente aucune exception à ce que nous venons d'exposer.

» 16° Lorsque la flexion se fait d'une manière quelconque dans un plan horizontal, le courant produit marche toujours, dans le galvanomètre, en sens contraire de celui qui se produit lorsque la flexion se fait dans un plan vertical, mais à l'est; il marche toujours dans le même sens que celui qui se produit dans le même plan vertical, mais à l'ouest.

» 17° Une longueur formée de différents métaux soudés entre eux pro- duit, toutes choses égales d'ailleurs, un courant de flexion moins intense de celui qui est produit par une même longueur, formée avec un seul métal, a

( 48 )

THERMOCUIMIE. Sur l'élot des corps dans les dissolutions : sels de peroxyde de fer; par M. Bebthelot.

« 1 . L'étude des doubles décompositions figurent les sels de peroxyde de fer est des plus instructives ; mais cette étude doit être précédée par celle de l'état véritable de combinaison affecté par lesdits sels, simplement dissous. On sait, en effet, quels singuliers phénomènes offrent les dissolu- tions ferriques, comment l'acétate ferrique, d'après Péan de Saint-Gilles (i), le chlorure ferrique, d'après M. Debray (2), sont décomposés par la cha- leur dans leurs dissolutions, en acide Hbre et oxyde de fer, ce dernier étant précipitable en nature par divers réactifs ; on connaît aussi les expériences de Graham sur l'oxyde de fer colloïdal (3), qui existe dans les dissolutions des sels basiques. J'ai fait quelques nouvelles expériences sur ces réactions, en m'aidant du thermomètre.

M 2. J'ai préparé d'abord du sulfate de peroxyde de fer très-pur. Cette préparation est bien connue; mais elle exige beaucoup d'attention dans la dessiccation du sel. Pour en vérifier la pureté, je prépare une liqueur ren- fermant (4) I équivalent SO*/e(66s%7) par Utre, la dissolution du sel étant opérée à froid, ce qui exige deux ou trois jours. Puis je précipite 25 centimètres cubes de cette liqueur, par un volume rigoureusement équi- valent de pota.sse; la liqueur filtrée doit être sans action sur le tournesol bleu, mais elle devient acide par l'addition de la moindre trace d'acide sulfurique. Tous les échantillons employés dans mes expériences ont été soumis à cette épreuve, à laquelle ne résistent ni un sel basique, ni un sel incomplètement débarrassé de l'acide excédant.

» L'acétate ferrique a été préparé par double décomposition, au moyeu du sulfate ferrique et de l'acétate de plomb équivalent.

» Quant à l'azotate ferrique, c'est un sel cristallisé, bien défini : celui que j'ai employé répondait d'après l'analyse à AzO^/e, 6Aq.

» 3. Examinons l'influence de l'eau et celle de la chaleur sur chacun de ces sels : on peut définir ces influences par les quantités de chaleur déga- gées lorsqu'on fait agir la potasse sur les sels dissous, à équivalents égaux.

(1) Annales de Chimie et de Physique-, Z' série, t. XLVI, p. 47-

(2) Comptes rendus, t. LXVIII, p. 91 3.

(3) Annales de Chimie et de Physique, 3' série, t. LXV, p. 177. (4)^=!Fe.

( 49) Soit d'abord le sulfate ferriqiie :

SO*/' (i"'"" = 2'") + KO (i"!"-^ = 2'").

Sel réceiîinient dissous + 10,01.

Liquour perlée à 100" ]ien(lant qiieliiiiL^s minutes, puis refroidie -1- 10, i5.

JS0'/c-(r'i''"'--=2'i') -+- Aq (8'") + 0,10.

( Celte liqueur, conservée pendant trois semaines, -4- KO (l'^i"'' = 2'"). -h <),8o-

1) Le sulfate ferrique n'éprouve donc ni décomposition notable par la dilution, ni transformation permanente par l'ébullition. » i. Mêmes conclusions pour l'azotate ferrique :

AzO«/e(i "'"'■' = 2"*) + KO (i^>'^' = 2'").

Sel récemment dissous + y «"^y

Liqueur portée à 100" pendant quelques minutes, puis refroidie -H 8,06.

» 11 ny a donc pas eu séparation permanente entre l'acide et la base(i); mais si l'on évapore la liqueur, il en est autrement, l'acide azotique distille, et il se précipite de l'oxyde de fer; ce phénomène était déjà commencé dans l'expérience ci-dessus.

^ I AzO'/t ^i"!""' = 2'") -4- Aq (10'") o,36.

( Cette liqueur, au bout de trois semaines, + KO (l'-V"' := -2}'^). . -\- 8,58.

» Ce chiffre surpasse notablement la somtiîe 7,87 -+- o,36 = 8,23, ce qui semble indiquer un commencement de décomposition, effectuée lente- ment dans la liqueur diluée.

» 5. Soit l'acétate ferrique :

C'HVèO' (i«i"'^' = 2''') -f- KO ( 1^1""- = a'").

Sel récemment préparé -i- 8,87

Le même, au bout de trois semaines + 8,76.

» Ce sel, obtenu par double décomposition, subsiste tel quel pendant sa conservation; cependant il n'est pas douteux que l'acide et la base ne soient déjà séparés en partie dans la dissolution : l'odeur acétique de la liqueur suffit pour le prouver.

Liqueur portée à 100 degrés pendant quelques minutes, puis refroidie. . -1-12,72.

i) La stabilité de l'azotate ferrique à 100 degrés a été déjà signalée par M. Scheurer- Kestner. [Jnnalcs Je C/iimic et de Physique, 3' série, t. LVII, ]). 282).

C. R., 1872, I"- Semestre. (T. LXXIV, I.) 7

( 5o)

» Ce chiffre accuse une séparation à peu près complète entre l'acide acétique et 1 oxyde de fer; car l'acide acétique pur et la potasse dégagent -f- 13,33. La présence d'un peu de sel fcrrique subsistant est d'ailleurs facile à constater, en précipitant l'oxyde ferrique par le sulfate de potasse.

)i Sous l'influence du temps, l'acide et l'oxyde tendent à se recombiner; mais cette réaction est Irès-lente, si tant est qu'elle puisse reproduire l'état primitif. En effet, j'ai trouvé, au lieu de + 8,87 :

Après trois heures -f- i?, ,'ja

Après quatre jours +12,56

Aiirès dix-huit jours +12, i3

» 3" L'acétate de fer chauffé à 100 degrés est précipité, après refroi- dissement, par le sulfate de potasse, par l'acide sidfurique, qui en séparent de l'oxyde de for, etc., selon les observations de Péan de Saint-Gilles. Voici la chaleur mise en jeu dans ces réactions, opérées à froid :

C'H'/eO' (chauffé) +SO*K(r'i'''^ = 3''') -0,16.

Cette quantité répond à peu près à la réaction de C'H*0' sur 80' K, D'où il suit que la coacjulatlon de l'oxyde de jtr qui se produit au même moment ré/'0)id à lin phénomène thermique très-faible, sinon nul: résultat fort impor- tant pour la théorie de la solidification des corps non cristallisés.

» 4" CH'/eO' (chauffé) -f-SO^H (i"i"'^ = 2''')dégage + 0,46 au momeni du mélange; cette piemière action est suivie d'une réaction plus lente qui dégage une nouvelle quantité de chaleiu', jjIus grande encore que la pre- mière, mais que la lenteur du piiénomène ne m'a pas permis de mesiuer avec exactitude. Le premier dégagement de chaleur peut être attribué à la coagulation du précipité; mais le dégagement consécutif semble traduire une condemation moléculaire qui se poursuit, car l'oxyde lavé ne relient pas la plus légère trace d'acide sidfurique. Cet oxyde ainsi lavé est devenu insoluble dans leau. Les acides étendus ne le dissolvent pas inunédiate- uient à froid, si ce n'est l'acide chlorhydrique.

» 6. Non-seulement l'acétate de fer est décomposé presque complétemeiu par l'ébullition, mais la décomposition qu'il manifeste déjà à froid s'accroît avec la proportion d'eau mise en présence, sans qu'on ait besoin d'élever la température. Seulement les effets de la dilution ne sont pas instantanés comme avec le carbonate d'ammoniaque; mais ils se manifestent seule- ment sous 1 influence du temps, connue pour l'éther acétique. L'expé- rience est tres-digne d'intérêt.

C'H'/rO'(l'T'i' 2'i') 4-A(i(to'i') o,56.

( 5i ) Cette liqueur diluée, traitée presque imniédiatemeut par la potasse,

-H KO (i"i""'= 2''') dégage.. . -1-9,7(3 au lieu de +8,87 Jiiinoiir concentive)

-+-.S0'H(l"I""'=2''') u ... -h2,4i . -4-1,36 .

» Ces nombres semblent déjà indiquer une nouvelle absorption de 0,40 environ, effectuée lentement pendant les manipulations. Mais la décomposition est bien plus manifeste au bout de trois semaines. On obtient alors, la dissolution étant demeurée limpide, pour :

KO +11,3?. au i'"' inoiiifnt, et h- 12,83 après quelques minutes;

SO*H... -+- 1,34 » <t + 3, fis et davantage, ain-ès quelques minutes.

» Les premiers de ces chiffres iiuli(pient \ine séparation presque coin- l)lète enire l'acide et l'oxyde de fer. Ils ne sont pas d'ailleurs strictement comparables aux précédents, atteuciu que l'acide sulfiirique s'unit à l'oxyde de fer dans la dissolution d'acétate récemment diluée, sans en rien séparer ; tandis qu'il coagule la presque totalité de l'oxyde de fer dans l'acétate dilué depuis trois se.'naines; l'oxyde ainsi précipité tie relient pas trace d'acide sulfurique. Il n'est pas d'ailleurs identique avec l'oxyde séparé de l'acide acétique par la chaleur, ce dernier étant plus rouge, plus contracté, moins gélatineux. Enfin l'oxyde précipité au sein de l'acétate décomposé par dilu- tion, qu'il soit séparé par l'acide sidfurique ou par la pnlasse, ne demeure pas dans son état premier; mais il éprouve une suite de transformations, de déshydratations et de condensations, traduites par des dégagements de chaleur qui se prolongent indéfiniment.

» Citons encore les expériences suivantes :

C*HYcO'(i'i""=2"i)-h Aq(2'") 1,10

+ KO, inimédiiilement après la dilution + •'^j 70.

Après trois semaines, la solution d'acétate lerriqiie est remplie par un pré- cipité gélatineux, ce qui n'était pas ai rivé dans les essais ci-dessus. » Elle dégage alors

K.O(i"i""'= 2''') -h 10,42,

chiffre qui accuse luie séparation considérable entre l'oxyde et l'acide, quoique moins complète que ci -dessus, la proportion d'eau étant moindre. « Eu résiuné, l'oxyde de fer et les acides ne sont unis que d'une manière incomplète dans les dissolutions des sels ferriques : l'eau intervient f!ai]s les équdibres qui caractérisent cet ordre de combinaisons. Son rôle décotn- posant est surtout manifeste pour les sels formés par les .icides faibles, tels

( 52 ) que l'acétate ferrique; il s'exerce en raison des proportions relatives; il est accru par l'élévation de !;i température. Ce n'est pas tout : la léaction de l'eau sur les sels ferriques n'est pas instantanée, mais progressive, précisé- ment comme la décomposition des éthers par l'eau, soit que l'oxyde de fer change d'état moléculaire en se séparant des acides, soit que sa fonction chimique véritable soit analogue à celle d'un alcool. Enfin It s effets ne sont pas toi/jours réversibles par le seul fait d'un cliaugemeul réciproque dans les conditions de température ou de proportions relatives, attendu que l'oxyde de fer, une fois séparé des acides, prend certains états moléculaires nouveaux, comparables à une condensation polyniérique, et qui le rendent incapable de régénérer les combinaisons primitives. »

CHIMIE. Sur la clécomposilion spontanée de divers bisulfites. 3*^ Note de M. C Saixt-Piekre, présentée par AI. Balard.

« L'Académie m'a fait llionueur d'accueillir l'exposé de mes recherches sur la décomposition spontanée du bisulfite de potasse [Comptes rendus, 12 mars ] 866 et iS septembre 1871). Ce sel donne, en vase clos et en solution concentrée ou étendue, un dépôt de soufre, de Tacide sulfurique et un ou plusieurs acides de la série thionique. Il était naturel de recher- cher comment se comporteraient, dans des conditions analogues, d'autres bisulfites.

» I. Jcide sulfureux. Je me suis demandé si la molécule de l'acide sulfur.^ux lui-même n'éprouverait pas une décomposition spontanée. Dans ce but, j'ai scellé (8 janvier 1868) deux tubes contenant de l'acide sulfureux anhydre liquéfié, et deux autres tubes contenant une solution très-ccu- centrée d'acide sulfureux. Ces appareils ont été chauffés plus d'un mois au bain-marie, puis abandonnés en repos. Les licjueurs se- sont cop.servées limpides et incolores jusqu'à présent; il n'y a eu ni dépôt de soufre, ni trace de décomposition. C'est donc à l'influence de la base qu'il faut attri- buer les faits que j'ai eu occasion d'observer précédemment, et les expé- riences ci après montrent que l'oxyde de plomb et la baryte se couqoorieni dans ce cas comme la potasse.

« IL Bisulfite de plomb. Le 10 février 1867, on prépare ce sel en saturant le carbonate de plomb délayé dans l'eau par le gaz sulfureux. On filtre et on conserve en tube scellé, à la température du laboratoire. Le •28 avril 1868, on ouvre plusieurs tubes dans lesrpiels on avait déjà observé depuis longtemps la formation d'un précipité blanc de sulfate de plomb.—

( 53 ) IjC liquide des tubes rapidement filtré permet de recueillir ce précipité et donne une liqueur qui est fortement acide, et précipite par le nitrate de baryte à l'état de sulfate insoluble dans l'acide nitrique. Elle contient donc de l'acide sulfurique libre. La liqueur ne précipite pas par le sulfure am- monique, elle ne contient donc pas de plomb.

» Par le sulfate de cuivre, à froid, la liqueur ne précipite pas; mais elle précipite à chaud. Or, l'acide sulfureux et les bisulfites n'ont pas donné, dans ces conditions, de précipité avec notre sulfate de cuivre. Nous rappor- tons donc la réduction du sel cuivrique à la présence d'un acide de la série thionique, peut-être l'acide hyposulfurique, mais nous n'avons eu à notre disposition que des quantités trop faibles de matière pour déterminer cet acide. Le nitrate mercureux a été réduit de mèoie.

)) Quant au précipité recueilli sur le filtre, il contient, outre le sulfate do plomb, des traces de soufre libre. En effet, mis en digestion avec du sulfure de carbone, il a donné une solution qui, évaporée sur un verre de montre^ abandonne un léger résidu jaunâtre, insoluble dans l'eau, solublo dans quelques gouttes d'acide azotique fumant et chaud. Cette dernière solution évaporée, reprise par l'eau et traitée par le nitrate de bai'yte, précipite à l'état de sulfate barytique.

» III. Biiulfile debavyle. Je me procure ce sel en saturant par l'acide sulfureux le carbonate de baryte délayé dans l'eau. La liqueur est filtrée rapidement et scellée dans des tubes, assez vite pour qu'il n'y ait que des traces à peine sensibles de sulfate de baryte formé par l'action de l'air. Les tubes sont chauffés au bain marie. Après dix ou douze heures de chauffe, le précipité blanc a augmenté; les tubes ouverts contiennent encore de l'acide sulfureux, mais ils renferment aussi de l'acide sulfurique libre. Ce dernier composé s'est donc formé en quantité supérieure à celle qui pouvait saturer la baryte. Débarrassée de l'acide sulfurique, la liqueur contient un autre corps acide de la série thionique, précipitant en noir les sels mercu- reux et le nitrate d'argent.

» IV. Les expériences ci-dessus démontrent que l'acide sulfureux chauffé en vase clos résiste dans des conditions certains bisulfites se décompo- sent. Les bisulfites donnent une quantité d'acide sulfurique supérieure à celle que peut saturer la base. Cette oxydation ayant lieu en vase clos ne peut se faire sans la production corrélative d'un corps moins oxydé que l'acide sulfureux. Nous avons obtenu ainsi des acides de la série thionique et même un dépôt de soufre. »

( 54 )

PHYSIOLOGIE. Sur la chaleur absorbée peiulaid V'uuubaùott. Note de M. A. Moitessier, présentée par M. Balard.

« Un œuf fécondé ne donne naissance à un être vivant qu'à la condition d'être maintenu, pendant un certain temps, à une température déterminée. Quel est le rôle de la chaleur pendant l'incubation? telle est la question que je me suis proposé de résoudre. Ou pouvait se demander, en effet, si la chaleur nécessaire à l'œuf pour son évolution ne disparaissait pas en partie, en se transformant; je crois avoir démontré que cette transformation s'effectue réellement; c'est du moins ce qui me paraît résulter des expé- riences que je vais décrire. Après bien des essais, je me suis provisoirement arrêté à la méthode suivante, qui permet de suivre, sans la mesurer, la marche du phénomène. Cette méthode est fondée sur la comparaison de la vitesse de refroidissement d'œufs fécondés et d'œufs non fécondés, portés à la même température initiale.

» L'appareil dont j'ai fait usage n'est autre qu'iuie petite couveuse, d'une forme particulière. Il se compose d'un vase cylindrique contenant deux à trois litres d'eau, dont la température est maintenue constante, à |i degrés environ, par nue lampe à gaz alimentée par un régulateur de M. Schlœsing. .\u milieu île la masse d'eau, se trouve un second vase rem|i!i d'air, qui renferme les œufs. Ce vase, complètement entouré d'eau, ne communique avec l'extérieur que par une tubulure destinée à recevoir lui thermomètre. Une enveloppe protège le tout contre les causes extérieures de refroidissement. Enfin, deux thermomètres, dont l'un est plongé dans l'eau de l'ètuve, l'autre dans le compartiment intérieur, complètent l'appa- reil. Ces ihermonièlres sont observés avec une lunette, et doivent être assez sensibles pour permettre l'évalnation d'un dixième de degré, La couveuse qui a servi à ces recherches contenait trois œufs, placés verticalement à côté les uns des autres; c'est dans l'espace compris entre les trois œufs qu'est placé le thermomètre intérieur.

» I.,es œufs sont introduits dans l'appareil, préalablement porté à la température convenable, et, au bout de quelques heures, les deux thermo- mètres indiquent des températures stalionnaires et identiques. On éteint alors la lampe à gaz et l'on observe, de minute eu minute, la marche descendante des deux thermomètres. L'expérience démontre, comme on devait s'y attendre, que l'eau de l'étuve se refroidit plus vite (jue l'air de la boîte intérieure; mais les résultats sont essentiellement différents,

( 55 ) selon que la couvf^iise cotilient des œufs non fécondés ou des œufs fécondés.

)' Dans le premier cas, le refroidissement des deux thermomètres suit une loi très-régulière, comme l'indiquent les deux courbes AB, AC, dont les ordonnées représentent les températures, et les abcisses les temps éva- lués en minutes.

» Si, dans le même appareil, ou substitue aux œu(s de l'expérience pré- cédente des œufs fécondés, soumis depuis quelques jours à une incubation naturelle ou artificielle, la marche du thermomètre intérieur est profondé- ment modifiée, tandis que celle du thermomètre plongé dans 1 eau de l'étuve n'a pas sensiblement changé. Les deux courbes A'B', A'C indiquent les résultats de l'expérience pour des œufs de sept jours d'incubation.

» On voit, par l'inspection seule de la figure, combien la courbe A'C diffère de la courbe AC; non-seulement elle se rapproche plus rapidement, à son origine, de celle qui correspond au thermomètre de l'étuve, mais encore elle présente, à 36 degrés, un point singulier qui la ramène brus- quement à co'incider avec la courbe AC. Les œufs fécondés se refroidissent donc plus vite, entre 4i e* 36 degrés, que les œufs non fécondés, au-dessous de cette température; les uns et les autres se comportent de la même manière.

» Cette expérience ne me paraît comporter qu'une seule interprétation: le refroidissement plus rapide des œufs fécondés suppose nécessairement qu'une partie de la chaleur qu'ils possédaient à l'origine du refroidissement il disparu, comme chaleur sensible, et cette chaleur ne peut disparaître qu'en se transformant. 11 est évident, d'ailleurs, que cette absorption de chaleur

( 56 ) par des œufs vivants doit se faire d'abord aux dépens de leur chaleur propre, et que l'air ambiant ne se refroidit qn'avoc beaucoup plus de len- teur; de sorte que, si l'on pouvait suivre avec rigueur la marche de la tem- pérature dans l'œuf lui-même, la différence d'allure des deux courbes se- rait bien plus accentuée. On voit, de plus, que l'incubation aurait vni elfet utile dans des limites comprises entre 4i et 3G degrés. Je dois dire, cepen- dant, que le point d'inflexion qui correspond, pour la courbe A'C, à la température de 36 degrés, n'a pas une position absolument fixe; il s'est dé- placé, dans mes expériences, entre 36°, 8 et 35", 2. Ce fait me paraît tenir surtout à l'époque de l'incubation, bien que je n'aie pu saisir de re- lation bien nette entre celte donnée et le déplacement du point d'in- flexion.

)' Les résultats qui j)récèdent ont été soumis à de nombreux contrôles; répétée un grand nombre de fois, à diverses époques de l'incubation, l'expé- rience a toujours conduit à des résultats analogues, et un insuccès corres- pondait toujours à la mort ou à la non-fécondation d'un ou de plusieurs œufs. De plus, si l'on tue, par un refroidissement prolongé ou par un écliauf- fement exagéré, les trois œufs qui ont fourni une courbe telle que A'C, on obtient invariablement, en les soumettant de nouveau à l'expérience, une courbe identique à AC.

» Enfin, comme dernière vérification, j'ai cru devoir recourir à la déter- mination de la chaleur spécifique des œufs morts et des œufs vivants. On voit, eu effet, d'après ce qui précède, qu'un œuf fécondé se comporte^ pen- dant qu'il se refroidit, comme s'il posséd.til une chaleur spécifique plus faible <}U8 celle d'un œuf non fécondé. Malgré les incertitudes qui doivent néces- sairement entacher des délermiuations de cette nature, je citerai les nombres suivants, obtenus par la méthode des mélanges, pour des températures comprises entre [\\ et i5 degrés, et qui paraissent confirmer les premiers résultats :

Chaleurs spccifiqMes. Observations.

ORiif non fccondr o, ^25 »

Olîiif ficoiicii; {•) joins triiicubation). . . . 0,667 Vivant a]>rès l'expi-iience.

OEuf fcconilé (10 jours tfincubation) . . . 0,700 Jlort pendant l'expcricnce.

» Les données qui précèdent ne peuvent être considérées que comme i^ualiiativcs; aussi, m'a-t-il été impossible d'en tirer aucune déduction, soit sur les quantités de chaleur absorbées, soit sur les ra|>ports de ces quantités aux diverses périodes de l'incubation. La solution du problème me parait

( 57 ) cependant abordable, et je serai beureiix si l'Académie veut bien m'auto- riser à lui communiquer les résultats de nouvelles recherches que je pour- suis en ce moment, par une méthode entièrement différente. »

CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. Recherches sur les propriétés physiologiques et les métamorphoses des cyanates dans l'organisme. Note de MM. Rabcteai: et Massul, présentée par M. Robin.

« On sait, d'après les recherches de l'un de nous(i), que les chlorates ne subissent aucune réduction dans l'organisme, que les bromates s'y réduisent difficilement, que les iodates s'y réduisent tous avec la plus grande facilité, de sorte qu'on retrouve des iodures dans les urines des per- sonnes qui ont pris ces derniers composés, ainsi que dans celles des ani- maux auxquels on les a administrés, ou dans le sang desquels on les a injectés.

» Il était intéressant de savoir ce que devenaient les cyanates dans l'économie. On pouvait se demander, d'abord, si ces composés étaient toxiques, puis s'ils se réduisaient en se transformant en cyanures, s'ils subissaient dans l'organisme la décomposition qu'ils éprouvent au contact de l'eau.

» Nos recherches, qui ont porté sur les cyanates de potasse et de soude, prouvent : que ces sels ne sont pas toxiques, comme on aurait pu le présumer; qu'ils donnent naissance dans l'économie à des carbonates alcalins.

» Quand on porte en une fois, dans l'estomac des chiens, des doses assez fortes de cyanate de potasse, 3 grammes par exemple, on constate que la santé de ces animaux continue d'être parfaite comme auparavant; de plus, leurs urines présentent bientôt une réaction fortement alcaline, elles font même effervescence avec les acides. L'injection de 2 5 centigrammes de sel, dans les veines d'un chien de petite taille, a rendu les urines de cet animal légèrement alcalines; quinze heures après l'injection, elles étaient encore presque neutres. Le cyanate de potasse, injecté dans le sang, chez les chiens, à la dose de i gramme, produit la mort ; mais ce sel ne tue pas alors, parce que c'est un composé cyanique; il agit comme sel de potassium, de la même manière que le sulfate, le chlorure, le bicarbonate de potassium,

(i) RABUTEAn, Mémoires et comptes rendus de la Société de Biologie, 1868 et 1869. C. R., 1872, i" Semejlre. (T.LXXIV, 1.) 8

(58 ) qui, injectés dans le torrent circulatoire à la dose de i gramme, produisent une mort foudroyante en arrêtant le cœur.

» Le cyanate de soude peut être injecté impunément chez un chien à la dose de i gramme, parce que les sels de sodium sont, pour ainsi dire, inot- fensifs comparativement aux sels de potassium. Les urines deviennent alors franchement alcalines.

» Les cyanates de potasse et de soude donnent, par conséquent, nais- sance dans l'organisme à des carbonates de potasse et de soude. Nous n'avons pu retrouver, dans les urines, du carbonate d'ammoniaque, qui doit se produire également dans la décomposition des cyanates. Ce résultat négatif est conforme aux recherches de l'un de nous (i), qui a reconnu que le sesqui-carbonate d'ammoniaque, pris même à la dose de 5 grammes en un jour, ne rend pas les urines alcalines, car il se transforme partiellement en chlorure d'ammoniaque dans l'estomac, et la portion de ce sel qui a été absorbée se transforme en d'autres produits (azotate, d'après Bence Jones, ou plutôt phosphate, d'après M. Rabuteau).

» Il résulte de ces recherches qu'administrer des cyanates alcalins, c'est administrer des carbonates alcalins, comme lorsqu'on prescrit des acétates, des iactates, des tartrates, etc., de potasse ou de soude.

» L'urée ingérée dans l'estomac, ou injectée dans le sang, se retrouve en nature dans les urines. D'après ces données, il est probable que le cyanate d'ammoniaque, qui est isomère avec l'urée, ne se transformerait pas en ce principe, mais en carbonate d'ammoniaque dans l'organisme.

M Nos recherches ont été faites dans le laboratoire de M. Robin, à l'École pratique de la Faculté de Médecine. »

ZOOLOGIE. Matériaux pour servir à l'histoire du Gymnèlre épée (Gym- netrus gladius C. et F.). Note de M. S. Jourdain, présentée par M. Blanchard.

« Au mois d'avril 1871, M. Durand, lieutenant des douanes à Palavas (Hérault), envoya au laboratoire de la Faculté des Sciences de Montpellier un poisson de très-grande taille, qui avait été recueilli mort sur la plage, à peu de distance du petit port ce fonctionnaire réside. Ce poisson est un Acanthoptérygieu, de la famille des Ténioïdes, appartenant à une tribu

(i) Gazette hebdomadaire, 1871, n" 46.

( 59) établie par Cuvier et Valenciennes pour les espèces à bouche pourfendue et à museau protractile. De plus, l'absence d'une véritable nageoire anale, ainsi que la présence d'un rayon unique à la ventrale, le font rentrer sans incertitude dans le genre Gymnètre, proposé jadis par Bloch et adopté par les savants auteurs de V Histoire des Poissons.

M Les Gyranètres, animaux d'une longueur considérable, au corps rela- tivement étroit et très-comprimé, appartiennent à la catégorie de ceux que les pêcheurs confondent sous la dénomination générale de Poissons ruban ou Poissons épée. Ils arrivent rarement entre les mains du zoologiste, et encore, se rompant sous le moindre effort, n'y parviennent-ils presque toujours que plus ou moins incomplets et inutiles. Des représentants du genre Gymnètre existent dans nos eaux méditerranéennes; d'autres ont été signalés de loin en loin dans les mers du Nord, mais dans l'état actuel de la science ichthyologique il est impossible de savoir il y a identité spé- cifique entre les divers spécimens étudiés par les naturalistes.

» L'individu soumis à notre examen, et qui nous a paru être \eG^mnelnts gladius (i), avait éprouvé de regrettables mutilations; nous avons cru néan- moins, en présence d'une telle pénurie de documents, fournir un appoint de quelque utilité à l'histoire de ce genre en publiant nos observations sur cette espèce rare et curieuse.

» La longueur de notre individu, dont l'extrémité caudale n'était plus intacte, était de 3™, 4o- La tête, depuis l'extrémité du museau jusqu'à l'union de l'occipital avec la première vertèbre dorsale, mesurait o'",i4. Nous avons pu compter très-exactement les rayons de la dorsale qui se trouvaient au nombre de 338. Risso, dans la même espèce, en avait ren- contré 346; Cuvier et Valenciennes en ont reconnu 34o.

» Les téguments possèdent un pigment argenté des plus brillanis, qui doit rendre ce poisson d'une admirable beauté quand il est vivant. La peau est semée de mouchetures grisâtres, chatoyantes, mentionnées déjà par Cuvier et Valenciennes.

u La bouche est presque inerme; la région palatine est dépourvue de dents, les maxillaires supérieur et inférieur seuls portent une ran.'^ée de dents si courtes et si fines qu'elles sont à peine sensibles au toucher.

» L'œsophage commençant en arrière de celte cloison fibreuse qui

(l) Gymnetrus gladius, Cuv, et Val.; Copola gladuis, Wallbaiim ; Grnmetrus longi- radiatus, Risso.

8..

(6o)

sépare la cavité viscérale du vestibule branchio-pharyngien et aussi de la loge péricardique, se continue sans ligne de démarcation visible à l'exté- rieur avec l'estomac, lequel, dans sa plus grande largeur, mesure 4 à 5 cen- timètres. Le réservoir stomacal a la forme d'un cône excessivement allongé et atténué; son étendue en longueur est considérable: elle égalait i'^,']3 dans notre exemplaire.

M Sur le côté gauche du sac stomacal, à o™,3o de la cloison diaphrag- matique, naît la portion pylorique de l'intestin grêle, qui après s'être dirigée transversalement, ne tarde pas à remonter en avant, parallèlement à l'esto- mac, puis parvenue à environ o™,i2 du diaphragme, se réfléchit de nou- veau pour constituer la portion descendante terminale du tube digestif. L'anse pylorique de l'intestin grêle est nue, mais toute la portion ascen- dante est recouverte d'une très-grande quantité de cœcums de o™,oo3 ou o'°,oo4 de diamètre, sur o™,02 ou o™,o3 de longueur. Cette portion du tube digestif, examinée à l'intérieur, montre sur toute sa surface les orifices des cœcums pyloriques, aussi rapprochés que les alvéoles d'un gâteau d'a- beilles. Un repli valvulaire très-court se rencontre à la jonction de l'esto- mac et de l'intestin pylorique. La portion terminale du canal alimentaire s'étend en ligne droite depuis l'anse terminale de l'intestin pylorique jus- qu'à l'anus, en conservant à peu près le même diamètre.

» La rate, en forme de massue, dont la grosse extrémité regarde en avant, est située à environ o™,o3 du pylore ; elle occupe la gouttière formée par l'accolement de l'estomac avec la portion descendante terminale de l'in- testin.

» Le foie, d'un beau rouge orange, est constitué par un seul lobe ova- laire, d'environ o^jiS de longueur sur o'",o5 de largeur. L'une des faces est creusée en gouttière suivant sa longueur, pour recevoir l'œsophage. Dans une scissure qui règne à o°',02 du bord gauche de la glande, on aper- çoit le canal excréteur de la glande, naissant par plusieurs branches au niveau du tiers inférieur du foie, et fournissant, après un court trajet, un canal cystique qui débouche presque immédiatement dans la grosse extré- mité d'une vésicule biliaire pyriforme à parois très-minces et lisses intérieu- rement. Le canal hépatique, qui doit prendre alors le nom de canal cholé- doque, après avoir reçu trois ou quatre conduits hépatiques, quitte le foie, longe l'intestin à cœcums pyloriques, et va s'ouvrir dans ce dernier, entre les embouchures des cœcums.

0 Le cœur se compose, comme à l'ordinaire, d'une oreillette, d'un sinus

( 6. ) précardiaque, d'un ventricule et d'une bulbe. Le ventricule a la forme d'uu tétraèdre assez régulier, dont la face supérieure, considérée comme base, est percée de deux orifices très-rapprochés : l'un, orifice auriculo-ventricu- laire, garni de deux valvules comparables aux valvules sigmoides; l'autre, orifice ventriculo-bulbaire, protégé par deux valvules telles qu'on en ren- contre chez tous les Téléostéens. L'orifice qui fait communiquer le sinus avec l'oreillette est aussi muni de replis valvulaires, dont la disposition rappelle celle de la valvule milrale du cœur de l'homme. Les parois de l'oreillette possèdent à l'intérieur des colonnes charnues de différents ordres; leur épaisseur est faible. Il n'en est pas de même du ventricule, dont les parois musculaires ont au contraire un développement considérable qui en réduit singulièrement la cavité intérieure. Sur la face interne on observe plusieurs orifices qui correspondent à deux espaces rameux, ménagés en- tre les faisceaux muscidaires qui entrent dans la composition du ventricule, et qui paraissent s'arrêter à une petite distance de la face externe de cette chambre cardiaque. Il en résulte que le ventricule, d'un tissu ferme et dense extérieurement, devient dans ses couches profondes spongieux, et s'imbibe de sang veineux au moment de la diastole ventriculaire.

» Comme dans la plupart des Téléostéens, les reins remontent fort avant dans la cavité abdominale. Les glandes, séparées d'abord à leur partie aU' térieure par les muscles branchio-vertébraux, s'étendent en arrière dans le sillon qui règne à la voûte de la cavité viscérale des deux côtés de la colonne vertébrale. Elles ne tardent pas à diminuer de volume, et se rap- prochent sur la ligne médiane elles s'accolent, de manière à se con- fondre enfin en une masse unique vers leur extrémité terminale qui est très -amincie. L'uretère, qui est unique, sort de la masse du rein à o™, 02 de son extrémité postérieure, puis, après un assez long trajet, se dilate en un réservoir vésical ellipsoïde, de o™,i2 à o'°,i4 de longueur.

» Si l'on compare les résultats de nos dissections à ceux que Cuvier et Valenciennnes ont consignés dans l'Histoire des Poissons, t. X, p. 265, on remarquera qu'il existe des différences notables en ce qui concerne les proportions des diverses parties de l'appareil urinaire. Cuvier et Va- lenciennes annoncent que les reins se prolongent en arrière aussi loin que l'estomac, tandis que, dans notre spécimen, il dépassait seulement deo",i9 l'anse pylorique. Ce caractère conviendrait mieux au Gymnètre Irait, autre espèce méditerranéenne , dont les reins, d'après les auteurs ci-dessus, se terminent avant la pointe de l'estomac. Cuvier et Valen- l'iennes attribuent au réservoir urinaire une longueur de i mètre, dimen-

(6. )

sion que nous ne retrouvons pas dans notre exemplaire, et qui, du reste, est en rapport avec la grande longueur trouvée pour la glande urinaire.

» Le Gymnèlre épée et le Gymnèlre trait demanderaient à être l'objet d'un examen comparatif rigoureux, portant sur des exemplaires en bon état de conservation. L'individu que nous avons examiné était une fe- melle. Les ovaires constituent deux sacs allongés, suspendus à la voûte de la cavité viscérale par un repli du péritoine. L'organe femelle se com- pose d'un double sac, sur les parois internes duquel se produisent les ovules, et qui se continue en diminuant de diamètre et en perdant sa couche ovigène, sous forme d'un oviducte qui va s'ouvrir dans le vesti- bule uro-génital. Toutefois, dans le Gyranètre épée, ainsi qu'on l'observe à litre exceptionnel chez les Téléostéens, les deux sacs ovariens, séparés et distincts sur une longueur de o™,33, se soudent et constituent une cavité ovarienne commune d'où naît un oviducte unique, de telle sorte que l'organe femelle se présente sous l'apparence d'un sac profondément bilobé en avant, comme on le voit dans la Carpe, et mieux encore dans le Chabot {Coltus gobio, L.). La disposition que nous signalons est tout à fait l'inverse de celle que Hyrtl [Dus uropoët. syst. {Mémoires de l'Aca- démie de Vienne) 1870, t. I, PI. LUI, fig. 9)] a rencontrée dans un autre Ténioïde, le Trac/i/^terui l'ns, espèce méditerranéenne, les sacs ovariens, confondus en avant, reprennent en arrière leur individualité. »

PALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE. Description des plantes fossiles de Ronzon [Haute-Loire). INote de M. A. -F. 3Iarion, présentée par M. Decaisne.

« La végétation du centre de la France à l'époque tongrienne n'est re- présentée, dans les calcaires marneux de Ronzon, que par les seize espèces suivantes :

Espèces de Roazon. Espèces actuelles analogues.

Equisetum ronzonense. Mari »

Sparganium stygium, Heer »

Typha latissima, A. Braun »

Podostachys Bureauana, Mari »

Myrica serratiformis, Mari Myrica sethiopica; Afrique australe.

Quercus clœna, Ung »

Celtis latior, Mari Celtis sp. ; Indes orientales.

Litssea micropliylla, Mari Litsaea dealbata; Australie.

Laurus primigenia, Ung Laurus canaricnsis; Canaries.

Bumelia minuta, Mari »

(63)-

Espèces de Ronzon, Espèces actuelles analogues.

Myrsine embeliteformis, Mari Embelia micrantha; lie de France.

Pistacia (Lentiscus) oligocenica, Mari Pistacia Lentiscus; littoral de la Méditerranée.

Mimosa Aymardi, Mari »

Echitenium cotnans, Mari »

Ronzocarpon hians, Mari »

» Les débris de ces plantes, entraînés par le vent ou balayés parles pluies, venaient s'enfouir dans les lagunes, qui déposaient les calcaires exploités de nos jours.

)) En quelques points, les eaux peu abondantes donnaient probablement naissance à de véritables marécages, les végétaux palustres se décompo- saient sur place et produisaient les couches tourbeuses que l'on observe aux Farges, à la partie moyenne de la formation. D'après une foule d'indices que nous ne pouvons développer ici, cette végétation semble avoir été gé- néralement pauvre et rabougrie, mais non pas monotone. Ce que l'on sait des mammifères de cette époque conBrme du reste les déductions de la paléontologie végétale. A l'exception du Rhinocéros (Ronzotlierium) et de VEnlelodon, ces vertébrés ne devaient pas consommer beaucoup de plantes. Les rares Paleotherium et Paloplotherium se nourissaient sans doute, comme les Rhinocéros et les Botryodons, de buissons à feuilles coriaces. L'existence des Gelocus, ruminants presque encore pachydermes, paraît liée à la pré- sence de plantes particulières, telles que les Mimosa et les Podostachys.

» Le caractère tropical des espèces de Ronzon n'est pas exceptionnel à l'époque tongrienne. L'examen des diverses flores de cet âge permet de fixer à environ 23° c. la température moyenne de la France, au début de la période miocène. Cette température correspond assez naturellement aux affinités que nous avons pu établir pour quelques-unes des plantes fossiles de la Haute-Loire. Userait sans doute très-hasardé de vouloir retracer avec détails, d'après d'aussi rares vestiges, la physionomie de la végétation con- temporaine des mammifères de Ronzon. Nous pouvons supposer cependant que les végétaux à feuilles étroites et coriaces dominaient, au moins dans le voisinage immédiat des eaux, ainsi que cela a été constaté pour les lacs an- ciens de Gargas (Vaucluse) et de Saint-Zaccharie (Var). Les espèces de jla Haute-Loire sont représentées dans les flores de ces deux localités par des formes très-analogues. Les conifères, assez rares dans les couches du midi de la France, sont encore inconnues dans les calcaires marneux des environs du Puy, qui contiennent du reste quelques espèces se rattachant aux genres européens actuels. Le Cehis lalioi\ tout en rappelant une plante asiatique,

(64)

possède des affinités certaines avec notre Celtis australis,et le Pistacia [Len- tiscits) oligocenica ne pent guère être distingué du Lentisque du littoral mé- diterranéen. L'existence de cette dernière espèce fossile constitue sans au- cun doute le fait le plus important que nous ayons constaté durant l'étude de cette florale.

)i Le faciès de la plupart des plantes de Ronzon est du reste franchement africain ou asiatique. Toutefois, le genre Podostaclijs semble se rattacher aux Centrolépidées d'Australie, représentant ainsi, à l'époque tertiaire dans l'hémisphère nord, une petite famille reléguée de nos jours dans les régions australes. Ce n'est point un fait isolé. Les Rhizocaulées, fré- quentes dans les flores crétacées et tertiaires de la Provence, ont jouer. dans l'ancienne végétation européenne, le rôle des Eriocaulées et des Restia- cées de la Nouvelle-Hollande, qu'elles rappellent par leurs caractères syn- thétiques.

>• En remontant plus loin dans le passé, les Cycadées de l'Europe juras- sique constituent de même des tribus spéciales bien distinctes des types actuels. Les Protéacées fossiles, lorsqu'elles seront mieux connues et déga- gées des espèces qu'il est plus naturel de rapporter à l'ordre des Myrica- cées, formeront peut-être un groupe représentatif de même signification, dont il est difficile de préciser dès maintenant les véritables affinités. Nous retrouvons dans la nature actuelle le souvenir de ces phénomènes anciens. Qu'il nous suffise de rappeler que de nos jours les Arlhrolaxis représentent au sud les Cryptomeria de l'autre hémisphère, que les Hêtres antarctiques constituent un groupe distinct des Fagus américains et européens, et ce- pendant congénère. Ces exemples pourraient être multipliés et nous con- duiraient naturellement à l'étude des flores insulaires comparées aux flores continentales. L'existence dans les stations alpines de plantes identiques à celles des contrées boréales nous apparaîtrait enfin comme l'effet d un phé- nomène du même ordre. Sans doute il nous serait permis alors de recher- cher, dans l'hypothèse de la communauté d'origine, la raison de ces affi- nités et de ces différences. »

GÉOLOGIE. Note sur la découverte de la Posidonia minuta dam le tria? du Gard, et sur un nouveau gisement de schistes à TValchia, dans le terrain permien de l'Avejron. Note de M. Bi.eicher, présentée par M. de Verneuil.

« Le trias du revers sud et sud-est du plateau central dans les départe- ments de l'Hérault, du Ganl et de l'Aveyron, nous l'avons plus spécia-

( 65 ) lemont éfiulié, est, d'après les géologues qui s'en sont occupés, peu riche en fossiles. C'est aux environs de Lodève seulement, qu'on a découvert des \races de Lab^rinlhodon ou Clieirollieriuin {Gehùu) (i), des articles peu re- connaissahles d'Encriues (2),et des traces de bivalves non délerminables(3).

)' Dans le G.ird, Émilien Dumas déclare (4) que les fossiles du trias sont très-rares, car il n'y a trouvé jusqu'ici, malgré des recherches très-minu- tieuses, que quelques débris de liges végétales et quelques impressions de petits bivalves.

» Depuis celte époque (5), M. le professeur Hébert met en question l'existence du trias dans le Gard, et rapporte à l'arkose iufraliasique le keu- per d'Émilien Dumas.

» Dans l'Aveyron, les recherches de MM. de Rouville, Reynès, Parran, Boisse et Magnan (G) n'ont amené que la découverte de fossiles peu ou point déterminables.

M Dans le coiu"ant de cet automne, en étudiant la zone de terrains secon- daires située entre Alais et Anduze d'une part, et les terrains anciens du plateau central de l'autre, nous avons pu constater que partout affleure le trias, composé comme l'indique E, Dumas, il est caractérisé par la pré- sence de coquilles fossiles dans les marnes jaspoïdes intercalées entre les bancs de grès. Ces fossiles sont : Posidonia minuta Bronn et Anatina de petite taille.

» La Posidonia minuta, surtout, est aussi reconnaissable que celles que nous avons maintes fois trouvé dans les grès bigarrés et les marnes irisées d'Al- sace; elle se rencontre sur toute l'épaisseur de cet étage (6o à 8o mètres), mais paraît être plus commune vers la base, immédiatement au-dessus des arkoses qui conSnent au granité. Les localités elle se trouve en abon- dance sont : entre Mialet et Saint- Jean-du-Gard , le long de l'ancienne route d'Alais; à i i kilomètre de Saint- Jean-du-Gard sur la route d'An- duze et à 3 kilomètres en aval du village de Calviac sur la route d'Auduze.

( i) Bull. Soc. géol., 2" série, t. XV, ]). 6f).

(2) Réunion cxtraord. Soc, géol. à Monlpellicr, p, i lo-i i i .

(3) Reynès, Essai de Géol. et Paléont. Avejronnaise, p. 24.

(4) E. DrMAS, Notice sur- la Carte géol. du Gard [Réun. cxt. Alais, p. 8).

(5) Bull. Soc. géol., 3= série, t. XVI, p. 907.

(6) Carte et Notice sur la géologie des environs do Saiiit-J/friijue, 1 858 (Rouville et Rev- nès). Note sur les formations secondaires des environs de Saint-Affri<iuc, i856 (P.irran). Esquisse géologique du département de l'Aveyron, 1870 (Boisse). Etude des formnlions se- condaires des bords sud-ouest du plateau central, 1869 (Mai;nan).

C. R., 1875, i-'-SemMr/c(T. LXXIV, I.) 9

( 66 ) » La position des schistes à Posiclonies nous semble d'ailleurs très-net- tement établie par la nature des terrains qui leur sont superposés; ce sont des calcaires dolomitiques scintillants en bancs assez minces, dans lesquels nous avons trouvé une Jnatina qui semble infraliasique (io-i5 mètres); puis des calcaires marneux et dolomitiques en bancs de 5 à lo mètres d'é- paisseur, avec Ostrea Inmcllosn? Diadema seriale Ae;., Lima, Pcrtcn, Turbonilla Modialn scalprum? Bivalves nombreux, sans traces d'Ammonites, ni de Bé- lemnites (i5-20 mètres). Cette série de couches fossilifères limite évidem- ment le jurassique ; nous sommes donc en droit de rattacher au trias tous les terrains sous-jacents, et l'on peut dire, qu'ici, comme en Angleterre, la Posidoiiia miniiln peut servir à caractériser tout le trias (i).

» L'identité de cet étage avec le trias d'Allemagne et d'Angleterre, déjà reconnue par beaucoup de géologues, paraît donc évidente, et nous sommes convaincus que des recherches ultérieures amèneront la découverte de nouveaux fossiles aussi caractéristiques que celui qui fait le sujet de cette Note.

» Les géologues, dont nous avons donné les noms plus haut, se sont éga- lement occupés du terrain permien des bords sud et sud-est du plateau cen- tral, et leurs recherches ont amené la découverte de la flore remarquable de Lodève et des environs de Rodez [Walchia, Eqtiisetum, Fougères). Dans l'Aveyron, nous avons étudié ce terrain, M. le professeur Co- quand, cité par le savant auteur de la Carte géologique du département, M. l'ingénieur Boisse (2), a distingué trois étages dans le permien : con- glomérats et grès siliceux, schistes bitumineux, bancs de calcaires dolomi- tiques ou siliceux, sous une épaisseur de 60 mètres environ. Suivant M. Rey- nès (3), l'épaisseur de ce teriain irait souvent jusqu'à 600 mètres, et il n'y existerait ni conglomérats ni calcaires.

» Les seuls fossiles cités par M. Boisse sont des écailles de Paiœoniscifs? des Calamités, Fougères et Voltzia? (4).

» De plus, ces divers observateurs ont admis qu'il y avait le plus sou- vent discordance entre le trias et le permien (5).

» C'est avec ces renseignements que nous avons abordé l'étude du per- mien dans le massif montagneux qui sépare Saint-Rome-du-Tarn du Viala

(i) Prodrome de Géologie, l. III, p. 564 (Vézian).

(2) Esquisse gànlogiqiw du département de V Aveyron, p. taS.

(3) Essai de Géologie et de Paléontologie Aveyronnaises, p. ?.3.

(4) Esquisse géot. Àvcyron, p. i3o.

(5) Rf.y>ks, Essni de. . ., p. 90. ' Esquisse gdol., p. i33.

( 67 :

(Aveyron). Ce terrain s'y développe avec une puissance d'au moins 25o mètres; à la base, nous avons trouvé les conglomérats et grès indiqués par M. le professeur Coquand ; ils sont traversés par des filons cuivreux déjà indiqués par M. l'ingénieur des mines Parran (i), et de plus par des filons d'une roche serpentineuse qui paraît avoir simplement rempli des fractures et qui ne dépasse pas la zone des conglomérats et des grès. Plus haut et sur le talus même du chemin qui mène à Saint-Rome-du-Tarn, près du pont qui traverse le torrent en face du hameau du Viala, les schistes noirs présentent des empreintes végétales très-nettes que nous rapportons à un Equhelum et au TFalchia piniformis. Il y existe également des traces de Fougères. Les calcaires siliceux supérieurs, qui correspondent probablement à la zone fossilifère dans laquelle notre ami M. Magnan a découvert une faune marine (a) analogue à celle du Zechstein d'Allemagne ne sont pas repré- sentés dans la coupe que nous décrivons.

» Au-dessus des schistes rouges monochromes, qui dominent les schistes à Walchia,se développent des marnes schisteuses jaspoïdes qui ont quelque analogie avec celles nous avons trouvé la Posidonia minuta dans le Gard.

» De plus, ici, couune dans quelques localités citées dans le Mémoire de M. Reynès, comme à Lodève (3), comme sur les limites de l'Aveyron et du Lot (4), il n'y a pas de discordance sensible entre le permien et le trias. La difficulté de les séparer, à cause de leur extrême analogie au point de passage, est aussi grande qu'en Alsace.

» Il semble, dès lors, permis d'établir la série concordante suivante : permien, trias, infra-lias, lias, oolite inférieure, grande ooîite [bathonien et callovien (5)] oolite moyenne (oxfordien et corallien), que l'on peut suivre de l'ouest à l'est, du Viala à Nant sur le revers oriental de Larzac, comme du sud au nord, de Lodève au pied septentrional du même plateau.

» Cette série concordante, qui se rencontre également dans le Gard, est

(i) Note sur les formations secondaires de Saint- Affriqae , p. 8. [•}.) Etude des t. secondaires, p. no,

(3) Réunion extraordinaire de la Société géologique à Montpellier, i868, p. iii, i 12 et suiv.

(4) Etude des terrains secondaires, etc. ( Magnan), fig. 4 e' 5.

(5) La présence de l'étage bathonien de d'Orbigny est définitivement établie dans l'Avey- ron elle Gard, d'après les déterminations qu'a faites récemment M. le professeur Sandbergei (de Wurzbourg) de nos fossiles marins et lacustres du Larzac.

( (i« )

traversée dans les deux départements (Gard et Aveyron) par des fractures importantes dont l'orientation diffère très-peu de celle des failles [)yré- iiéenues (nord-ouest), et de celle du système du mont Seny (Vézian) nord 35 degrés est.

» Ces fractures paraissent, d'après nos leclierches, se trouver sur le prolongement des failles qui accidentent le département de l'Hérault, ce qui démontrerait que les dislocations, qui ont imprimé à ces régions leur caractère remarquablement tourmenté, ont été peu nombreuses, et que les plus essentielles à connaître sont assez récentes, comme l'avait déjà an- noncé M. Magnan dans ses Études sur les Pyrénées et les Corbières (i). »

ZOOLOGIE. Sur un ciàne crEquidé des tourbières de la Somme. Note de M. A. Sanson, présentée par M. de Quatrefages.

« Il m'a été permis d'étudier récemment, dans les galeries du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, un crâne d'Équidé donné par M. Boucher de Perthes, comme échantillon des ossements des tourbières de la Somme, que l'on fait remonter à l'âge de la pierre polie. Ce crâne, accompagné de deux autres, de Bos et de suidé, est ainsi que ces derniers d'une coloration brune, due à son séjour au milieu de la tourbe. Bien que le maxillaire y manque et que quelques parties des os de la face soient brisées, telles que les pointes des sus-naseaux, le bord supérieur du sus-nasal gauche et le bord correspondant du frontal ; bien que l'os du rocher soit absent â droite, la pièce est d'ailleurs assez conservée pour qu'il m'ait été cependant possible d'en déterminer l'espèce de façon à ne laisser place pour aucun doute. Le résultat auquel je suis arrivé a assez d'intérêt, je crois, pour mériter d'être comnuuiiqué à l'Académie. Il fournira, sur l'histoire des migrations des populations humaines de l'Orient vers l'Occident, un document comme il y en a peu de plus précis et de plus démonstratifs.

» Le crâne dont il s'agit porte une étiquette écrite de la main même de Boucher de Perthes et que je copie textuellement : « Cheval. 2480. » Sépullnres celtiques. Os des tourbières de la Somme j)lacés avec les silex » taillés et les poteries à 5 ou G mètres au-dessous du niveau de la rivière. » Àbbeville, i833. Niveau pris dans la plus (jrnnde hauteur. 4 à 5 mé- 1) très niveau moyen. » L'étiquette est fautive en ce .sens que ce crâne n'est point celui d'un cheval, mais bien celui d'un âne, ainsi qu'on va le

;i ) Bulletin (le la Société géolof^iqnc, w" sério, l, XXV, p. loi).

( ^9 ) clémonlrcr par l'exanien de ses caractères crâniornétriques t;t crâiiiolo- gicjiies. Je place en regard de ses dimensions caractéristiques celles du moins volumineux de tous les crânes de cheval de ma collection, jjour la comparaison :

Crâne Ciùne

des tourbières de cheval

de la Somme. orienlal. m m

Diamètre cérébral longitudinal o, i lo 0,100

Diamètre cérébral transversal o ,o(yi 0,110

Distance entre les extrémités des crêtes frontales 0,080 0,110

Distance entre les orbites o ,1^1 o, i55

Largeur de l'apophyse orbitaire du frontal o,o33 o,025

Largeur de l'arcade zygoraatique 0,022 0,026

Largeur du pont temporal , o,o38 o,o48

Diamètre longitudinal de l'occipital . . 0,028 0,048

Longueur de la protubérance occipitale (approximativement

pour le crâne des tourbières) o,o5o 0,060

Distance du trou occipital à la protubérance OjoS^ o,o5()

Distance du trou occipital à l'angle vidien (base du crâne).. o,ocj3 o,l34

Largeur du sphénoïde, corps et ailes o ,o65 0,075

Largeur extérieure aux ponts tempor.iux o, 180 o, 198

Diamètre vertical de l'orbite o>o44 0,062

Diamètre horizontal de l'orbite o,o5o o,o54

Distance de l'orbite à l'angle inférieur externe du zygoma-

tique o , 046 o ; o49

Distance de l'orbite à l'angle naso-maxillaire du lacrymal... o,o33 o,oj5 Largeur du lacrymal, de l'angle naso-maxillaire à l'angle

zygomatique 0,022 o,o3l

Distance de l'angle interne du zygomatique à sa crête o.o38 o,o45

Largeur du sus-nasal au niveau de l'angle du lacrymal o,o53 o,o55

Éi)aisseur de la face au niveau des crêtes zygomatiques o, 167 "^j "79

Épaisseur de la face au niveau des trous sus-maxillaires. . . . o.,o65 0,062 Distance de la suture nasale du grand sns-maxillaire à sou

épine zygomatique 0,081 o,o85

Longueur du sus-nasal ? 0,275

Longueur totale de la face o,33o o,4io

Longueur de l'espace interdentaire 0,073 ^>099

Distance du bord guttural du palatin à l'arcade incisive . . . 0,200 0,377

Longueur de la rangée molaire o, i5i o, 170

Distance extérieure entre les dernières molaires de chaque

rangée o , 1 00 o , 1 06

Distance extérieure entre les premières molaires 0,072 0,076

Longueur de la corde de Tare incisif 0,046 0,062

Indice céphalique i ig,â6 go.

( 70 )

» On voit que toutes ces dimensions sont différentes. Il en est nécessai- rement de même poin- les formes qu'elles impliquent. Ces formes, dans le cràiie des tourbières, ne sont celles d'aucune des espèces chevalines du genre Equus, telles qu'elles nous sont connues dans l'ancien continent. En examinant de plus près ces formes, on constate que le frontal est courbé longitudinalement entre ses crêtes ou dans sa partie cérébrale, suivant une b'gne dont la courbure se continue régulièrement par celle de la voûte pa- riétale, donnant au trou occipital une situation très-oblique par rapport au plan delà face; que ce même frontal est concave au niveau de la suture fronto- nasale ou racine du nez, commence uu sillon profond qui se prolonge entre les deux sus-naseaux fortement cintrés jusqu'à leur pointe; que ses apophyses orbitaires, relevées presque horizontalement et hérissées de rugo- sités, s'unissent aux arcades zygomatiques correspondantes en formant avec elles des angles aigus. Ces dispositions, et en particulier celle de l'acade sur- cilière, sont absolument propres aux espèces asines du genre Equus; elles ne se rencontrent chez aucune autre; toute seule, la dernière permettrait d'établir leur caractéristique. Enfin joignons-y le grand développement du conduit auditif externe, relativement au volume absolu du temporal dont il fait partie.

» Les divers caractères ainsi décrits ne laissent de place à aucune hési- tation. Le crâne qu'ils définissent est celui d'un âne et non point celui d'un cheval, comme l'avait cru Boucher de Perthes, qui l'a découvert dans les tourbières de la Somme et donné au Muséum. Sans entreprendre ici une coii.iparaison détaillée, il suffit maintenant de prendre en considération son indice céphalique pour conclui'e que son espèce est celle de l'âne d'Afrique [E. A. africanus). En effet, l'indice céphalique de son congénère d'Europe [E. A. eurnpœus) est <S6.36. Celui-ci est brachycéphale, tandis que l'autre est dolichocéphale (indice : i ig.SGj, ainsi que je l'ai établi dans une Note précédente.

» Comme il y a apparence que cet âne d'Afrique n'est point venu tout seul de sa contrée natale, c'est-à-dire du bassin du Nil, jusqu'au nord-ouest de l'Europe, dans le bassin de la Somme, il paraît évident qu'il a y être amené à une époque antérieure à la formation des tourbières au fond des- quelles il a été trouvé. Et il y a d'autant moins lieu d'insister sur la vérité d'une telle conclusion que personne, parmi les zoologistes, ne met en doute l'origine orientale de l'espèce animale dont il s'agit. L'identité de la pièce ostéologique décrite étant reconnue, cette conclusion s'impose avec une

f 71 )

netteté impossible à contester. Une plus ample démonstration était néces- saire seulement pour ceux qui admettent avec moi deux espèces asines dans le genre Eqwis. »

PHYSIQUE. Explication de l' apparition d'anneaux noffrant point la décomposition chromatique^ pendant les. ascensions aérostatiques; par M. W. DE FoNviFXLE. (Extrait.)

(Renvoi à la Commission précédemment nommée.)

« Surtout lorsqu'ils viennent d'être fraîchement vernis, les aérostats jouissent de la propriété de réfléchir les rayons du Soleil, de la même ma- nière que le ferait un miroir sphérique de même dimension. Quoique l'in- tensité de la réflexion soit moindre, elle est suffisante pour que ses effets deviennent visibles dans plusieurs circonstances. Si le Soleil est au-dessus du plan horizontal dans lequel flottent les voyageurs aériens, et s'ils ont au-dessus de leur tête des vapeurs légères discontinues, qui n'interceptent point la lumière solaire, ils peuvent voir le ballon au centre d'un anneau blanchâtre, qui l'accompagne pendant des heures entières, et qui devient de phis en plus elliptique à mesure que le Soleil s'approche de l'horizon. Si le Soleil est au-dessous du plan horizontal dans lequel vogue l'aérostat, la réflexion peut avoir lieu sur l'hémisphère inférieur, et l'anneau vient se peindre sur la face supérieure de nuages flottant au nadir, cachant la vue de la Terre.

» L'auteur entre dans le détail d'observations qu'il a faites. Il propose d'employer, pour la recherche des phénomènes analogues, les procédés recommandés pour l'observation des halos solaires. Il insiste sur l'impor- tance de ces jeux de lumière, qui confirment les théories de Bravais et autres physiciens sur la production des halos et autres phénomènes analo- gues, par la réflexion à la siu-face d'aiguilles de glace suspendues dans l'at- mosphère. »

M. DE BizEAK écrit d'Entre-MonIs, près Binche (Belgique), qu'il a con- staté, le 8 décembre dernier, dans cette localité, à 7 heures et demie du matin, une température de 21°, 5 C. au-dessous de zéro. A g heures, par un beau soleil, la température, à i'ombre, était de ao" ; à midi, de 16°.

Cette Lettre sera soumise à l'examen de M. Ch. Sainte-Claire Deville.

{ 1^ )

M. Pir.F,o\ adresse une nouvelle Lettre concernant la peste bovine Celte Lettre sera sou m is(> à l'examen do M. Bouley.

%l. MoAT adresse une Note relative à la qnadralure du cercle.

On fera savoir à l'Auteur que, en vertu d'une décision déjà ancienne, les Communications sur ce sujet sont considérées comme non avenues.

La séance est levée à 6 heures. É. D. B.

BIIM.F.TIN BIBI.IOr.RAPHIQITE.

L'Académie a reçu, dans la séance du 2 janvier 1872, les oiivra.t;es dont les titres suivent :

annuaire pour l'an 1872, publii' pnr le Bureau des [,oiic/ilu<{es. Paris, 1872; in-i2.

Animh's. de la Société Académique de Nantes et du département de la î.oire- Inférieure, i"' et 1" semestres 1870; 1871, i" semestre. Nantes, 1870-1871; 3'br. in-8°.

Matériaux pour servir à la paléo)Uolo(jie du terrain tertiaire du Piémont; pai le Comm. EuG. Sismonda. Seconde Partie : Protozoaires et Célentérés. Turin, 1871; in-4° (Extrait des Mémoires de rjeadémie royale des Sciences de Turin, t. XXV).

Memorie délia Reale Aecademia délie Scienze di Torino ; série seconda, tomi XXV-XXVL Torino, MDCCCLXXi; 2 vol. in-4°.

Studi sopra ijli strumenti macjnetiei del P. Carlo Braun. Roma, 1871; br. in-8° [Estratto d(d Bullettino Meteorotogico dell' Osserualorio de Colhr/io Bomano.

Atti délia R. Aecademia délie Scienze di T<nin<); vol. \'I, disp. r à 7 (noveudire 1870, Luglio 1871); in-8".

( 7^ )

Gli oixjani luminusi et la luce délie pennalule. Memovia di Paolo Panceki Napoli; 1871, 111-4". (Présenté par M. Milne Edwards.)

Botlettino Meteorologico ed Aslionomico del Regio Osseivnlorio dell' Vniver- sita di Torino. Anno v, 1871; in-4° oblong.

Reale Accademin dellc Scienze di Torino Reç/io Osservatorio. Atlante di carie celesti, etc. Tov'mo, 1871; in-f" oblong.

ERRATA.

(Séance du 26 décembre 1871.) Page i4^4' ligne 18, nu lieu de : des couples, lisez : du couple.

C R., 1873, 1" Semestre, (T. L)tX.lV, N" 1.) 'O

( 74 ) Obsebvatio\s météorologiques faites a i/Observatoire de Paris. DÉr.. 1871,

^^^^^

^^BVV

TIlEIlMOMIiTIlES ANXIKNS.

THERMOMÈTRES NOUVEAUX.

TEMPÉRATIRE MOYEXSE

TEMPÉR.\TI T,r. MOVENSE

U -

3

û

;

é

-S

a

5

ca ^

s E 0

s

r-

Salit; ui^ridie

inc.

c c

1

s

Tyrrasse du jardin.

de l'air

a

du sol

S t. SI

i «

es

< =

ë i T. t.

C 2 (rt 3

M

r*

i- .£.

c: 0

II

C

c

i 1

B

ca B 'S 1

0, 4,

a

a

O-.in.

à

1

750,2

0

>,3

0 0

2,3 1,8

u 1 0

0,6 i 2,1

0

1,3

1 ,10

0

0,20

0

2,56

08 -5

0

0,4

4,18

83

l ,0

2

763,3

-2,6

-0,1 -i,/i

-3,5

.,6

-1,0

-2,92

-3,o5

0,88

>,84| 3,79

8,3

3,38

88

■>

0,0

3

757,2

-5,0

2,1 [-1,5

-6,3

! 2,2

-2,2

-0,12

-0,35

0,52

1,28 3,19

3,2

3,69

79

"

OjO

/•

757,5

"' , *

2,0 0,5

-,5

3,9 i

1,2

-1,28

-1,27

1,11

1,67

3,14

5.4

3,94

88

•>

0,0

5

762,7

-3,8

-0,6 -2,2

-3,9

2,1

-0,9

-2,68

-2,65

0,56

1,28

2,96

3,0

3,36

88

«

0,0

6

757,6

-3,8

2,4 -0,7

-4,4

3,7

-0,3

0, 10

0,00

o,5i

,.4

2,82

2,5

4,08

85

»

0,0

7

760,1

-4,4

-2,1 -3,3

-5,0

-2,2

-3,6

-4,55

-4,70

0,40

1,04

2,65

0,5

2,74

84

n

0,5

8

768,1

-.2,8

-8,1 -.0,5

-i3,o

-4,9

-9,0

-12,80

-12,65

0,16

0,84

2,55

2,9

>)

»

»

1,5

9

767,5

-21,5

10,0 -i5,8

-21,3

-10,7

-16,0

-i5,o5

-i-,,i8

-0,23

0,64

2,37

4,0

»

»

•■

0,0

10

7G4,S

-7,6

-1,1 ,-4,4

-11,2

-.,3

-6,2

-2,85

-2,62

0, i5

0,60 2,17

1,3

3,06

95

»

0,0

1 1

768,2

-3,5

1

1,2 -1,7

-3,7

0,6

-1,6

-1,18

-2,10

0,32

0,72

2,l5

0,5

4,04

95

0,0

12

770.7

-2,3

0,3

-1,0

-3,5

-0,8

-2,2

-2,'|2

»

0,35

0,84

2,l5

1,0

3,97

97

')

",0

i3

770,1

-3,7

3,0

0,2

-3,1

2,6

-0,2

-0,32

1)

0,39

0,99

2,23

',2

4,57

96

"

5,5

"4

767,8

-2,3

4,8

1,3

-2,5

5,0

1,2

2,0J

H

0,90

1,22

2,26

1,3

5,33

93

»

0,0

li

765,3

2,"

5,0

3,6

1,5

4,9

3,2

2,75

n

',69

1,67

2,36

0,5

5,55

95

»

0,0

i6

766,2

■,9

4,2

3,1

0,8

4,4

2,6

2,20

)}

2,12

2,16

2,67

0,1

5,54

96

I)

0,0

>7

766,7

-0,5

.,3

0,4

-0,9

1,2

0,1

-1,23

"

■,74

2,07

2,80

','

4,3.

94

n

0,5

i8

76/1,8

-1,6

(■)

-I,2U

-2,1

(I)

-.,2('

-',■7

»

',49

[.,83

2,76

0,5

4,26

92

"

.1,5

'9

760,8

-0,9

(0

1,9''

-0,6

(0

2,lC'

-1,17

-2,00

2,01

2, i5

2,84

0,7

4,70

87

it

10,.',

20

759 > 3

3,4

7,8

5,6

3,2

8,0

5,6

5,90

5,08

4,22

3,90

3,56

.,8

5,63

78

a

16,0

21

7^9,0

•*.9

6,5

4,7

2,5

8,7

5,6

3,35

2,87

3,5o

1 3,87

4, '7

4,4

5,36

85

«

7,0

22

7'i9.9

2,1

5,0

3,5

* j7

5,0

3,3

3,65

3,52

3,46

3,65

4, .6

',2

4,3-',

»

1,5

23

758, C

-0,3

2,7

1,2

-0,5

3,5

1,5

o,oS

-0,17

2,42

2,98 4,00

2,1

4,18

87

»

0,0

^4

763,1

-1,8

-0,9

- ,4

-2,6

-'■9

-2,3

-2,So

-3,85

1,72

2,29 3,53

0,7

3,72

96

»

0,0

2J

760,5

-2,7

1,4 -0,6

-3,3

1 '.2 -1,1

-o,Go

-0,98

1,59

2,03

3,17

0,6

4,48

98

»

8,0

26

755,5

-0,8

3,6

■,4

-1,2

3,8

1,3

0,85

.,

2,21

2 , 49

3,23

0,9

4,90

96

»

3,0

27

752 , '1

-0,2

5,0

2,4

-0,8

5,0

2,1

3,0 5

»

2,96

2,95

3/4.

',7

5,61

92

»

0,0

28

748,5

3,3

7, fi

5.4

0,5

9,0

4,7

4,00

1,52

3,96

4,06

4,.i

2,4

5,3i

81

»

0,0

29

746,0

0,9

6,2

3,5

0,3

6,6

3,4

2,4s

2,05

2,97

3,57

4,>2

0,5

4,87

84

»

0,0

3o

7^9 >i

-",7

2,7

0,5

-2,3

2,4

0,0

1 ,20

»

2,81

2.98

3,89

'.7

5,02

95

»

0,0

3i

760,5 760,7

0,3

7, *

3,7

-0,2

8,6

4,2

2,75

1,52

3,08

3,55

4, .3

5,2

5,'l9

87

9,"

Moy,

-'^>'

2,1

0,0

->,8

2,6 -0,1

-0,49

»

',69

2,11

3,14

2,0

4,49

89,0

»

î ,2

(1) Températare asceiidanle pcndar

t tout le jour.

(3) .Moyenne des observatiuns do u

inull, a b. M., 9 11. S.

-

^^ii_

'( 75 ) Observations siktkoroi.ogiques faites a l'Observatoire de Paris. Dé«;. 1871.

MIGSÉTISME lEKl'.liSTP.E-

l i

Obserralion de '} lieures du uiatin.

l'LL-lE.

VENTS.

1

--i

■"

-^ -^

"^ "^

' ~. '

=:

"^

0 -1

REMU'.VfCS.

à

3

.2

2

3 *3

UirecUon

et

lorce

0

Si)

sr.

7.

i

I

i7-37i9

S5!/i2;77|,5'|2H

mm

2,5

UlUl 3,2

»

N assez fort.

N

0,7

Neige et pluie, brumes.

-2

38,9

/|/|,o 4,5Co'|

1)

..

..

NNE faible.

»

0,0

Gelée blanche, brumes.

3

37,4

/,',, 04,5899

1>

»

»

Variai), faible.

»

0.9

Krumes. i

4

37, j

44,2 4,5o63

»

»

»

NO faible.

N

0,6

Neige.

5

37, S

44,9 4,53io

OjO

0,0

»

ONO faible.

N

0,4

Brumes. '

G

37,,

',3,7 -1,5674

0,0

0,0

»

ONO faible.

NO

0,8

Brumes, pluie fine.

7

36,6

'l4, 2 4,5662

Ow

0,7

»

variable fort.

NNO

0,9

Neige. I.e matin du S on cons-

S

37,0

46,5 4,5655

p

•j

»

N faible.

»

0,3

tate 16'= de neige. |

9

36,6

45,9 4,5646

»

»

»

NE faible.

JVNE

0,5

Brume épaisse.

10

37,3

45,84,5592

1*

•;'

»

NE faible.

N

1,0

Neige.

1 1

4o,5

45, 8^4, 5638

"

»

»

ONO trèsfaib.

»

1 ,0

Brouillard épais. 1

1 2

37,3

43, -'1 '4,5480

•»

"

n

S faible.

»

1 ,0

id. 1

i3

37,9

45,2 4,5633

»

..

SSE faible.

»

1 ,0

Brouillard.

l'i

37,3

45,2|4,5373

»

»

J)

0 faible.

0

1,0

Brouillard, pluie très-fine.

i5

'|>/|

4i>4 4,3288

0

p

»

0 faible.

»

1,0

Pluie.

i()

38,1

44.34,5554

7/l('

9,iC

..

OSO faible.

»

1,0

Brouillard très-intense. i

'7

/|.,8

46,3 4,5386

»

»

»

OSO faible.

ESE

0,8

M. 1

i8

38,3

45,8 4,5o.'|9

»

■■■

»

SSO faible.

.>

1 ,0

Brumes. i

"J

38,0

46,0^4,5285

9

0

»

SO fort.

»

1,0

Pluie. \

2U

'|0,7

44,8,4,5361

3,1 (=

■M'

"

SSO violent.

SO

0,0

Pluie à 5 heures du soir. |

21

37,'.

45,3j4,545S

2,5

3,5

«

OSO modéré.

ONO

0,4

Nuajïcs.

22

35, C

45,4 4>53S8

»

■'

»

NE as. faible.

ENE

1 ,0

Id.

23

34. S

45,6 4,5225

»

»

»

N faible.

N

0,6

Id.

2/,

35,0

44,4 4,54^2

»

..

"

S faible.

«

1,0

Kroiiillard. i

25

37,3

44,6,4,5335

0,0

0,^.

»

SSO faible.

»

1 ,0

Pînie tine dans la nuit.

2fi

36,0

43,S4,537fi

0,0

0,0

»

SSO faible.

«

0,7

Kiuino, g

27

37.7

43,8^4,5226

"

»

»

SO modéré.

SO

0,7

Brumes. \

28

36,5

43,

'1 4,5368

0,0

0,0

»

S modéré.

SSO

0.7

Celée blanche. '

■J9

38,;:

45,2 4,5357

»

»

a

var. faible.

..

0,6

Fortes oscillations à la l)oussole.

3o

/io,;

43,5 4,576c

"

"

'>

SO modéré.

»

1,0

Brouillanl, pliiv^. dans la niiil.

3i

39,-

43,3 4,5i7'

4,8

4,3

"

ONO faible.

OÏNO

0,3

Nuageux, beau le soii-.

j

Moy

'7-37, S

1 ;

)'65.44,7 4,545-

21,0

2Ô,0

»

o,7f

(■)

"*arlie supérieure du tûtiment Ue rObservaloire.

(-')

Si'ige fondue les jnurs précédents. (3} Ileslc de neifre et de glace proT

enant des j

lur» preoedenis

( 76 )

Observatio.vs météorologiques faites a l'Observatoire pe Paris. Décembre uS'y i .

Résumé des observations résulières.

Les moyennes comprises dans la dernière colonnnc du tableau sont déduites des obseï - vations de 9 heures du matin, midi, 9 heures du soir et minuit, sauf le cas d'indications spéciales. Les autres colonnes renferment les moyennes mensuelles des observations faites aux heures indiquées en tète des colonnes.

S*»»!. ifliM. Midi. lit S. G'" S. 'J>> S. Minuii. M.«

mm Dim uim mm mm mm mm lout

baromèlre réduit ii u" 760,37 760,50 760,72 760, /|8 760,51 760, 8'| 760,95 76o,7.'>

Pression de l'air sec 736, 11 756,i.'| 7J5,9'i 755,7a 756,07 756, /|5 706,53 75G,'>6

Température moyen ne des maxinia cl minima de la salle méridienne o,ii

> ■■ du jai'din u, 1

o .0 00 o o

Tlierniomètre h mercure (salle méridienne) i,-2o —0,92 o,6H i,i5 o,3i 0,00 o,/|5 —0,19

» (jardin), « i,3.'i o,S0 o,S'5 i,i3 o, i3 0, i5 0,58 0,19

Thermomètre h alcool incolore (jardin). . 1,37 0,77 1,00 n,^.'! 0,12 —0,24 o,fio o,i5

Thermomètre électrique (i3"', 7) 1,68 i,i3 o,52 o,85 0,02 o,5o —0,87 Oj.fo

» (33"*,o) » » 11 i' >i » 1) »

Thermomètre noir dans le vide, T 0,87 i,34 5, 80 2,53 —0,28 —0,55 0,91 i,/|2

Excès (T () 0,47 2,20 4)i)5 1 ,40 0,41 0,40 0,33 1 ,61

Température moyenne T' déduite des observations diurnes 9 h. M., midi, 3 li. et 6 h. S 2,35

Température moyenne (T' (') » » » ....... 2,04

Thermomètre de Leslie o,56 i,So 3,07 0,96 0,00 « " (i,4C)

Température du sol à o"", 02 i,55 i,55 1,89 1,99 1,82 1,73 1,61 i,(k)

» O^.IO 2,03 2,01 2,09 2,23 2,26 2,19 2,14 2,11

■' o"',3ù 3,i3 3,14 3,i3 3,12 3,i3 3,i5 3, 16 3,i4

Tension de la vapeur en millimètres !\,iG 4>36 4j7fi hil^^ 'li'll 'ii^'Q ^l'i^ 'ii'iO

Etat hygrométrique 011 centièmes 90,4 90,6 87,7 88,0 87,4 87,8 90,4 89,1

I t I I I lit

Inclinaison magnétique fij^-i- 44)37 4-lw' ''l4i'i9 4'i'70 4'l>74 44|57 44j58 44i59

Déclinnisnn magnétique 17"-)- 38, o3 37,93 4'?77 4ii7!i 39,53 36,65 36,48 38, si

COMPTES RENDUS

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.

SÉANCE DU LUNDI 8 JANVIER Î872.

PRÉSIDENCE DE M. FAYE.

MEilïOmES ET COî^iaïUNICATIONS

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE,

Note f/eM. Chevrecl, .s-»;- l'objet de ceux de ses Mémoires qui doivent formel- le XXXIX^ volume des Mémoires de l'Académie des Sciences.

« A la suite du Rapport de M. le Président sur l'état des impressions de l'Académie, je dois à mes Confrères de leur dire en est l'impression du XXXIX" volume de ses Mémoires, qu'elle a bien voulu mettre à ma dispo- sition par une décision du ig de septembre 1870 (i),

» A cette époque, dans l'incertitude des événements concernant le siège de Paris, et prévoyant dès lors, avec raison, que mon laboratoire des Go- belins était un des lieux les plus exposés aux obus prussiens, je demandai à l'Académie l'autorisation de commencer aussitôt l'impression de mes re- cberches sur la laine et le suinl^ commencées depuis plus d'un demi-siècle; car leur point de départ est une analyse des cheveux, par Vauquelin, à laquelle je coopérai en iSoS avec M. Cabal, qui, devenu général dans la guerre de l'indépendance de l'Amérique espagnole, fut fusillé en 181 3 par le général Morillo.

» Les recherches dont le suint est l'objet sont le complément de mes

(i) Comptes rendus, t. LXXI, p. 434'

C. R., 1872, 1" Scinestre, (T. LXXIV, 2.) 1 1

(78 ) travaux antérieurs sur les dissolvants et sur l'analyse immédiate des pro- duits de l'organisation; elles montrent comment, avec l'eau, l'alcool et l'élher quelquefois, je suis parvenu à en séparer de trente-six à quarante corps, dont plus d'(ui tiers sont nouveaux.

» Les principes immédiats de nature grasse que le lavage et le désuintage enlèvent à la laine avant la teinture et la filature diffèrent tout à fait des principes immédiats des matières grasses, appelés vulgairement Aui/i, graisses et huiles^ que présentent les tissus inférieurs des animaux.

» Un grand nombre d'acides, à l'état de sels à base de potasse, caracté- risent le suint; les uns sont volatils et presque tous odorants, comme les acides du beurre, et les autres, fixes ou peu volatils, sont de nature grasse ou solubles dans l'eau. Des composés azoto-sidfurés doivent fixer l'attention, à plusieurs égards: la propriété acide leur est-elle essentielle, ou la doivent- ils à un acide qui leur serait uni? C'est ce que je ne puis encore assurer. Enfin, il y a dans le suint du sulfate de potasse, du carbonate neutre de potasse, des phosphates de chaux, du phosphate amnioniaco-magnésien, et, chose remarquable, de l'oxalate de chaux et du silicate de potasse; enfin, beaucoup de chlorure de potassium.

» Celles de mes recherches sur le suint et la laine qui ne sont point en- core imprimées concernent l'analyse immédiate de l'extrait fixe du suint soluble dans l'eau, l'analyse de sa matière grasse et l'histoire des principes immédiats dont cette matière est formée.

» Enfin l'histoire des propriétés physiques et chimiques de la laine, en- visagée dans ses rapports avec l'industrie, et particulièrement la teinture, est complètement écrite.

» Mes recherches sur la laine et le suint composeront la première partie du XXXIX® volume des Mémoires de l' Académie ; loo pages sont imprimées.

» La deuxième partie du XXXIX* volume s'ouvre par un Mémoire intitulé : D'une erreur de raisonnement très-fréquente datis les sciences du 7-essort de la plnlosophie naturelle qui concernent le concret, expliquée par les derniers écrits de M. Chevreul. Ce Mémoire, imprimé et tiré à part, com- posé de io3 pages, a été distribué aux Membres de l'Académie avant la décision qu'elle a prise récemment de faire imprimer les Mémoires de ses Membres immédiatement après la lecture qui en aura été laite (i) :

(i) Ce Mémoire, tiré ;i part par l'auteur, a reçu le titre de « Complément des distrac- tions d'un IMenibre de l'Académie des Sciences de l'Institut de France, directeur du Muséum d'histoire naturelle, lorsque le roi de Prusse Guiliaumo 1" assiégeait Paris de 1870 à 187 i ».

( 79) parce moyen, ils parviendront au public avant le volume dont ils feront partie.

» 11 me reste à indiquer la matière des trois Mémoires qui termineront cette deuxième partie, et conséquemment le XXXIX* volume des Mé- moires de l'Académie des Sciences.

» Le premier Mémoire a pour objet àe déterminer la nature de r acidité de l'eau dans laquelle on a abandonné au contact de l'air des tendons d'élé- phant, etc., et même les débris humains des laboratoires d'anatomie.

» Le second Mémoire, presque achevé, a pour objet l'hygiène publique, et surtout celle des cités populeuses, de plus l'emploi de l'engrais humain en agriculture. Il comprend deux divisions.

PREMIERE DIVISION.

» C'est la partie théorique du Mémoire résultant de toutes mes recher- ches susceptibles d'éclairer l'hygiène, ainsi que l'emploi des engrais en agri- culture.

» Tout est présenté conformément à la méthode A POSTERIORI expérimeti- tale. Les faits, résultats de l'observation contrôlée par l'expérience, sont rat- tachés à deux principes : celui de Vaffwité capillaire et le principe de Valté- ration lente des matières organiques sous l'influence des agents pondérables de l'atmosplière et de la lumière.

» Avec l'intention formelle de prévenir tout malentendu, je m'explique, en premier lieu, sur le sens que j'attache au mot attraction moléculaire agis- sant au contact apparent : cohésion si elle réunit des molécules homogènes, et affmité si elle en réunit d'espèces différentes.

)) L'affinité, dont j'ignore absolument l'essence, produit des composés chimiques dont le caractère est de présenter une masse homogène, soit que les éléments de ces composés s'y trouvent en proportions définies, soit qu'ils s'y trouvent en proportions indéfinies, comme le sont des solutions de so- lides dans des liquides, et même des solutions de deux liquides. Ces solu- tions, après avoir été agitées, sont homogènes dans toute leur masse comme les composés définis.

» Si des chimistes hésitent à attribuer les solutions à Vajfinité, cause de la formation des combinaisons définies, à fortiori bien des chimistes sans doute hésiteront à admettre avec moi l'intervention de la même force dans une multitude d'actions moléculaires qui sont en quelque sorte en dehors de la chimie selon beaucoup de personnes, parce que les produits ne pré- sentent pas, pour la plupart du moins, le caractère de l'homogénéité dans

1 1..

( 8o) leur masse, comme le font les composés définis et les solutions après qu'elles ont été agitées.

» Je me borne à distinguer les pioduits dont je vais parler d'avec lesrom- posés homocjmes, en les rattachant à Vajjhiilé que je qualifie de capillaire, parce qu'elle est exercée principalement par les molécules superficielles d'un solide qui, après l'action, conserve sa première apparence.

» L'expression à^ajjînité capillaire n'a pour moi aucun sens scientifique quant à son essence; en m'en servant, je ne prétends pas dire ni qu'elle est l'affinité, ni affirmer qu'elle en diffère : le seul avantage de son emploi est de distinguer des produits dont la masse ne présente pas l'homogénéité des composés définis et des solutions.

1) Voici, très en raccourci, les titres généraux des produits que je rattache à Yaffinité capillaire, en commençant par ceux dont l'action semble avoir le plus d'énergie et finissant par ceux dont l'action semble en avoir le moins.

Titre I.

» Un solide plongé dans une solulion s'empare, sans perdre sa cohésion bien entendu, d'un corps qui s'y trouve à l'état liquide.

» Les étoffes teintes, les peaux tannées, etc., sont dans ce cas.

» Beaucoup de solides incolores s'unissent pareillement à des corps in- colores dissous dans des liquides incolores aussi.

« Beaucoup de composés minéraux solides se comportent de même avec des corps colorés ou incolores dissous dans des liquides.

» Tous les produits dont j'ai tracé l'histoire dans mes Mémoires sur la teinture se rattachent à ce titre, et j'ai insisté sur des cas analogues à ceux que présentent les composés définis, lorsqu'un corps en chasse un autre de sa combinaison pour en prendre la place, jait qu'on rapporte à Yafflnilé élective.

Titre II. Solides unis à des liquides qui cnnscrvent leur liriuiditc.

» Tels sont les tissus solides de l'économie animale naturellement unis à une certaine quantité d'eau; ils doivent à ce liquide les propriétés phy- siques sans lesquelles la vie serait impossible dans l'être vivant dont ils font partie.

» C'est à cette eau que le tissu jaune élastique constituant le ligament cer- vical, le tissu jaune du tissu artériel, etc., doit l'élasticité qui le caractérise.

» C'est à cette eau que les tendons doivent leur flexibilité et leur aspect satiné; que la cornée opaque de l'œil doit son aspect blanc laiteux.

( 8i )

» Mes expériences, publiées en 1821, montrent qu'aucnn liquide connu, susceptible d'être absorbé par les tissus secs, ne leur donne les propriétés qu'ils doivent à l'eau lorsqu'ils accomplissent leurs fonctions dans les ani- maux vivants.

» Mes expériences prouvent encore qu'en pressant graduellement les tissus frais entre des papiers Joseph, en les privant d'eau, on les prive de leurs propriétés caractéristiques.

» Mes expériences prouvent[aussi que l'eau chasse les liquides gras des tis- sus, tandis que l'alcool absolu, au contraire, leurenlève l'eau et les dessèche.

» C'est à ce titre que je rattache les produits formés d'un soliile réduit en poudre et d'un liquide qui forme avec le premier imcpdte plus ou moins plastique.

)) J'ai présenté à l'Académie, il y a quelques années, des produits remar- quables de cet ordre; j'ai démontré l'intérêt que les arts ont à les bien con- naître et l'utilité de cette connaissance pour la distribution de l'eau et des engrais dans le sein de la terre.

» L'Académie se rappellera peut-être que la céruse réduite en pâte avec l'eau abandonne ce liquide quand elle est en présence de l'huile de lin, en raison de sa plus grande affinité pour l'huile.

» Cette affinité élective a contribué heureusement à assainir la prépara- tion de la céruse, en permettant de mouiller la céruse pulvérulente pour en prévenir la dispersion dans l'air des ateliers, mouillure qui ne s'oppose pas à son union ultérieiu'e avec l'huile qu'on lui présente.

» Le kaolin, la terre argileuse présentent des faits inverses : les pâtes qu'ils forment avec l'huile sont défaites par le contact de l'eau, qui expulse l'huile de lin pour en prendre la place.

Titre HI. Solides et corps gnzenx.

» Ces produits étant beaucoup mieux connus que ceux qui se rattachent aux deux premiers titres, je suis dispensé d'en parler davantage ; cepen- dant il y aurait un oubli blâmable si, à cette occasion, j'omettais de rap- peler l'excellent travail de Théodore de Saussure, relatif à l'absorption des gaz par les corps poreux, notamment par les charbons, l'écume de mer et les substances filamenteuses de la nature organique.

» Enfin, j'aurai terminé la première division du second Mémoire en men- tionnant le deuxième principe qu'elle comprend avec le principe de ^affi- nité capillaire que je viens de résumer.

» Au deuxième principe se rattachent les faits d'altération que présentent en général les produits de l'organisation soumise à l'action de l'air atmo-

( 8^ ) sphérique, en même temps qu'ils reçoivent l'action de la lumière ou de la chaleur obscure.

» Mes expériences, qui ont apporté tant de modifications aux opinions qu'on s'était faites de l'action de la lumière et de la chaleur, sont trop nom- breuses , et les résultats trop variés, pour me permettre d'en résumer ici les généralités. Elles doivent leur précision à ce que le même corps a été soumis séparément à l'action de chacun des agents atmosphériques, à la lumière et à la chaleur, en même temps qu'à l'atmosphère.

» Ces expériences et leurs conclusions sont surtout utiles à connaître pour tous ceux qui s'occupent d'hygiène publique, relativement aux habi- tations des villes.

DEUXIÈME DIVISION.

»> Cette division comprend Y application des deux principes exposés dans la jiremière division comparée à une llicorie, toute à posteriori, puisque ces principes ne sont que l'expression générale de faits précis, dont les induc- tions ont été contrôlées par l'expérience.

» Cette deuxième division est coupée en deux sections :

» La première est consacrée à l'hygiène des villes ;

» La deuxième, à la production agricole envisagée principalement dans ses rapports avec l'emploi de l'engrais humain.

)) Le troisième Mémoire a pour objet Vexamen de l'Iiuile de la TORTUE marine Luth. Il est terminé par des considérations relatives à la matière qui pénètre dans un corps vivant et qu'on envisage au point de vue de l'assimilation et des excrétions.

» Messieurs et cliers Confrères, si un sentiment profond de gratitude m'a fait un devoir de vous exposer un compte rendu duXXXIX*^ volume des M<^moiVcs de l'académie des Sciences^ et si, après l'avoir exprimé aussi vivement que je l'éprouve, j'ai cru, comme une sorte de justification de ma part à l'égard de votre propre bienveillance, de vous conuuuniquer très-prochainement des résultats précis, obtenus dans les dernières journées du mois de décembre de l'aïuiée néfaste de 1871, permettez-moi d'ajouter qu'à ce sentiment de convenance, peut-être s'y en mêle-t-il un autre quelque peuintéressé.

» Depuis l'essor si inespéré qu'à pris la Météorologie dans le monde entier, d'ailleurs bien justifié par les avantages qu'on en retire déjà, notam- ment la connaissance de la marche des orages, des tempêtes, des ouragans,

( 83 ) qui permet à riiotiime la prévision déparer aux dangers qui jadis l'au- raient frappé à l'improviste, je me suis demandé si dans le monde social, il n'y aurait pas quelque avantage à considérer l'horizon nous vivons avec l'intention de voir si tout y est serein. Je puis me tromper, moi chétif, car on se trompe, même en Météorologie, mais il me semble apercevoir au loin quelques points noirs, qui me prescrivent la prévoyance. S'il n'y a pas d'erreur de ma part, si les points noirs grossissaient et devenaient menaçants, permettez-moi, Messieurs et chers Confrères, d'espérer que l'Académie voudrait bien alors donner sa protection à celui qui se dit aujourd'hui le Doyen des étudiants de France, et dont l'aspiration uniqiie est de terminer le XXXIX*^ volume de l'Académie des Sciences! »

ÉLECTno-CHlMiE. Mémoire sur les effets chimiques résultant de l'action calorifique des décharges électriques ; par M. Becqcerel. (Extrait.)

« On sait que l'électricité, en raison de l'extrême vitesse qu'elle imprime aux particules des corps qui servent à la transmettre, dans les décharges électriques, élève leur température jusqu'à l'incandescence; telle est la cause de l'étincelle électrique. Chacune de ces particules peut donc être considérée comme un foyer de chaleur dont la durée est excessivement courte, puisqu'elle est égale à celle de la décharge.

» Ces foyers de chaleur sont capables de produire tous les effets de fu- sion et de réduction que l'on peut obtenir avec les moyens dont dispose la chimie, ainsi que des combinaisons. Les expériences suivantes ne laissent aucun doute à cet égard.

» Davy a mis en évidence la grande puissance caloriBque de l'arc voltaï- que résultant de la décharge, dans le vide, entre deux cônes de charbon, de piles composées d'un très-grand nombre d'éléments à larges surfaces, puis- sance capable de fondre et même de volatiliser les substances considérées jusque-là connue réfractaires. On peut obtenir des effets semblables avec des appareils d'induction d'une force ordinaire, en y faisant concourir quel- quefois l'action calorifique de deux autres sources de chaleur, et con- centrant toute la décharge et par suite toute la chaleur qui l'accompagne à l'extrémité d'un fil de platine terminé en pointe.

» Voici le mode d'expérimentation que nous avons adopté: les deux élec- trodes de l'appareil se composent, l'électrode positive d'une petite lame de platine circulaire, légèrement concave, ayant une surface d'envion i centi- mètre et destinée a recevoir la matière soumise à l'expérience; l'électrode

( 84 )

négative, d'un fil de platine de i à 2 millimètres de diamètre et terminé en pointe, laquelle est mise en contact avec la matière. C'est à l'extrémité de cette pointe se trouve la température maximum et s'opèrent les effets de fusion et de réduction.

» Cette pointe remplace eu quelque sorte le bec du chalumeau, car elle donne écoulement à l'électricité, cause de la production de chaleur, comme le dard du chalumeau à air ou à gaz fournit les gaz combu- rants.

» On augmente la puissance calorifique : en chauffant au rouge avec la lampe d'émailleur la lame de platine formant capsule; en ajoutant à la matière du charbon en poudre très-fine, qui, en brûlant, fournit également de la chaleur; telles sont les trois sources de chaleur que nous avons employées pour produire les effets de fusion et de réduction les plus énergiques.

» Dans les effets de fusion, les parties voisines de celles en contact avec la pointe, qui seules sont fondues, étant moins échauffées que ces der- nières, s'attachent à elles, et il en résulte un petit agrégat de i à a millimè- tres de longueur d'un aspect nacré, qui ne tarde pas à se détacher de la pointe, et dans l'intérieur duquel on trouve quelquefois des cristaux ou des fragments de cristaux, quand on les broie et qu'on les examine au mi- croscope avec le prisme de Nicol.

» L'appareil d'induction nécessaire pour obtenir les effets dont il vient d'être question, doit avoir assez de force pour donner des étincelles à 2 ou 3 centimètres de distance au moins. La lumière émise par les trois sources est très-brillante et fatigue souvent la vue. Lorsqu'il s'agit de réduction, la disposition des appareils varie suivant la nature des métaux, sur les oxydes desquels on opère, c'est-à-dire selon qu'ils sont volatils, oxydables ou fusi- bles. S'agit-il d'un métal volatil, comme le mercure, on prend un tube de petit diauiètre que l'on courbe en U, au fond duquel on place le composé réduit en poussière, le cinabre (deuto-sulfure de mercure) par exemple, puis ou introduit dans chacune des branches un tîl de platine; les deux autres sont mis en communication avec l'appareil d'induction ; aussitôt que le cir- cuit est fermé, on ne tarde pas à apercevoir sur la paroi intérieure du tube, dans son contact avec le cinabre, une couche de mercure.

» La réduction des oxydes d'argent, de plomb, d'étain, de cuivre, s'ob- tient avec le tube eu U, en les mélangeant avec la poussière de charbon; quanta la réduction des oxydes de nickel, de cobalt, de chrome, de fer, etc., il faut employer la capsule de platine et les trois sources de chaleur, en

(85) mélangeant ces oxydes avec de la poussière de chnrbon de sucre: le fer est carburé; mais alors, pour empêcher que les métaux très-fusibles ne se com- binent avec le platine, on met au fond de la capsule une petite couche de poussière de charbon de sucre, qui sépare alors les deux métaux.

» Avec certaines précautions, on peut employer la capsule pour la ré- duction des métaux très-fusibles. Les métaux réduits se présentent, en géné- ral, sous la forme de globules sphériques plus ou moins gros, suivant la force de la décharge. Chaque globule se détache innnédiateraent de la pointe sans s'allier au métal, même lorsqu'il est très-fusible; cela est facile à con- cevoir: la production de la chaleur étant excessivement rapide, puisque sa durée est égale à celle de la décharge, aussitôt que la fusion est opérée, le globule se détache de la pointe, sans avoir eu le temps de se combiner avec le platine. La particule fondue prend alors la forme sphérique, qui est celle qu'affecte la matière quand elle n'est soumise qu'à l'action des forces qui lui sont propres. Toutes les particules fondues, étant indépendantes les unes des autres, ne peuvent se réunir et même se combiner avec le platine quand elles appartiennent à un métal fusible, si ce n'est lorsqu'elles sont en con- tact directement avec la surface de la capsule chauffée au rouge à la lampe d'émailleur. C'est pour ce motif que l'on met au fond de la capsule de la poussière de charbon.

» On voit que le principe sur lequel repose le procédé de réduction qui vient d'être exposé consiste à porter toute la décharge de l'appareil d'in- duction sur la plus petite partie possible de la surface delà matière, afin d'y produire le maximum de chaleur dont on puisse disposer.

» Ou obtient ainsi la fusion de la silice, de l'alumine et d'autres terres en grains arrondis, d'apparence nacrée; en les broyant, lavant par léviga- tion et examinant les fragments vitreux au microscope avec les prismes de Nicol, on trouve quelquefois des cristaux ou des fragments de cristaux doués de la double réfraction. Il est k croire que les parties fondues qui se trouvent encloisonnées, ne se refroidissant pas immédiatement, peuvent cristalliser.

)) M. Des Cloiseaux, qui a eu l'obligeance d'examiner au microscope les cristaux obtenus avec la silice, a distingué des cristaux en prismes droits, surmontés d'une pyramide pouvant se rapporter au quartz. Nous en avons observé également d'autres semblables, que nous avons rapportés au même corps.

» On a trouvé dans un grain de silice fondu, coloré en bleu par l'oxyde

C. R., 1872, I" Semestre. (T. LXXIV, IS° 2.) 12

( 86) de cobalt, un cristal ayant la forme d'un dodécaèdre à faces pentagonales; mais rien ne prouve encore d'une manière incontestable que les cristaux qu'on vient de signaler appartiennent au quartz : il pourrait se faire qu'ils appartinssent à la tridymite, que l'on obtient en fondant la silice, sous forme de tables hexagonales.

» On réussit également à fondre l'alumine sans l'intermédiaire du char- bon lorsque l'appareil d'induction a une grande puissance; on obtient alors, connue avec la silice, des grains non transparents, renfermant quel- fois dans leur intérieur des cristaux ou des fragments de cristaux doués de la double réfraction.

» En opérant avec un mélange d'alumine et de chromate de la même base, les parties transparentes sont quelquefois bleues, rouges, vertes on jaunes, suivant probablement les proportions dans lesquelles se trouvent ces deux substances, quand des particules du mélange se trouvent sons la pointe du fil de platine au moment de la décharge. En prenant pour prin- cipe colorant le fer provenant de l'oxalate, on obtient les mêmes colora- tions, ce qui expliquerait probablement pourquoi les analyses de corindon donnent soit le fer, soit le chrome, pour causes de la coloration. Tous ces produits rayent fortement le verre.

« La foudre doit donner lieu également à des effets semblables à ceux dont il vient d'être question : lorsqu'elle atteint les sommets des hautes montagnes, elle y produit des couches vitreuses quand les substances qui les conq:)Osent sont fusibles; elle transporte avec elle, quand elle frappe des bâtiments, des matières pondérables dans un grand état de ténuité. Ces matières sont composées de fer, de soufre, de charbon, etc., etc.

» Nobili a observé, sur des pierres détachées par l'effet de la foudre, une couche de sulfure de fer d'un demi-millimètre de diamètre, et même des cristaux de sulfure de fer, qui, d'après leur position, paraissaient avoir été formés dans le trajet de la foudre à travers le métal.

w Des voyageurs ont constaté l'existence de fer métaliicpic sur diverses roches. Tous ces effets proviennent d'actions de transport ou d'actions sem- blables à celles dont il a été question. Le fer, déposé à l'état métallique sur des arbres ou des roches, a été enlevé par l'électricité à des barres ou des objets en fer. Si la foudre rencontre alors, dans son trajet, du soufre ou des matières sulfiu'euses, il se forme du sulfure de fer, comme nous le montre- rons dans un prochain Mémoire, que l'électricité abandonne quand ce com- posé ne peut traverser, comme elle, les corps qu'elle rencontre.

» Doit-on considérer la production des phénomènes de fusion et de ré-

( «7 ) cliiclion dont il vient d'èlre question, particuiièrenienl les seconds, comme ayant une origine purement calorifique? Nous ne le pensons pas, car la chaleur dégagée dans les décharges électriques, quelque faible que soit la tension de l'électricité, est toujours accompagnée d'une décomposition chi- mique, avec transport d'éléments dans deux directions opposées. On est donc porté à admettre que, dans les phénomènes que nous venons d'ex])oser, il y a deux actions concomitantes: action calorifique et action électro-chi- mique. Dans lui prochain Mémoire seront exposés les résultats que nous avons déjà obtenus en continuant les recherches dont nous venons de rendre compte à l'Académie, et qui démontreront la fécondité des principes employés. «

PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. Siii' une matière sucrée apparue sur les feuilles d'an tilleul; par M. Boussingault. (Extrait.)

« Le :i\ juillet 1869, au Liebfrauenberg, les feuilles d'un tilleul étaient enduites, sur leur surface supérieure, d'une matière visqueuse extrêmement sucrée. L'arbre se trouvait atteint de la miellée ou miélat, sorte de manne que l'on observe assez fréquemment, non-seulement sur le tilleul, mais encore snr l'aulne noir, l'érable, le rosier; je l'ai vue sur lui prunier, et, cas fort rare, sur un jeune chêne.

n Le 11 juillet au matin, la miellés était assez abondante pour tomber en larges gouttes sur le sol; c'était une pluie de manne. A 3 trois heures, sur les feuilles exposées au soleil, la matière sucrée ne coulait plus, elle avait assez de consistance pour que l'on pût la toucher sans qu'elle adhérât aux doigts; elle formait une sorte de vernis transparent et flexible; à l'ombre, la miellée reprenait rapidement l'état visqueux.

» Le 2Z juillet, à 7 heures du soir, on lava et l'on épongea soigneuse- ment plusieurs feuilles de l'extrémité d'une branche attenant à l'arbre, de manière à enlever toute la matière sucrée.

» Le ■i[\ juillet, à 6 heures du matin, les feuilles lavées la veille sem- blaient exemples de miellée ; cependant, à la loupe, on apercevait des points luisants dus à de très-petites gouttelettes. Le soir, à 7 henres, l'aspect des feuilles était resté ce qu'il était le matin. La journée avait été chaude; à l'ombre, température : 29 tlegrés.

)> Le a5 juillet, de nombreuses taches de miellée étaient réparties sur les feudles; il n'y en avait pas sur les nervures principales. A 3 heures, tempé- rature : 3o degrés.

12..

(88)

» Le 2.Ç> juillet, pendant la nuit, niie forte ondée enleva une grande par- tie de la miellée formée la veille. Il devint dés lors impossible de suivre, ainsi qu'on se l'était proposé, les progrès de la sécrétion sur les feuilles la- vées le 22. Un essaim d'abeilles envahit le tilleul.

» Le 2'j juillet. totalité de la miellée avait disparu par suite d'une pluie survenue dans la soirée du 7.6. La température s'est maintenue entre 17 et 24 degrés.

» Le 28 juillet, au matin, les feuilles portaient de nombreuses taches de miellée survenues pendant la nuit.

» Le 29 juillet, la miellée avait augmenté; sur quelques feuilles, elle occupait le tiers de la surface. A 2 heures, température : 29 degrés.

» Le 3o juillet, la miellée était très-abondante ; le tilleul en est resté cou- vert jusqu'à l'arrivée des pluies persistantes, qui eut lieu au commencement de septembre.

» A deux époques : le 22 juillet et le i" août, on recueillit de la miellée en lavant des feuilles. Les dissolutions que l'on traita par le sous-acétate de plomb, pour en éliminer l'albumine, le mucilage, etc., donnèrent un sirop, dans lequel il se forma des cristaux de sucre.

» La miellée examinée renfermait du sucre analogue au sucre de canne et du sucre réducteur. Par l'intervention de la levure de bière, les deux sucres disparaissaient complètement. Néanmoins, dans la liqueur fermentée, il restait tuie substance douée d'un très-fort pouvoir rotatoire dextrogyre. C'était de la dextrine, déjà signalée par M. Berihelot dans les mannes du Sinaï et du Kurdistan, et depuis par M. Buignet dans une manne eu larmes. Je n'ai pas trouvé de mannite dans la miellée du filleid (i),

» Les observations optiques ont établi que le sucre réducteur dosé dans la manne du tilleul n'est pas du glucose dont le pouvoir rotatoire est -t- 5G degrés, mais du sucre interverti, du sucre de fruit ayant un pouvoir rotatoire de 26 degrés.

» En se limitant à considérer les substances agissant sur la lumière po- larisée, on a pour la miellée :

Reciieillio le 22 juillel, Recueillie le i" août.

Sucre lie canne 48,B6 55,44

Sucre intei'vcrii 28,59 24,'j5

Dextrine 22,55 19,81

100,00 100,00

')^

(1) ,I'ai recliorclié la niannile avec d'autant jikis d'aUenlion, (lu'iin observateur habile, M. Langlois, en a trouvé dans une matière sucrée recueillie sur les feuilles d'un tiUeid. La

( 89 ) » On voit que les rapports entre les matières dosées n'ont pas été les mêmes dans les miellées recueillies à quelques jours d'intervalle. Sans doute on ne devait pas s'attendre à trouver exactement la même composition; mais, ce qu'il y a de remarquable, c'est l'analogie de constitution entre la miellée du tilleul et la manne du mont Sinaï analysée par M. Berthelot : pour la miellée recueillie le i*"' aoiàt, il y a identité de composition.

Manne du Sinaï (i).

Sucre (le canne 55

Sucre interverti aS

Dextrine 20

100 » Il n'est peut-être pas sans intérêt d'avoir trouvé dans les Vosges la manne du mont Siuaï.

» En cherchant, par l'analyse, à comparer la quantité de miellée éten- due à la surface des feuilles malades du tilleul, à la quantité de matières sucrées contenues dans les feuilles saines, ou arrive à ce résultat :

Sucre Sucre

de caiiue. interverti. Dextrine.

er gr gr

Dans I mètre carré de feuilles saines 3,5^ 0,86 0,00 4)43

Dans la miellée recueillie sur I mètre carré de feuilles, 13,92 7,23 5,62 26,77

Différences 10, 35 6,37 5,62 22,34

M L'accumulation de la manne exsudée par les feuilles malades est donc considérable, et de plus, l'on constate dans cette exsudation une substance, la dextrine, qui n'existe pas dans les feuilles saines.

» D'après des mesures prises sur un arbre de même âge et de même port, les feuilles du tilleul malade pouvaient avoir une surface de 240 mètres carrés, soit 120 mètres carrés, puisque la manne ne recouvrait qu'un setil côté du limbe. Il en résulterait que, le 22 juillet 1869, le tilleul portait 2 à 3 kilo- grammes de miellée supposée sèche.

» Dans les conditions nonuales de la végétation, les sucres élaborés par les feuilles sous l'influence de la lumière et de la chaleur, pénètrent dans l'organisme de la plante avec la sève descendante. Dans l'état anormal, qui détermine la formation de la miellée, les matières sucrées sont accumulées

mannite est d'ailleurs si facile à leconnaître, que je n'élève aucun doute sur sa présence dans le produit étudié par M. Langlois.

(1) Berthelot, Annales de Chimie et de Physique, 3" série, t. LXVII, p. 82.

(go )

à la surface supérieure des feuilles, soit parce qu'elles sont produites en fortes quantités, soit parce que le mouvement de la sève est interrom|)u ou ralenti par la viscosité résultant de l'apparition de la dextrine.

» La miellée ne saurait être uniquement due aux influences météorolo- giques, à des étés chauds et secs; sans doute, le tilleul du Liebfrauenberg l'a sécrétée dans une année il y a eu des périodes de fortes chaleurs, ac- compagnées de grandes sécheresses; mais il ne faut pas perdre de vue qu'un seul arbre fut atteint de la maladie, et que, à peu de distance, se trouvaient des tilleuls parfaitement sains.

» On a prétendu que des pucerons, après avoir puisé la miellée dans le parenchyme, la répartissent ensuite, en la rendant à peine modifiée : c'est, contrairement aux résultats de l'analyse, lui assigner une composition sem- blable à celle du suc des feuilles.

» Enfin, on accorde à certains insectes la faculté de provoquer la pro- duction de la manne.

» Ainsi, c'est à la piqûre d'un Cocus sur les feuilles du Tamaris viaimifeia que MM. Ehrenberg et Hemprich attribuent la formation de la manne que l'on trouve encore de nos jours dans les montagnes du Sinaï :

» La manne tombe sur la lerre des régions de l'air (c'est-à-dire du sommet d'un arbris- seau et non du ciel). Les Arabes l'appellent mnri. Les Arabes indigènes et les moines grecs la recueillent pour la manger sur du pain en guise de miel. Je l'ai vu tomber do l'arbre, je l'ai recueillie, dessinée, apportée moi-même à Berlin avec la plante et les i estes de l'inseclc. Celte manne découle du Tamarix inniiiiifera (Ehrenberg). De même qu'un grand nondjre d'autres mannes, elle se j)roduit sous l'influence delà piqûre d'un insecte : c'est^ dans le cas présent, le Cocus niannipanis (H. et Elir. ) (i). »

» La manne recueillie, en 1869, au Liebfrauenberg, n'aurait pas alors la même origine que la manne du Sinaï, bien qu'elle ail la même composition. Lors de son apparition sur le tilletil, ou ne remarqua pas d'insectes. Ce fut plus tard que l'on vit quelques pucerons englués sur un cerlain nombre de feuilles. J'ai dit d'ailleurs, au commencement de ce Mémoire, qu'après avoir lavé l'extrémité d'une branche, on avait vu surgir, peu à peu, des points gluants, d'abord à peine perceptibles, aiigtnentant chaque jour, jus- qu'à recouvrir entièretncnt la face supérieure de la feuille. Cette extension lente et progressive de la miellée s'accomplissait évidemment sans le con- cours des pucerons, qui n'arrivèrent qu'ensuite, comme les mouches, comme les abeilles, pour se nourrir de la sécrétion sucrée ou pour la butiner. »

i^i) Citation de M. Berthelot, Annales de Chimie et de Plirsiquc, i' série, t. LXVII, p. 83.

(9' )

CillRURGlt;. Jiius anormal à l'aine droite. Enlérotomie iléo-cœcate ;

par M. S. Lal'GIER.

« Je viens présenter à l'Académie l'exemple d'une opération nouvelle, que j'ai imaginer et pratiquer dans des conditions insolites d'anus anor- mal inguinal. Cette repoussante infirmité, qui rend le malade un objet de dégoût pour ceux qui l'approchent et pour lui-même, avait eu son origine, comme cela arrive le plus souvent, dans une hernie étranglée et gangrenée avec perte d'une anse intestinale entière.

» Le sujet de cette observation est un jeune homme de vingt-quatre ans, employé à la Poste, bien constitué et d'une bonne santé habituelle. D'a- près le dire du malade, la hernie est survenue tout à coup. Le 26 dé- cembre 1870, pendant qu'il portait un fardeau, une tumeur douloureuse s'était formée brusquement à l'aine droite; elle a été prise pour une orchite et traitée comme telle par des ponctions multiples. Ces mouchetures don- nèrent issue à des matières fécales, et le malade fut soulagé.

» Quinze jours après, il entra dans un hôpital. On constate les fistules et la sortie des matières intestinales; de plus, à travers une fistule située au-dessous des autres, a lieu un renversement de la membrane muqueuse de l'intestin, long de 4 à 5 centimètres, appartenant au bout inférieur de l'anus anormal et par lequel s'échappent des matières glaireuses, mais pas de matière fécale. Par une large incision, on transforme les fistules multi- ples en une seule ouverture; puis, quelques jours après, sont faites deux cautérisations avec le caustique de Filhos, dans le but très-légitime de dé- truire ce qu'on appelle Véperon, angle saillant de la cloison moyenne des deux bouts de l'anus anormal, qui gène le cours des matières du bout supérieur vers le bout inférieur. Le malade, très-intelligent, assure qu'après la seconde cautérisation, il cessa de voir sortir, par la partie intérieure de la plaie, les matières glaireuses indiquées. Je me borne à rapporter, sans les garantir, les propos du malade. Le 10 mars, après un séjour d'environ six semaines, il sort de l'hôpital et retourne chez lui. Au mois d'avril, le mé- decin qui lui donnait des soins détruisit avec la pâte de Vienne la mu- queuse renversée, et, pour en venir à bout plus complètement, fit à la base de la petite tumeur formée par le renversement, quelques mouchetures avec la pointe d'une lancette et y introduisit plusieurs fragments de potasse caustique. La tumeur fut entièrement détruite. Ces détails, qu'on pourrait croire sans importance, rendent compte au contraire de la modification

( 92 )

profonde de l'anus anormal, qui a rendu indispensable l'opération nou- velle que je soumets à l'appréciation de l'Académie.

» Le malade entra dans mon service à l'Hôtel-Dieu, le i*'"" juillet 1871. Une plaie en forme d'entonnoir, tapissée d'une membrane muqueuse, exis- tait à l'aine droite au niveau de l'anneau du muscle grand oblique, et lais- sait passer toutes les matières intestinales. C'était un anus anormal : depuis qu'il était établi, il n'était sorti par l'anus normal, de loin en loin, et par l'usage des lavements, que des masses concrètes de mucosités grisâtres, ré- sidu des sécrétions intestinales, mais sans mélange des fluides qui les colo- rent habituellement.

» Tel devait être, en effet, la suite d'une perte de substance de l'intestin comprenant une anse intestinale entière; c'était le cas, ou du moins on devait le supposer, de l'application de l'entérotomie, dont Dupuytren est l'inventeur.

» Dans cette opération, on rapproche à l'aide d'un instrument à deux branches les deux bouts de l'intestin, l'iui supérieur, étendu de l'estomac à l'ouverture accidentelle, qui verse au dehors les matières intestinales et alimentaires plus ou moins complètement digérées, l'autre inférieur, qui, parti de cette ouverture, aboutit à l'anus normal, devrait y conduire les ré- sidus de la digestion, mais ne peut plus remplir les fonctions auxquelles il est destiné, par le fait même de l'interruption de continuité entre les deux bouts et de la direction oblique qu'ils ont contractée vers la paroi abdomi- nale, direction que rendent permanente, au moins temporairement, des adhérences du péritoine intestinal avec le péritoine de la paroi.

» Le résultat de l'entérotomie, suivant la méthode de Dupuytren, est d'adosser, en les rendant parallèles dans l'étendue de quelques pouces, les deux bouts de l'intestin, de les rendre adhérents dans toute cette étendue, de perforer la cloison moyenne ainsi constituée, et d'établir une commu- nication assez large pour permettre aux matières de passer du bout supé- rieur dans l'inférieur, malgré la direction vicieuse que ces deux bouts con- servent longtemps vers la paroi abdominale. Dès lors, les selles naturelles se rétablissent plus ou moins complètement.

» Mais ainsi qu'on le voit, pour que cette opération soit pratiquée, il est de toute nécessité que les deux bouts soient rencontrés, puisqu'une des branches de l'entérotome doit être placée dans le bout supérieur et l'autre branche dans le bout inférieur.

» Chez le malade soumis à mon observation, cette condition sine qun «o/( n'existait pas; j'ai fait entrevoir que des cautérisations iMoj)portunes

(93 ) avaient causé ce fâcheux résultat. Quoi qu'il en soit, le bout inférieur de l'anus anoi'tnal faisait défaut, son orifice était oblitéré, et sa situation même était impossible à déterminer.

» Plusieurs mois ont été passés à faire des recherches, qui sont restées infructueuses : dilatation de l'anus anormal, exploration de la cavité inter- médiaire aux deux bouts, introduction du doigt, de soudes diverses, de l'endoscope; injections, soit par l'anus anormal, soit par l'anus normal, dans l'espoir de faire pénétrer un liquide à travers l'orifice cherché; rien ne parvint à réussir, et nous restions en présence d'une affection incurable et contre laquelle aucun moyen palliatif ne nous permettait de rendre la vie du malade plus supportable. Il était plongé dans un découragement profond, et n'envisageait la fin de ses maux que par le suicide.

» On comprend combien j'étais préoccupé de sa déplorable situation.

» Il me vint alors à la pensée de suppléer à l'absence du bout inférieur de l'iléon, et de le remplacer par le gros intestin, dont la première portion, le cœcum, est située dans le voisinage d'un anus anormal, dont l'origine est à l'aine droite. Le gros intestin, dans tous les cas d'anus anormal de l'intestin grêle, fait lui-même partie du bout inférieur, puisqu'il aboutit à l'extérieur par l'orifice du rectum. Le bout inférieur se compose en effet alors de toute la partie de l'intestin grêle placée entre l'anus anormal et la valvule dite de Bauhin, et, à partir de cette valvule, de la totalité du gros intestin.

» Faire communiquer le bout supérieur de l'anus anormal avec le cœ- cum, c'était, il est vrai, renoncer à toute cette portion de l'intestin grêle située entre l'anus anormal et le gros intestin; mais cette suppression était déjà opérée de fait par la maladie, par la section du canal intestinal en deux parties, et comprenait le gros intestin lui-même; verser les matières intes- tinales dans le cœcum, en les détournant de l'anus anormal, c'était donc récupérer au profit de la nutrition, dans une certaine mesure, une étendue notable du bout inférieur, ainsi que le prouve l'usage en thérapeutique des lavements alimentaires; c'était aussi recréer le bout inférieiir.

» Nous avions, pour nous encourager, le bon état des forces du malade; son appétit était, en général, vif, mais une quantité suffisante d'aliments y j)Ourvo}ait, et, malgré les pertes du malade par l'anus anormal, il avait conservé des forces et de l'embonpoint.

» Je résolus de faire communiquer le bout supérieur de l'anus anormal avec le cœcum par une ouverture latérale, qui serait opérée à l'aide d'un

C. R., 1S7'., I" Semestre. (T. LXXIV, 2.) I 3

( 94 ) eiitérotome particulier approprié aux conditions de voisinage des deux intestins. La proposition faite au malade lui rendit l'espoir et trouva chez lui une entière soumission à tout ce que je jugerais nécessaire. J'avais be- soin de cette confiance et de cette résolution, car pour arriver au but, il fallait deux opérations au lieu d'une.

» Dans l'entérotomie ordinaire, il suffit, comme je l'ai dit, après une di- latation suffisante de l'orifice et du trajet de l'anus anormal, d'introduire une branche de l'entérotome dans les deux bouts de l'intestin et de les rapprocher pour les perforer; mais ici il me fallait d'abord établir un antre anus anormal sur le cœcum, pratiquer à cet intestin une ouverture, qui serait rendue persistante pendant quelque temps, afin d'y faire pénétrer le doigt d'abord, et, sur ce doigt, au moment convenable, une des branches de l'entérotome, l'autre devant être placée dans l'anus anormal.

» Or cette première opération, qui se compose de l'ouverture de la paroi abdonnnale dans l'étendue de quelques centimètres, de celle du péritoine, de l'apphcation de plusieurs points de suture entre la paroi et l'intestin, et enfin de l'incision de l'intestin lui-même, est d'une gravité incontestable. A elle seule, elle peut compromettre les jours du malade.

» Cet anus anormal cœcal obtenu, je ne pouvais établir une communi- cation entre le cœcum et le bout supérieur de l'anus anormal qu'en faisant usage d'un entérotome à branches courbes, dont les mords seulement agi- raient sur la double paroi du cœcum et de l'iléon pour la mortifier et la jjerforer, mais qui laisseraient intactes toutes les parties molles coniprises entre les deux anus anormaux tout en les embrassant sans les contondre.

» Dans l'entérotomie ordinaire, une seule ouverture existe pour l'in- troduction des branches. Les parties saisies une fois divisées, les branches de l'instrument devenues mobiles ressortent par l'orifice de l'aïuis anor- mal avec la double paroi intestinale transformée en escarrhe. Dans l'opé- ration que je projetais, les deux branches de l'entérotome, introduites isolément par des ouvertures différentes, devaient aussi être retu-ées iso- lément.

» L'entérotome fut aussitôt construit qu'imaginé. M. Mathieu, habile fabricant d'instruments de chirurgie, réalisa promptemenl le modèle que je lui avais donné.

» Le I G décembre 1871 la premièr(î opération fut piatiquée. Je passe sous silence les essais auxquels j'ai me livrer pour liétcnniiKM' le j.oint précis du cœciuu qu'il était préférable ti'ouvrir. J/inlcsIin, mis à nu, lut réuni à la paroi abdomidale par sept jjoinls <le siilur»', mais il ne lui incisé

( 95 ) que deux jours nprès, le iH décembre, à l'aide d'un bistouri droit; l'inci- sion fut d'environ deux centimètres : elle fut dilatée par un petit cône d'épongé préparée. Je tenais à ne lui donner que l'étendue strictement nécessaire.

» Du i8 au 29 décembre, il n'y eut ni douleurs abdominales, ni fièvre; à peine observa-t-on une légère augmentation delà température avec accé- lération du pouls. Le septième jour, la température et le pouls étaient revenus à l'état normal.

» Le 29 décembre, le doigt indicateur gauche est lacilement introduit dans le cœcnm, celui de la main droite dans l'anus anormal, et portés l'un vers l'autre ne sont plus séparés que par la double paroi du cœcum et de l'iléon. Le cœcum n'est pas trouvé rétréci.

» Le lendemain, les deux branches de l'entérotome sont successivement placées et réunies à l'aide de la vis de pression de l'instrument.

» Aucune douleur notable n'est la suite de l'application de l'entéro- tome. — Pas de nausées ni de vomissement.

» Le quatrième jour, quelques matières commencent à sortir par la plaie du cœcum. Le ventre reste souple et sans douleur; le malade, dont les évacuations alvines sont assurées par l'anus anormal, n'a pas cessé de prendre quelques aliments au gré de son appétit.

» Au bout de sept jours, samedi 6 janvier, les branches de l'entérotome sont retirées. Hier, dimanche 7, il passe notablement moins de matières intestinales par l'anus anormal. Ce matin, lundi 8, le malade n'évalue qu'au dixième la quantité de ces matières par l'anus anormal, le reste s'écoule au contraire abondamment par la plaie du cœcum.

» Le malade conçoit un grand espoir de guérison, et je partage cet espoir, tout en admettant que, pour l'obtenir complète, il reste encore des difficultés à surmonter; mais ces difficultés sont celles de l'entérotomie ordinaire.

» Comme on le voit, le caractère de l'opération dont j'offre les premiers résultats à l'Académie, c'est la création d'une voie nouvelle au cours des matières intestinales dans les cas d'oblitération du bout inférieur de l'anus anormal , quand cette oblitération aura lieu au-dessus de la valvule de Bauhin. C'est la reproduction de ce bout inférieur. Elle rend possible la guérison d'une maladie incurable par tout autre moyen. J'ai donné l'exemple de sou application sur le cœciun parce que l'anus anormal se trouvait à droite; mais il serait très-probablement aussi facile de la |)rati- quer sur l'S iliaque du colon, si l'anus anormal était à gauche, et peut-être

i3..

(96) avec plus d'avantages sous quelques rapports. J'ai